Michel Lacroix
Michel Lacroix
Méfiez-vous des faux prophètes ! Ils sont parmi nous, annonçant le New Age, ou Ere du Verseau, étonnant mélange de religiosité, d'ésotérisme, de philosophie orientale, de pseudo-science, d'écologie, de diététique, de psychologie, de thérapie. A l'heure où les églises sont désertées et où nos sociétés s'enlisent dans le matérialisme, les prophètes du New Age séduisent nos contemporains, car ils osent leur parler de spiritualité. En réalité, ce New Age au visage aimable est habité par un démon totalitaire, dont les sectes sont un signe avant-coureur. Sous couvert de spiritualité et de « développement personnel », le New Age prépare l'engloutissement de l'individu et du citoyen dans un nombrilisme stérile et dans les sables mouvants du fusionnel. Ce faisant, il s'attaque aux racines mêmes de la civilisation gréco-romaine et judéo-chrétienne. Car ces faux prophètes sont les ennemis déclarés de l'Occident. En plein coeur de l'Europe, ils donnent un rendez-vous planétaire à toutes les civilisations extra-européennes pour traîner le Vieux Continent au banc des accusés. Face à ce péril, ce livre se veut un appel à la lucidité et à la résistance. Contre le raz de marée du New Age, protégeons l'idéal européen de l'homme libre, rationnel et fraternel. Sauvons notre identité.
Études françaises a cinquante ans. À travers les cinquante volumes de la revue publiés entre février 1965 et décembre 2014 se lit la position singulière qu'elle a affirmée à l'égard de la critique littéraire, de la théorie et de l'histoire de la littérature, se distinguant dans le monde des revues savantes et de l'enseignement supérieur tout en contribuant à la construction d'un corpus « national » et à l'invention de la littérature québécoise comme objet et comme discipline. Ce dernier numéro du volume jubilaire porte à la fois sur l'histoire de la revue, prisme intéressant pour observer l'évolution intellectuelle et culturelle au Québec, notamment dans les circonstances particulières de l'affirmation d'une littérature québécoise, et sur son avenir qui suppose aujourd'hui de penser le rôle et la place d'une revue d'études littéraires consacrées aux cultures d'expression française dans le contexte de l'édition numérique. Au moment de célébrer son demi-siècle, la revue Études françaises doit trouver comment continuer à jouer ce rôle d'incubateur de littérature dans un environnement en mutation et aux frontières instables : « faire la littérature » sur le Web, tout en respectant sa mission savante. Dans ce numéro qui vient clore notre cinquantième volume, il est question du passé, de l'actualité et de l'avenir de la revue. Ainsi, avec ce regard porté des deux côtés du seuil, ce volume est parfaitement jubilaire : l'occasion de cet anniversaire était trop belle pour ne pas prendre résolument le parti du passage, celui du témoin entre deux directeurs, et celui du temps : révolu, transitoire et ouvert.
Notre siècle est marqué par les guerres et les totalitarismes. Les médias font de nous les témoins permanents de l'horreur. Les théories, proposées jadis par la théologie et la philosophie, ne parviennent plus à endiguer le pessimisme qui nous gagne. Pourquoi un tel sentiment d'impuissance ? Le mal aurait-il changé de nature ? Selon Michel Lacroix, philosophe, on assiste aujourd'hui à la naissance d'une mystique du mal. La solution pourrait-elle être la compassion et la solidarité entre les hommes ?
Ce livre est une profession de foi philosophique. Michel Lacroix, inlassable défenseur de la " réalisation de soi ", nous fait partager les valeurs qui ont orienté sa vie : la confiance dans la raison, l'exigence de liberté, la passion de l'éducation, le souci de l'esprit. À l'opposé de ceux qui s'acharnent à dénigrer notre héritage occidental, il proclame son attachement à la civilisation qui a forgé l'idéal, universellement valable, de la personne éclairée et autonome, c'est-à-dire libre de ses jugements et de ses actes. Aujourd'hui, cet idéal d'émancipation est menacé par des obscurantismes, des aliénations, des fanatismes nouveaux. La notion même d'universalisme est remise en question. En nous exposant sa " philosophie de l'homme ", Michel Lacroix ne nous offre pas seulement un témoignage sur ses convictions personnelles, il nous donne aussi des repères pour affronter le périlleux XXIe siècle.
