Max Jacob
Max Jacob
""Tout ce qui existe est situé." Phrase liminaire de la préface très classique qu'en 1916 Max Jacob écrivait pour le Cornet à dés, livre au titre ambigu évoquant, sous la forme bien délimitée d'un objet de nature morte, le hasard sans limites, ce hasard dont le nom provient d'un terme arabe désignant un jeu de dés, de sorte que l'axiome mallarméen - auquel il n'est pas exclu que Max Jacob ait songé - pourrait se lire : Un coup de dés jamais n'abolira le jeu de dés. Cornet, qui n'est pas sans ressembler au gobelet de l'escamoteur. Dés, qui pourraient figurer dans un tableau cubiste de la grande époque et font traditionnellement partie des accessoires de la Passion, puisque c'est aux dés que les soldats romains jouèrent entre eux la tunique du Christ. [...]" Michel Leiris.
"Au temps du Laboratoire central, un demi-siècle après Rimbaud, la poésie conquérait encore ses droits à une forme de pensée indépendante de la prose. Ces droits ne sont plus contestés. Au lieu d'utiliser des signes qui s'effacent devant les choses dont ils sont les signes, le poète, nous le savons, réinvente le langage naturel où les mots ressemblent aux choses parce qu'ils en conservent (dit-on) l'empreinte sur notre sensibilité. Ils prennent corps. Ce sont eux maintenant qui effacent les choses. Que reste-t-il ? Des expressions. Or, dans un monde où tout exprime, il faut bien que tout s'entr'exprime et que l'obscur, l'inexplicable même, soit accepté, intentionnel, irréductible au choc brut contre une matière étrangère. Rien, dans ce monde, n'arrive par pur accident, ce serait insensé puisque le propre du hasard est d'isoler, d'aliéner et d'intervenir du dehors pour rompre la libre nécessité d'une formation autonome. Ce n'est point par hasard que des mots se ressemblent. Ce n'est point par hasard que l'acrostiche de Iessous Christos Theou Yios Sôter compose le mot poisson (Ichtys) : l'eau sera donc Esprit. Mais, aussi bien, puisque pneuma signifie souffle, le Saint-Esprit sera colombe. Ainsi la parole du poète demeure-t-elle préhensive, compréhensive, toujours sentie, toujours sensible, toujours moins conçue que vécue, bref : symbolique. Son essence est la mimésis. Elle parle par ressemblance : la répétition du rythme, l'écho de la rime, les rappels de l'assonance, les doublets du calembour, les reflets du pastiche, etc. Son jeu verbal est masque, enchantement, défense, agressivité, séduction, pudeur, triomphe. On retiendra surtout l'effet de ce langage naturel. Comme il a pour principe la ressemblance et non la contiguïté, il rompt avec les habitudes de la parlerie quotidienne et il nous prend à l'imprévu de l'invention. L'invention se fait devant nous, en nous, un dieu nous gagne : enthousiasme. Le poète, qui souhaite une poésie accessible à tous, nous offre de participer à ses propres surprises." Yvon Belaval.
"La poésie de Morven, c'est d'abord une poésie incarnée. Monologues, dialogues, chansons qui conservent toutes les inflexions de la voix humaine, le débit, la coupe de phrases, la tournure d'esprit vive et imagée des Bretons de Cornouaille, ces effusions brèves et ces violences brisées, ces sautes de passion et ces interpellations railleuses, tendres ou indignées : quelle intensité de vie et quelle bonhomie! On se croirait à l'aurore du XVIe siècle. Nous sommes en pleine pâte humaine, dans un réseau de cris, de cadences, de rythmes et d'images, qui enserre autant de petits drames d'un raccourci frémissant. Ce mariage du lyrisme et de la bonhomie s'est consommé très rarement dans les lettres françaises. Villon, La Fontaine, Verlaine, Apollinaire, font un bien petit troupeau. Quoique leur pair, Max Jacob, juif et breton, ne pouvait ressembler à aucun d'eux, mais rien ne les rapproche peut-être davantage que ce fond d'humeur très mystérieux dont Max eut pleine conscience : "La gaîté, surtout la triste, est le feu divin."" Julien Lanoë.
