Pascale Reboul
Pascale Reboul
Voici un premier recueil, dont le ton est déjà très affirmé. L'auteur, malgré sa jeunesse (23 ans), ne subit l'influence littéraire de personne. La forme qu'il emploie est originale, en vers qui semblent suivre le souffle de l'auteur, et osciller au bord d'un poème en prose non extériorisé, mais cédant au lyrisme ses éléments les plus forts. Car il y a beaucoup de force dans ce recueil, où passent des anges plus proches d'Hlderlin que de Rilke. Pascale Reboul lutte avec le désir d'absolu, appelle et réprime d'un même mouvement son tempérament visionnaire, dans son écriture miroir noir : miroir dressé en face de toi comme un canon.
Après la décantation d'un premier recueil, Pascale Reboul prend conscience de la complexité dynamique du monde qu'elle porte en elle, et qui interagit - parfois non sans violence - avec le monde englobant. Le mouvement intérieur y est toujours en relation avec une extériorité qui le contraint, tout en lui concédant la place nécessaire à une expression riche de sens. Le poète de « Terres d'exil » ne se replie pas sur lui-même et, s'il « fouille les entrailles d'Osiris », il souhaite saisir « toutes ces choses à dire » et les offrir au vent, au feu, aux bêtes... ce qui est une façon bien personnelle de s'accorder à l'universel. Pascale Reboul sait dominer ses émotions et trouver des accents d'une maturité très contemporaine.