C'est au XVIIIe siècle qu'est né le projet de la réalisation de soi, dont le mouvement du développement personnel est aujourd'hui l'héritier. Ce projet était novateur car il reposait sur l'idée de liberté. On ne se construit, en effet, que dans la liberté. Ce n'est pas à la société et encore moins à des communautés ethno-culturelles de nous dire en quoi consiste la " vie bonne ".Chacun de nous est appelé à fixer en toute indépendance la part qu'il donne à sa vie professionnelle et à sa vie privée, à l'action et à la contemplation, à l'avoir et à l'être, à la religion et aux réalités profanes. Et, quoiqu'en disent certains, il est moins important d'adopter les croyances et les traditions de son " groupe d'appartenance " que de pouvoir exercer, en toutes circonstances, son droit au libre examen.Michel Lacroix nous propose de revenir à la source : la réalisation de soi n'a de sens que si elle est une émancipation.Un livre personnel et engagé qui rend à la philosophie son rôle le plus essentiel : nous aider à vivre mieux.
Petite philosophie du sentiment national.Être français, c'est accepter de dire : "Ma particularité bretonne, vendéenne, lorraine, corse, africaine, maghrébine, asiatique, turque, roumaine, a, malgré tout l'attachement que je lui porte, moins d'importance que ma particularité nationale. Ma fierté, mon sentiment d'appartenance, mon sentiment identitaire, je les ferai dépendre non seulement de ma communauté provinciale, ethnoculturelle, religieuse, mais aussi, et surtout, de ma patrie.' À l'heure où la France multiculturelle subit les pressions des communautés ethnoculturelles et religieuses qui s'isolent et se dressent les unes contre les autres, il est urgent de repenser et mettre en oeuvre ce qui fait la cohésion nationale sans dénier pour autant le droit de chacun à rester fidèle à ses racines. Pour le philosophe Michel Lacroix, l'antidote au communautarisme est le patriotisme ; dans ce qu'il a de particulier et d'universel, car la seule défense d'une patrie charnelle, position adoptée par les nationalistes qui nient la dimension universelle, peut aboutir elle aussi à l'éclatement de la nation. Se replier sur nous-mêmes serait trahir notre tradition française. La particularité de notre patrie doit être préservée non comme une fin en soi mais comme un terreau dont se nourrit l'universalisme. Faire son devoir de patriote aujourd'hui, ce n'est plus surveiller la frontière et repousser on ne sait quel ennemi, c'est assurer la transmission culturelle, autrement dit ne pas oublier son histoire, ni négliger sa langue et la faire partager aux autres, notamment aux plus jeunes. Chaque génération est héritière de celles qui l'ont précédées. Et c'est bien la vie de la nation qui est en jeu dans cette incessante transmission, au-delà des doutes qui la traversent en ce moment. Le sentiment patriotique peut alors devenir une des conditions de la réussite de l'intégration. Mieux, la France doit continuer de faire entendre ses principes universels au niveau de la gouvernance mondiale en renouvelant le contenu de son message : elle doit s'affirmer comme une force de proposition, un " lanceur d'idées " dans les domaines suivants : la régulation de la finance mondiale ; l'écologie et le développement durable ; la lutte contre la faim ; l'aide aux pays pauvres ; la gestion des ressources rares (matières minérales, énergies fossiles, eau) ; la limitation des armements ; la lutte contre le terrorisme ; le dialogue entre les civilisations. Une voix qui, certes, ne sera pas celle de la nation la plus puissante, mais qui, venant d'un peuple qui jouit encore d'un certain crédit intellectuel et moral, a plus de chances d'être écoutée.