"La poésie de Morven, c'est d'abord une poésie incarnée. Monologues, dialogues, chansons qui conservent toutes les inflexions de la voix humaine, le débit, la coupe de phrases, la tournure d'esprit vive et imagée des Bretons de Cornouaille, ces effusions brèves et ces violences brisées, ces sautes de passion et ces interpellations railleuses, tendres ou indignées : quelle intensité de vie et quelle bonhomie! On se croirait à l'aurore du XVIe siècle. Nous sommes en pleine pâte humaine, dans un réseau de cris, de cadences, de rythmes et d'images, qui enserre autant de petits drames d'un raccourci frémissant. Ce mariage du lyrisme et de la bonhomie s'est consommé très rarement dans les lettres françaises. Villon, La Fontaine, Verlaine, Apollinaire, font un bien petit troupeau. Quoique leur pair, Max Jacob, juif et breton, ne pouvait ressembler à aucun d'eux, mais rien ne les rapproche peut-être davantage que ce fond d'humeur très mystérieux dont Max eut pleine conscience : "La gaîté, surtout la triste, est le feu divin."" Julien Lanoë.
"Max Jacob, ou la grâce. Si la poésie dit quelque chose à l'homme - quelque chose que ne lui disent pas le roman, ni la philosophie - ce doit être ceci : que tout soit nouveau. C'est à cela, il me semble, qu'on reconnaît le poète, à cet appétit démesuré de nouveau, jusqu'à l'ivresse, jusqu'à la folie parfois. Alors ce n'est pas affaire de quelques adjectifs, ni recherche de quelque impression particulière sur l'esprit du lecteur, mais désir de changer le monde, et pour cela de changer le langage, de se changer tout entier, comme de se retourner. Au plus profond il y a ce désir, comme un qui perdrait son enveloppe humaine et revêtirait la parure de l'ange, ou comme un qui se perdrait dans le gouffre de sa propre géhenne. Le chamane, au moment de l'extase, entend venir vers lui les esprits, dans un bruit de galop, dans une rumeur inconnue qui l'angoisse et le ravit. Puis, le moment venu, il se sépare de lui-même, il prend son vol au-dessus du monde. [...] Il y a ce souffle dans la poésie de Max Jacob, comme un vent venu de l'autre côté du monde, apportant la substance de l'éternité. C'est ici, dans ces "derniers poèmes", que l'on sent le mieux la vérité de cette révélation. Car, tandis qu'il écrit sur l'enfer, sur l'infini de l'espace, "les dièses et les bémols du silence kilométrique de l'azur", lui, "Max le fou", qui découvre qu'il est le "clown" : "Jadis personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud! tu n'as pas l'étoile jaune!" Alors se préparent les événements terribles qui le conduiront à la misère du camp de Drancy, et à la mort." J.M.G. Le Clézio, 29 juin 1981.
Dans ce recueil de lettres plus ou moins imaginaires suivies de commentaires, Max Jacob trace un portrait satirique de la société en général, de la vie de province, de sa bourgeoisie parfois sordide. Mais la dernière lettre est la bulle d'un pape du IXe siècle, ce qui lui permet de parler de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où la gestapo vint l'arrêter.
"Portraire la Bourgeoisie ! justes Dieux ! de quel travail on m'a chargé là ! Je vous assure que je suis bien embarrassé. Certes si je n'étais pas né dans la Bourgeoisie et si je ne la connaissais pas du tout, je ne serais pas gêné pour la décrire, mais par malheur je la connais et tout juste autant qu'il faut pour m'apercevoir que je ne la connais pas. En vérité, me voilà bien en peine. Que diable ! on invente ! on invente des anecdotes pour amuser les lecteurs, et le plaisir qu'ils y prennent empêche qu'ils remarquent les mensonges... Sans doute... mais... on regarde un écrivain comme responsable de ses erreurs quand il écrit sur l'Histoire."
