Maurice Godelier
Maurice Godelier
Les Baruya de Nouvelle-Guinée sont l'une des dernières sociétés tribales découvertes par l'Occident. Comment ont-ils réussi à passer, en quelques décennies, du néolithique à la modernité ? Que sont devenus les « secrets des hommes », dont la trahison redoutée eût sapé un ordre social fondé sur la subordination des femmes ? Avec un art exceptionnel de conteur, Maurice Godelier retrace ces transformations en s'appuyant sur un demi-siècle d'observations quasi ininterrompues de plusieurs générations d'anthropologues. Car depuis son séjour pionnier dans les années 60 beaucoup de choses ont changé, et aujourd'hui les Baruya (hommes et femmes) jouent gros jeu aux cartes, tout en suivant les cours du café à la radio. L'histoire de cette petite société offre un exemple particulièrement clair des effets conjoints du christianisme et du capitalisme mondialisé. On peut y lire en miniature les caractéristiques de notre monde et y voir tout à la fois l'occidentalisation forcée d'une société tribale et la résistance de ses valeurs traditionnelles. Maurice Godelier est directeur d'études à l'EHESS, Médaille d'or du CNRS, Prix de l'Académie Française. Sa renommée mondiale en fait l'un des plus grands anthropologues vivants. Il a publié, entre autres classiques, L'énigme du don, Métamorphoses de la parenté, Au fondement des sociétés humaines et, plus récemment, un magistral Lévi-Strauss.
Du XVe au XXIe siècle, dix États européens, rejoints ensuite par les États-Unis, se sont affrontés pour s'emparer de la majorité des terres de la planète et pour en exploiter les ressources. Aux yeux des peuples d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Océanie, ce furent cinq siècles de sang, de soumission et d'humiliation. Avec un apogée : au XIXe siècle, le capitalisme industriel jeta les bases matérielles des sociétés modernes, non sans créer des tensions sociales que l'Occident chercha à dépasser en réinventant la démocratie - mais pour lui seul. Un modèle bientôt imité (au Japon, en Turquie, en Iran), quoique aussi rejeté et combattu. Or, peut-on réellement se moderniser sans s'occidentaliser ? Maurice Godelier, pendant ses années de terrain, d'abord au Pérou et au Mali, puis en Nouvelle-Guinée, a vécu de près ce que signifient occidentalisation et modernisation à marche forcée. C'est pourquoi, dans cet essai ambitieux, il a entrepris d'en décrire les étapes essentielles et d'analyser les formes de ce qui n'est rien de moins qu'une immense mutation de l'histoire dont l'Occident n'a pas fini de payer le prix.
Du XVe au XXIe siècle, dix États européens, rejoints ensuite par les États-Unis, se sont affrontés pour s'emparer de la majorité des terres de la planète et pour en exploiter les ressources. Aux yeux des peuples d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Océanie, ce furent cinq siècles de sang, de soumission et d'humiliation. Avec un apogée : au XIXe siècle, le capitalisme industriel jeta les bases matérielles des sociétés modernes, non sans créer des tensions sociales que l'Occident chercha à dépasser en réinventant la démocratie - mais pour lui seul. Un modèle bientôt imité (au Japon, en Turquie, en Iran), quoique aussi rejeté et combattu. Or, peut-on réellement se moderniser sans s'occidentaliser ? Maurice Godelier, pendant ses années de terrain, d'abord au Pérou et au Mali, puis en Nouvelle-Guinée, a vécu de près ce que signifient occidentalisation et modernisation à marche forcée. C'est pourquoi, dans cet essai ambitieux, il a entrepris d'en décrire les étapes essentielles et d'analyser les formes de ce qui n'est rien de moins qu'une immense mutation de l'histoire dont l'Occident n'a pas fini de payer le prix.
Deux illustres intellectuels aux prises avec le passé, le présent et l'avenir de l'Occident dans une nouvelle collection Perrin/Robert Laffont. dirigée par Etienne de Gail.
Découvrez Au fondement des sociétés humaines de Maurice Godelier, une synthèse brillante de quarante ans de recherche en anthropologie.