" De mon voyage au pays des mots et des phrases, je compte extraire une morale. Une morale qui dira comment il faut parler. Une morale du langage. Une éthique de la parole. " Paroles de bienvenue, d'encouragement, de tendresse, de confiance, de pardon ou paroles de reproche, de dénigrement, de rejet..., les mots comptent autant que les actes en ce qu'ils peuvent être libérateurs ou aliénants. D'où la nécessité de s'interroger sur une éthique de la parole. Car pour Michel Lacroix, en terme de morale, l'axe " que dois-je faire ? " n'est pas suffisant, il faut aussi s'interroger sur le bon usage de la parole. Traditionnellement la morale du langage s'organisait autour de la véracité ou du mensonge. L'auteur, lui, choisit d'élaborer une " éthique de la parole " en fonction du bien-être ressenti par l'individu. S'appuyant sur les courants qui ont mis en lumière l'impact psychologique de la communication comme l'école de Palo Alto, la philosophie de la politesse et la pragmatique linguistique, le philosophe propose une charte de la bonne communication construite autour d'une parole polie, attentionnée, partagée, positive, respectueuse des absents, tolérante, responsable et messagère de vérité subjective et objective. Cette éthique de la parole valorisée et mise en place dès le plus jeune âge est, pour le philosophe, nécessaire pour freiner les dérives déshumanisantes du travail, pour endiguer la dégradation des relations sociales et pallier les carences graves qui subsistent dans la sphère familiale et éducative. Sans chercher à donner de " recettes miracles ", il propose un art martial du langage qui permet de se comporter de façon éthique et efficace face à un interlocuteur dont le comportement verbal serait justement non éthique.
Quand on pense développement personnel, on pense souvent aux inspirations apportées par le bouddhisme, le yoga ou le taoïsme. Mais on oublie toutes les réflexions et les expériences proposées par la philosophie et la littérature occidentales. Goethe, Stendhal, Hegel, Kierkegaard, Sartre, Emmanuel Mounier n'ont cessé de s'interroger sur le développement de l'individu et les moyens de s'épanouir. Conçu comme un guide philosophique, ce nouveau livre de Michel Lacroix permet à tous de se saisir de ces richesses culturelles pour avancer sur le chemin de la réalisation de soi, un chemin qui peut bifurquer vers l'action aussi bien que la contemplation, et qui, parfois, peut conduire dans certaines impasses comme l'hyperactivité ou le fantasme de grandeur... Pas de techniques simplistes ici, mais un éclairage novateur sur le potentiel humain, la confiance en soi ou la pensée positive tels que les ont imaginés nos plus grands penseurs.
Faut-il avoir un idéal pour être heureux ? Pour répondre à cette question, n'hésitons pas à affronter nos ambivalences. D'un côté, nous envions ceux qui vivent pour leur idéal et n'ont crainte de proclamer qu'ils ont trouvé un sens à l'existence ; de l'autre, nous sommes assez soulagés de voir que notre propre vie n'est pas envahie par cet encombrant compagnon. Et pour cause : la notion d'idéal suppose un engagement total qui a de quoi intimider. Et nous ne pouvons oublier non plus qu'en son nom ont prospéré les pires totalitarismes du XXe siècle... Pourtant, l'idéal est décisif pour la vie psychique. Il vient du plus profond de notre nature, il nous pousse à nous dépasser et, plus encore que l'émotion ou la capacité de communiquer, il signe notre humanité. D'où vient alors qu'il puisse être si destructeur ? Est-ce un bon ange ou un démon ?C'est à visiter cette notion controversée sur les plans psychologique et philosophique que s'attache ce livre, mais aussi à proposer pour aujourd'hui une autre manière d'être idéaliste, moins toxique, plus sage que par le passé. À l'issue de cette exploration, il se pourrait bien que nous soyons mieux à même de réconcilier en nous ces deux frères ennemis que sont l'aspiration à l'idéal et la nécessaire implication dans la réalité. Michel Lacroix, agrégé de philosophie, est maître de conférences des universités. Collaborateur régulier de Psychologies magazine, il est l'auteur, chez Flammarion, du Culte de l'émotion et du Courage réinventé.