"Vous avez l'époque néolithique, l'époque jurassienne, l'époque... l'époque... non ! merci pas de vin !... primaire, tertiaire, j'ai oublié tout ça, mais pour en revenir au fait, c'est un brave homme qui a deux ou trois millions de rente. Il mange tous les jours place de la Madeleine, avec Loucheur, avec Citroën, avec Barthou et tous les autres. C'est vous dire, n'est-ce pas, que j'aurais pu voler dans les hauteurs ultra au lieu de ce stage comme contrôleur aux Folies-Bergère. A quoi cela me servirait-il ? Gagnez donc un peu moins et soyez libre. Ah ! cette liberté ! cette liberté ! Et puis, en somme, ça n'a pas d'importance ! je suis à même de... non merci ! pas de beefsteak !... de continuer ma petite vie paisible avec ce que j'ai hérité de mon pauvre père. Mais je vous ai froissé... si... si... est-ce que je ne vous choque pas ? il ne faudrait pas que... Je vous disais donc... Tant de luttes ! tant de soucis ! Quand je considère ma vie, je suis si attristé par tant de petites choses ridicules qui me tyrannisent... Je vous parlais... ah ! oui ! de ce restaurant chic place de la Madeleine... Houm ! évidemment à cet hôtel ce qu'on mange est assez dégoûtant. Vous avez remarqué ? Du veau, toujours du veau sauce piquante, sans préjudice des haricots rouges ! Moi, n'est-ce pas, je n'y vois pas d'inconvénient ! Je ne suis pas un gourmet comme M. Guérin, mon ex-collègue des Contributions : et puis ! les braves gens ! ils font ce qu'ils peuvent, hein ? mais c'est le service qui est la gabegie, la gabegie administrative et çà, moi... le service, oh !!! quelle bonne nous avions avant que vous soyez arrivé ! Oh ! la brave personne et travailleuse ! une blonde forte fille... vous savez, comme dit Horace, incessu patuit. Je l'admirais énormément... tout à fait la « servante au grand coeur » de Baudelaire. »
Beaucoup de poèmes présentés ici ont paru dans diverses revues au cours des années 1934-1935 et 1937-1938 ; certains d'entre eux avaient déjà été rassemblés par Max Jacob sous le titre L'Homme de cristal. On les a complétés par des variantes et des inédits, notamment celui qui est intitulé 'À la mémoire de Guillaume Apollinaire' : il date de 1918 et avait paru dans la revue Sic, dirigée par Pierre Albert-Birot. Ce recueil, le dernier préparé par Max Jacob avant sa fin tragique, paraît en receler la prémonition. Sous un humour fondu dans un lyrisme qui semble échevelé, coule une poésie tout en profondeur avec des tonalités altérées par une inquiétude certaine. C' est à travers de fragiles paroles qu' il nous faut découvrir le coeur nostalgique de cette poésie et aussi son sourire grave. On trouve dans L'Homme de cristal l'accent le plus émouvant de la poésie de Max Jacob, faite d''ironie, de rêve et de tendresse.
Nous sommes au centre du terrain Bouchaballe, au Théâtre municipal de Quimper. Bouchaballe est le nom du généreux donateur du terrain. Ce legs, à la fin du siècle dernier, enflamma durement les passions dans la ville de Quimper. Fallait-il bâtir, dans ce verger, un théâtre ou un asile de vieillards ? Allait-on en extraire de la houille ? Les bords de l'Odet retentirent longtemps d'éclats querelleurs ou de susurrements sournois qu'emportait la marée. Là-dessus vint Max Jacob qui se fit l'historiographe narquois de cette querelle des conservateurs et des progressistes locaux. Il en résulte un des meilleurs romans dans le genre réaliste.
