Michel Louyot
Michel Louyot
Entre Gdansk et Poznan, sur les traces d’un journal intime de 1910, Le voyage en Prusse tisse trois destins franco-allemands à travers un siècle de guerres et de réconciliations.
1967, Michel Louyot quitte la France pour vingt-deux ans derrière le rideau de fer, puis dix ans au Japon.
Un écrivain français et une enseignante ukrainienne, séparés par la guerre, échangent des lettres où se mêlent poésie, mémoire et résistance.
1986, Prague. Quand François Nourissier, premier écrivain français en mission officielle après le Printemps écrasé, rencontre un jeune conseiller culturel.
Un café au soleil. C'est la proposition qu'adresse une jeune femme au narrateur qu'elle vient de croiser par hasard à la gare. Une invitation qui aurait pu sembler anodine si elle n'avait été formulée juste avant le début de l'épidémie. Au lieu de décourager l'homme, l'obligation de confinement l'incite à rechercher la jeune personne. Mais comment la retrouver alors qu'il ignore son nom ? Et même s'il parvient à la revoir, que lui dire étant donné qu'il ne sait rien d'elle ? Un défi que tente de relever ce récit éclaté, sorte de rencontre fantasmée où le narrateur s'emploie d'une part à recoller les morceaux épars de sa vie, d'autre part à imaginer l'histoire de l'inconnue au teint d'ivoire. Un récit qui ne tient qu'à un fil sur lequel avance le funambule sans savoir s'il atteindra son but. Soixante-trois petits chapitres rédigés durant les soixante-trois jours de la réclusion consentie. Un effort quasiment désespéré d'ordonner sinon de réordonner le monde sur fond de crise. Où s'envole-t-il le papillon jaune ? Qu'est devenu le tigre aux ailes d'or ? Et prendra-t-il corps un jour le rêve d'un café au soleil ?
Nommé conseiller culturel par le ministère des Affaires étrangères, Michel Louyot, jeune professeur de français, choisit de partir à l'Est pour représenter la culture française auprès des pays qu'il va découvrir de 1967 à 1989 : la Roumanie, la Hongrie, l'URSS, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie. Admiratif de ces peuples qui vivent malgré tout dans cette Europe rouge, il se bat pour maintenir un échange entre l'Est et l'Ouest, obligé de composer avec des hommes de pouvoir pour mener à bien ses missions dans le domaine de la littérature, du chant, de la peinture et de la danse. Loin de cautionner le régime en place, l'auteur pratique la politique des petits pas, des petits trous dans le mur qui entraînent parfois un bouleversement. Maintenir « un contact étroit avec son partenaire adversaire pour percer ses intentions et l'influencer, être présent pour répondre à l'attente des peuples de l'Est, multiplier les missions pour entretenir l'espérance », Michel Louyot nous présente le récit exaltant de ses aventures dans l'Autre Europe.
La Roumanie des années soixante-dix, Michel Louyot l'a rencontrée. Une Roumanie sous l'emprise communiste, peu accessible, un pays entre parenthèses. L'auteur a peint les tableaux de ses villages, a pris le pouls de ses villes. La Mer Noire se dessine tandis que s'affirme le Danube, fier. Bucarest, ce concentré de mémoires, ses architectures qui s'entremêlent : les traces de l'Histoire se voient, assumées. La Roumanie racontée sur près de deux millénaires, du roi des Daces à Ceausescu, la Roumanie des légendes et des contes... Une Roumanie s'ouvre à nous, haute en couleurs.
Bucovine, ce nom magique, le narrateur l'a entendu pour la première fois, inlassablement psalmodié, dans la bouche de Léon, le pilier du café de sa grand-mère, dans le village de Lorraine où il a passé son enfance. Il ne savait pas alors qu'il découvrirait ce petit pays à la fin des années soixante. Un pays qu'il visite à nouveau quarante ans plus tard. Ce récit, qui oscille entre lyrisme et réalisme et où alternent divers modes narratifs a été distingué en Allemagne par le prix de littérature « Grenzen Fliessen ».
Dur, dur, d'être un petit garçon... Entre la maîtresse, le psychologue de l'école, les parents trop curieux, les copains chahuteurs, une cousine odieuse et une petite copine capricieuse, Cédric a fort à faire pour préserver sa tranquillité. Heureusement, Pépé est toujours là, pour les mauvais coups comme les coups de blues. La nouvelle star des enfants est déjà un classique de la BD familiale et séduit avec la même complicité toutes les générations.
Une quête entre Orient et Occident " À elle seule, elle est la revenante, l'initiatrice, le rêve, le cauchemar, la trame de l'histoire, l'Eurasie, Éros et Agapé réconciliés. " Yoshi san est en révolte contre son père, un haut dignitaire japonais. Alors qu'il sombre dans la marginalité, il se perd dans les quartiers de plaisir d'une grande ville du sud-ouest du Japon où il rencontre une hôtesse de bar, Olya. D'origine russe, cette jeune femme à la fois sensuelle et énigmatique va bouleverser sa vie et l'entraîner dans une quête haletante des origines entre la Corée, la Chine, la Russie et la France. Un roman initiatique, une méditation politique sur les rapports passionnels entre l'Orient et l'Occident.
Jean Callot, conservateur des Musées de Lorraine, a connu, comme son illustre ancêtre, les misères de la guerre, la ruine, la faillite... C'est au Musée de l'Ecole de Nancy que se produira la rencontre entre le conservateur lorrain et une étudiante japonaise qui révélera les affinités entre La Tour, le Peintre des nuits, et Tanizaki, l'Ecrivain de l'Eloge de l'ombre, les parentés surprenantes entre deux cultures. L'échappée vers la Côte d'Armor, le retour au Pays des Etangs, l'invitation à prendre le thé constituent les temps forts de cette rencontre entre Callot et Aoshima, qui sont trop proches pour pouvoir s'aimer. Leur effacement permet le rapprochement du Peintre et de l'Ecrivain qui se retirent à leur tour pour laisser place au seul jeu de l'ombre et de la lumière.
A partir d'août 1942, cent trente mille jeunes Alsaciens et Lorrains ont été incorporés de force dans la Wehrmacht. Vingt mille d'entre eux mourront sur le front russe. Plusieurs milliers d'autres seront faits prisonniers. Des centaines seront portés disparus. Quelques-uns ont connu d'étranges destins. C'est le cas de Nicolas Froidmont. Blessé, il est abandonné par ses camarades qui se retirent devant les troupes soviétiques, en novembre 1943, en Ukraine. Une grand-mère, en quête de bois mort, l'entend gémir. Prise de pitié pour ce gars de l'âge de son fils qui ne reviendra pas de la guerre, la vieille le cache dans sa grange, brûle son uniforme, le rhabille, le soigne, lui apprend le russe, le fait enregistrer au Conseil du Village où l'on doit refaire tous les papiers détruits par les nazis. A vingt ans, à la fin de la guerre, Nicolas Froidmont, né français à Metz en 1925, devenu allemand en 1940, se retrouve citoyen soviétique. Pour les siens en Lorraine, Nicolas Froidmont est mort à vingt ans là-bas en Russie. En fait, une nouvelle vie commence pour Nikita Mikhaïlovitch Morozov.