Qu'est-ce qu'un rapport social ? Y a-t-il une " essence " de l'homme ? Quels sont les différents systèmes de parenté ? Que nous apprend la mort sur la vie des hommes ? Quels sont, tout compte fait, aux yeux de l'anthropologue, les fondamentaux de la vie sociale ? Abordant ces questions qui constituent à la fois l'objet des enquêtes de terrain et le coeur de la réfl exion des sciences sociales, Maurice Godelier identifi e notamment cinq préconditions de l'existence qui dessinent une " nature humaine ", à laquelle s'ajoute toujours le caractère imprévisible et ouvert du devenir historique. Soulignant les apports de sa discipline pour la compréhension des sociétés humaines dans leur diversité, Maurice Godelier revient de manière vivante sur les grands jalons de ses recherches, défend à la fois distanciation méthodologique et sens de l'engagement, et dresse, à rebours d'un certain discours post-moderne, un portrait de l'anthropologue en savant de l'humanité toute entière.
Si la modernisation est un phénomène social d'emprunt qui a revêtu au cours de l'histoire bien des formes, force est de constater que l'Occident, depuis le XVe siècle, s'est imposé - par les armes bien souvent ou par la propagande - comme le modèle de la modernité. Volontairement ou non, des centaines de sociétés se sont transformées sous son influence, de sorte que, pour la première fois, toutes sont entrées dans la trame d'une histoire commune. Mais quelles ont été les différentes modalités de cette vaste mutation ? Dans quelle mesure certaines sociétés ont-elles pu s'intégrer à ce mouvement d'ensemble tout en conservant des traits spécifiques, différents, voire opposés à ce qui était promu par l'Occident ? Car on peut s'occidentaliser sans devenir occidental. Et comment faire alors la part entre les transformations irréversibles et celles qu'il est aujourd'hui possible de remettre en cause ? Longtemps, la croyance dans le progrès a laissé croire que développement économique, évolution des moeurs et démocratisation politique allaient de pair. L'effondrement de ce mythe permet aujourd'hui de mieux caractériser ce qui a réellement été en jeu dans la mondialisation portée par le capitalisme industriel, et ainsi d'appréhender les défis qui attendent aujourd'hui des sociétés occidentales en butte à une hostilité exacerbée et sur le point, peut-être, de perdre le leadership économique, politique et militaire qui a nourri leur expansion. Mettant à profit une vie de recherches sur le fonctionnement des sociétés, Maurice Godelier propose ici une relecture de la naissance et de l'essor du monde moderne, et un bilan sans concession sur le rôle et la place de l'Occident.
Qu'est-ce que qui fait société ? Ce ne sont ni les rapports de parenté, ni les rapports économiques, mais bien les rapports politico-religieux (les rites d'initiation, les institutions, les valeurs, etc.). L'analyse de ces rapports politico-religieux est essentielle à la compréhension des identités en conflit... ces identités plus que jamais réaffirmées et revendiquées avec l'entrée dans l'économie capitaliste mondialisée. Pour mieux saisir les grands enjeux actuels de notre monde globalisé et fracturé, l'anthropologie est plus utile que jamais.
En quoi consiste l'inceste ? Est-il l'objet d'une prohibition universelle ? Cette interdiction concerne-t-elle les seules parentés "biologiques" ou s'étend-elle aux diverses parentés "sociales", comme celles qui se tissent aujourd'hui dans les familles dites recomposées mais qui existent aussi dans beaucoup d'autres sociétés ? Cette prohibition joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des multiples systèmes de parenté étudiés de par le monde. Mais d'où vient-elle ? Peut-on penser, avec Claude Lévi-Strauss, que l'interdit de l'inceste marque à lui seul le passage de la nature à la culture ? Et comment comprendre, alors, la tension persistante entre l'interdit proclamé, institutionnalisé, et la pratique incestueuse qui, partout, demeure ? Voyage dans l'espace et dans le temps, cette réflexion met en évidence un fait essentiel, le caractère spontanément asocial et indifférencié de la sexualité humaine et la nécessité d'une régulation sociale de cette spontanéité. Il met ainsi en lumière les principaux enseignements de l'anthropologie sur la question de l'inceste, fait social majeur et aujourd'hui d'une actualité brûlante.
