Philippe de Schoutheete
Philippe de Schoutheete
En promulgant l'acte d'émancipation des serfs en 1861, le tzar Alexandre II traduisait une volonté ferme de moderniser les structures sociales et politiques de l'Empire pour se rapprocher d'une « Europe européenne ». Mais c'était sans en mesurer pleinement les conséquences, étonnemment contradictoires. À court terme, la condition paysanne fut aggravée car l'émancipation ne portait pas sur la propriété des terres. Mais à long terme, à côté d'une minorité prospère, s'est constitué un prolétariat paysan, nourri par un essor démographique sans précédent. à la recherche de nouvelles terres, ce prolétariat n'eut d'autre choix que le chemin de l'exode rural. Ainsi, participa-t-il aux bases d'une Russie moderne, peuplant les contrées les plus reculées de la Sibérie et nourrissant à la sueur de son front les bassins industriels russes jusqu'à la Première Guerre mondiale. Au travers d'archives et d'écrits littéraires comme ceux de Tolstoï, ce livre nous invite à découvrir cette formidable révolution politique, économique et sociale. Docteur habilitée à diriger des recherches, Catherine de Montlibert-Dumoulin, est rattachée à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Centre d'études des modes d'industrialisation (EHESS/CEMI). Elle anime un séminaire qui est consacré aux Ruptures et Continuités dans la sphère étatique russe (1861 à 1998).
De 1988 à 1998, pendant une décennie, le débat européen s'est concentré sur la création et la mise en place de l'Union économique et monétaire, avec une monnaie unique : l'euro. Longtemps cette ambition ancienne parut hors de portée. La faiblesse du système monétaire précédent, le contexte international et la volonté politique ont néanmoins permis d'aboutir. Les décisions prises à cette époque exercent leur influence aujourd'hui dans notre vie quotidienne. Établir ce que disaient les acteurs, ce qu'ils pensaient peut-être, ce qu'ils espéraient, ce qu'ils ont dit depuis, mérite notre intérêt. Philippe de Schoutheete, diplomate belge, a été ambassadeur à Madrid, directeur général de la politique au ministère des Affaires étrangères puis représentant permanent auprès de l'Union européenne de 1987 à 1997. Il a participé à la rédaction du Rapport Tindemans, à la négociation de l'Acte unique et des Traités de Maastricht et d'Amsterdam. Il a été professeur à l'Université catholique de Louvain et au Collège d'Europe à Natolin. Il est membre de l'Académie royale de Belgique.