Paul Gerrard
Paul Gerrard
Diego, couché sur le côté, entrevit la silhouette du secrétaire qui glissait furtivement le long du bungalow. Il referma les yeux, dormit quelques secondes, puis reprit soudain conscience en entendant claquer une serrure au fond de sa prison. La porte du corridor s'ouvrit lentement. Une ombre apparut dans le jour bleuissant qui fusait de la fenêtre ouverte. Tout d'abord, croyant que l'homme revenait à la charge, il se tint coi. - Ola, Diego ! dit-on doucement près de lui. Que tal ! Il rouvrit les yeux. C'était Cisca, avec sa bouche d'un rouge ardent, ses yeux d'eau verte et les lourdes grappes de cheveux encadrant sa figure pâle. Diego, affolé, se redressa sur le lit : il avait vu mourir Cisca trois jours plus tôt, devant la terrasse du Monte-Rey, à San Sebastian.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Derrière le pseudonyme de Paul Gerrard se cache un maître du polar français, capable de capturer l’âme noire et ironique de la province.
Nancy, horrifiée, ferma les yeux, porta les deux mains à sa bouche pour étouffer un cri : - Vous êtes fou ! Mon père est incapable de commettre un meurtre... - En même temps, elle reculait insensiblement pour se rapprocher de la porte. Maroussian l'attrapa brutalement par un bras et la traîna dans le studio : - Vous ne bougerez pas d'ici avant demain. Pas si bête ! Si Northen s'en sort par hasard, vous servirez de valeur d'échange. Asseyez-vous sur ce canapé et tenez-vous tranquille. Nous veillerons le mort à tour de rôle. Elle s'assit en gardant son visage serré entre ses mains : - Ce n'est pas mon père qui l'a tué, dit-elle d'une voix étouffée.
James se redressa sur un coude, secoua la tête pour dissiper son étourdissement. Le coup l'avait frappé en plein occiput. La douleur lancinante, qui lui taraudait le crâne, s'estompa par degrés. Il y vit un peu plus clair, regarda au fond de la chambre. Le voleur à la toque avait disparu, mais un autre homme occupait sa place devant le lit et faisait les mêmes gestes. Après avoir inspecté l'intérieur du sac à main, il y replaça un à un les menus objets éparpillés sur la couverture. Ceci fait, il se tourna vers la porte du salon. James découvrit alors le visage tuméfié qu'il avait entrevu dans le miroir d'une salle de bains, au 12e étage du Continental. - On n'y a pas été non plus de main morte sur celui-là, dit-il avec un rire saccadé... Que faites-vous ici tous les deux ? - La même chose que vous, répondit Gordon. Nous cherchons Ilse. - Elle est morte ! gémit James en retombant à plat dos sur le tapis.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.