Maurice Godelier, au début de sa carrière, fut un temps maître-assistant auprès de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. Entretenant avec son maître un rapport critique, mais conscient de la puissance de l'œuvre, il est probable qu'il conçut dès cette époque le projet d'écrire un jour son " Lévi-Strauss ". Le voici, somme savante et érudite, fondée sur une relecture ligne à ligne de l'œuvre de son aîné, décédé en 2009. Et d'abord de son versant théorique et critique : Les Structures élémentaires de la parenté (1949), Les Mythologiques (4 volumes de recension systématique de la mythologie amérindienne, 1964-1971), Anthropologie structurale (1958 et 1973), La Pensée sauvage (1962). Sans pour autant négliger les fameux Tristes tropiques (1955) et Race et histoire (1952). L'objet premier de ce voyage au cœur de l'ambition structuraliste ? Souligner la richesse du travail accompli, mettre au défi la puissance théorique (le structuralisme lui-même), tenter de dépasser apories et contradictions. Une œuvre, donc, qui vaut introduction à une autre, l'une et l'autre dignes de figurer au premier rang des productions de l'intelligence humaine.
Qu’est-ce qui cimente vraiment les sociétés humaines ? Avec Au fondement des sociétés humaines, Maurice Godelier, anthropologue de renom, démontre que ni la famille ni l’économie ne suffisent à expliquer la naissance des sociétés.
Qu'est-ce qu'un rapport social ? Y a-t-il une essence de l'homme ? Quels sont les différents systèmes de parenté ? Que nous apprend la mort sur la vie des hommes ? Quels sont, tout compte fait, aux yeux de l'anthropologue, les fondamentaux de la vie sociale ? Abordant ces questions qui constituent à la fois l'objet des enquêtes de terrain et le coeur de la réflexion des sciences sociales, Maurice Godelier identifie notamment cinq préconditions de l'existence qui dessinent une nature humaine , à laquelle s'ajoute toujours le caractère imprévisible et ouvert du devenir historique. Soulignant les apports de sa discipline pour la compréhension des sociétés humaines dans leur diversité, Maurice Godelier revient de manière vivante sur les grands jalons de ses recherches, défend à la fois distanciation méthodologique et sens de l'engagement, et dresse, à rebours d'un certain discours post-moderne, un portrait de l'anthropologue en savant de l'humanité toute entière.
Si tout ce qui est imaginaire est imaginé, tout ce qui est imaginé n'est pas imaginaire. Car en imaginant, l'homme peut rendre possible l'impossible. Dans les mythes ou les religions par exemple, ce qui est imaginé n'est jamais pensé ni vécu comme imaginaire par ceux qui y croient. Cet imaginé-là, plus réel que le réel, est sur-réel. Si Lévi-Strauss affirme que " le réel, le symbolique et l'imaginaire " sont " trois ordres séparés ", Maurice Godelier montre au contraire que le réel n'est pas un ordre séparé du symbolique et de l'imaginaire. Les rites, objets et lieux sacrés ne témoignent-ils pas en effet de la réalité, et donc de la vérité de l'existence de Dieu, des dieux ou des esprits pour une partie de l'humanité ? Le symbolique permet aux humains de signifier ce qu'ils pensent et ce qu'ils font. Il déborde donc la pensée, envahit et mobilise le corps tout entier, le regard, les gestes, les postures mais aussi les temples, les palais, les outils, les aliments, les montagnes, la mer, le ciel et la terre : il est le réel. L'ouvrage nous entraîne au coeur stratégique des sciences sociales. Car s'interroger sur la nature et le rôle de l'imaginaire et du symbolique, c'est vouloir rendre compte de composantes fondamentales de toutes les sociétés et d'aspects essentiels du mode d'existence proprement humain, des aspects qui, chaque fois, forment une grande part sociale et intime de notre identité.
Plongez dans La revanche du Templier, une romance médiévale haletante où Alissande, veuve menacée, doit choisir entre un mariage forcé et la protection d’un ancien Templier qu’elle a jadis trahi.