Sous le titre général de Ballades, dernier ouvrage que devait publier Max Jacob de son vivant, aux Éditions René Debresse en 1939, ce volume réunit six recueils de poèmes tirés à peu d'exemplaires et devenus introuvables. Ici se retrouvent les contradictions de l'homme et l'extrême diversité de l'oeuvre. La poésie représente pour Max Jacob la grâce de Dieu - sinon le salut -, une résurrection provisoire.
"J'ouvrirai une école de vie intérieure, et j'écrirai sur la porte : école d'art. La vie intérieure est le discernement des esprits extérieurs, les discussions de la Raison avec ceux-ci. Les anges sont inégalement qualifiables, or que dire des démons ? Mais la voix de Dieu n'est pas celle de la Poésie. Les génies ne sont pas Dieu bien qu'ils aient été créés par Lui. Apprenez donc à discerner ces voix inspiratrices et faites qu'en vous Dieu les domine. D'abord exercez-vous à Dieu, car c'est le meilleur fond de tableau, l'unique fond de tableau. Trouvez Dieu d'abord."
Max Jacob est une figure centrale de l'univers intellectuel et culturel du XXe siècle : à la fois poète, peintre, essayiste, romancier, il fréquente Montmartre et Montparnasse, Man Ray, Picasso, Apollinaire, Braque, et participe pleinement à la vie mondaine et artistique d'un Paris mythique. Il meurt à Drancy en 1944, laissant derrière lui de la poésie, des dessins, peintures, lettres, méditations... En 1945 et 1946 sont publiés à la Table Ronde, sous l'impulsion de Jean Cocteau et de Pierre Colle, ami et légataire de Max Jacob, deux ouvrages posthumes, marqués par l'important mysticisme de l'écrivain à la fin de sa vie : Les Méditations religieuses, et L'Homme de cristal, accompagnés l'un comme l'autre d'illustrations de l'auteur. Ces deux textes sont ici augmentés d'une conférence inédite de Max Jacob, La Vérité du poète, et présentés par Antonio Rodriguez, spécialiste de Max Jacob, qui complète l'ensemble d'une préface et de documents critiques. Inspirée des premières parutions de ces oeuvres, elles-mêmes enrichies de divers supports et d'une réflexion sur l'univers créatif de l'auteur, cette réédition dépasse l'intérêt historique de l'anniversaire de la mort de l'auteur, pour ouvrir une nouvelle perspective sur les différents courants qui animent la production de Max Jacob.
Max Jacob est une figure centrale de l'univers intellectuel et culturel du XXe siècle : à la fois poète, peintre, essayiste, romancier, il fréquente Montmartre et Montparnasse, Man Ray, Picasso, Apollinaire, Braque, et participe pleinement à la vie mondaine et artistique d'un Paris mythique. Il meurt à Drancy en 1944, laissant derrière lui de la poésie, des dessins, peintures, lettres, méditations... En 1945 et 1946 sont publiés à la Table Ronde, sous l'impulsion de Jean Cocteau et de Pierre Colle, ami et légataire de Max Jacob, deux ouvrages posthumes, marqués par l'important mysticisme de l'écrivain à la fin de sa vie : Les Méditations religieuses, et L'Homme de cristal, accompagnés l'un comme l'autre d'illustrations de l'auteur. Ces deux textes sont ici augmentés d'une conférence inédite de Max Jacob, La Vérité du poète, et présentés par Antonio Rodriguez, spécialiste de Max Jacob, qui complète l'ensemble d'une préface et de documents critiques. Inspirée des premières parutions de ces oeuvres, elles-mêmes enrichies de divers supports et d'une réflexion sur l'univers créatif de l'auteur, cette réédition dépasse l'intérêt historique de l'anniversaire de la mort de l'auteur, pour ouvrir une nouvelle perspective sur les différents courants qui animent la production de Max Jacob.
Le public sera reconnaissant à Armand et Lucienne Salacrou de lui avoir livré ces admirables lettres de Max Jacob, où la tendresse, la fidélité, la sagesse, la fantaisie, la foi du grand poète éclatent à chaque ligne. Ceux qui aiment déjà Max Jacob les liront avec émotion. Les autres en retireront un grand désir de découvrir son oeuvre, les conseils que le poète envoyait, en 1923, 1924, 1925, du fond de sa retraite bretonne au jeune couple ami qui montait à l'assaut de Paris, se résument en deux mots : la bonté et le style. "... chaque pas vers le mal est en reflet sur le visage. Nous ressusciterons tels qu'en nous-mêmes au Jugement dernier, dit l'Écriture, oh! bien! nous ressuscitons ainsi tous les jours et on lit sur un homme ce qu'il est au moral." À Lucienne Salacrou, qui s'essayait à écrire des vers que Max Jacob trouvait très beaux : "Lucienne, ma petite Lucienne, rien n'est meilleur que la difficulté à s'exprimer, c'est la facilité qui est déplorable... On se plante devant quelque chose et on ne bouge pas jusqu'à ce qu'on ait attrapé l'image qui le dépeint... J'ai vu une fois au cirque une femme qui montait à la corde lisse et en haut de la voûte attrapait un crochet avec les dents : c'est l'image du travail à la recherche de l'idée."
Dans Filibuth, Max Jacob raconte la prodigieuse aventure d'une montre en or qui ne tient pas en place. Achetée cent francs en 1840 par le grand-père Bastien, on la retrouve vers 1920 chez une concierge, Mme Lafleur. Cet objet précieux passe entre les mains d'un garçon de quatorze ans qui le revend, dans l'atelier d'un peintre pour échouer sur le bureau d'un juge d'instruction. À ce moment la montre vaut au moins 6 700 francs et commence une carrière internationale. Elle sert successivement d'appât à un réseau d'espionnage austro-français, d'amulette aux snobs et drogués de la Côte d'Azur, elle est utilisée à Venise dans des séances d'hypnotisme, Aristide Briand la remarque dans le gousset d'un agent de la Sûreté, coutumier de larcins, et à la fin de tribulations les plus variées elle finit sous une voiture. De Montmartre à l'autre bout du monde, cette course à la montre sert de prétexte à Max Jacob pour décrire des personnages truculents aux prises avec des situations ou des circonstances bizarres. Il le fait avec verve et fantaisie par le truchement de la raillerie et de la tendresse. Ce roman de moeurs allie la gravité d'un conte moral à la saveur de la poésie la plus fantasque.
Max Jacob avait l'idée de donner un second volume à son célèbre recueil de poèmes Le Cornet à Dés. Il avait, dans ce but, conservé beaucoup de manuscrits. Le présent ouvrage est composé, d'une part, de poèmes déjà publiés en revue (mais jamais en librairie), d'autre part, de très nombreux inédits. Que sont ces poèmes du second tome, hélas posthume, du Cornet à Dés II ? Des annotations pleines de fantaisie, grâce auxquelles on pénètre dans le domaine mystérieux de la poésie moderne. "On trouvera ici, dit André Salmon dans sa note liminaire, mêlés à des textes anciens, des textes plus récents et qui se donnent tout de suite pour tels, par exemple le Ni Riche ni Pauvre qui nous révèle l'emploi que Max Jacob eût voulu faire de la richesse : acheter toutes "les maisons de la place devant l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire pour que la Société des Monuments Historiques ne les abatte pas par politesse pour saint Benoît sous le prétexte qu'elles sont trop pauvres. Outre qu'il y a là, dans ce peu de lignes, mille traits profonds de l'esprit de Max".
Trois oeuvres de Max Jacob témoignant de la diversité de son talent de prosateur ont été réunies dans ce recueil : Le Roi de Béotie (1921) dont les nouvelles révèlent une des formes le plus authentiquement françaises de la satire, et deux contes merveilleux devenus introuvables : Histoire du roi Kaboul Ier et du marmiton Gauwain (1901) et La Couronne de Vulcain.