Les chercheurs en sciences sociales ne prennent généralement pas en compte le facteur religieux lorsqu'ils analysent les transformations des formes familiales. La démarche novatrice du présent ouvrage réside dans la mise en relation systématique du religieux et de la parenté en explorant les représentations sociales, les normes et les pratiques des acteurs pris entre normes religieuses et mutations contemporaines de la famille. Martine Gross, ingénieure de recherche en sciences sociales au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (CNRS) Séverine Mathieu, agrégée de sciences sociales, docteure en sociologie, enseignant-chercheur à l'EPHE, membre du groupe « Sociétés, religions, laïcité » (CNRS) Sophie Nizard, maître de conférences à l'université de Strasbourg, chercheur au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (CNRS)
Pourquoi doit-on donner, pourquoi doit-on accepter ce que l'on vous donne, et, quand on a accepté, pourquoi faut-il rendre? Cet ouvrage évalue le rôle et l'importance du don dans le fonctionnement des sociétés et dans la constitution du lien social. Le terrain, bien entendu, n'était pas vierge: Marcel Mauss, le premier, l'avait défriché allant jusqu'à avancer l'idée que si les choses données sont rendues c'est qu'il y a dans la chose donnée un esprit qui la pousse à revenir entre les mains de son donateur originaire. L'hypothèse valut à Mauss la critique sévère de Claude Lévi-Strauss, qui lui reprocha d'avoir pris une théorie indigène pour une théorie scientifique et d'avoir manqué de reconnaître pleinement le fait que la société humaine entière est échange et que pour en comprendre le sens il faut partir du symbolique et de sa primauté sur l'imaginaire et le réel. La perspective générale adoptée par Maurice Godelier renouvelle profondément notre compréhension du don. Il analyse en effet les choses qu'on donne ou celles qu'on vend à partir des choses qu'on ne donne pas ou ne vend pas, des choses qu'on garde et que l'on doit garder, au premier rang desquelles les objets sacrés. Réanalysant les pratiques du potlatch et du kula sur lesquelles Mauss s'était appuyé, il montre que les énigmes auxquelles Mauss a été confronté se dissipent lorsque l'on comprend qu'il est tout à la fois possible de donner un objet et de le garder. Ce qui est donné, c'est le droit d'en user pour d'autres dons, ce qui est gardé c'est la propriété, inaliénable. Mais il faut encore expliquer pourquoi cette règle de droit s'applique aux objets précieux qu'on donne et non aux objets sacrés qu'on garde. La chose s'éclaire lorsqu'on fait apparaître ce qui est enfoui dans l'objet, l'imaginaire associé au pouvoir. Il apparaît donc que toute société renferme deux ensembles de réalités: les unes, soustraites à l'échange, aux dons, au marché, constituent autant de point fixes nécessaires pour que les autres circulent. Et c'est précisément la redéfinition des ancrages fondamentaux du fait social qui constitue la tâche majeure de la pensée politique aujourd'hui. Ancien directeur scientifique du Département des sciences de l'homme et de la société du CNRS, Prix international Alexander von Humboldt en sciences sociales, Maurice Godelier est directeur d'études à l'EHESS où il dirige le Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie. Il a publié deux livres chez Fayard: La Production des Grands Hommes (1982), qui a reçu le Prix de l'Académie française, et L'Idéel et le matériel: Pensée, économies, sociétés (1984).
Les Hommes, contrairement aux autres animaux sociaux, ne se contentent pas de vivre en société, ils produisent de la société pour vivre. Ils fabriquent de l'histoire, l'Histoire, et ce, parce qu'ils ont dans leur nature propre la capacité de s'approprier la nature et de la transformer. S'approprier la nature, c'est, pour l'homme, inventer des moyens matériels et idéels pour disjoindre certains éléments des écosystèmes qu'il exploite et les faire servir à ses besoins. Cette action implique la mise en oeuvre de rapports sociaux qui lui servent de cadre et de support et qui, quelle que soit l'instance où ils se situent, fonctionnent comme des rapports sociaux de production, ou, selon un parler plus commun, comme des rapports économiques. Quel est le poids des réalités matérielles, celles de la nature extérieure à l'homme et celles qu'il a créées, et quel est le rôle de la pensée dans la production des rapports sociaux ? Tout le mouvement du livre est là : de l'analyse des rapports sociaux de production à celle de la production des rapports sociaux. Le point d'appui de ce mouvement est dans la constatation que la part idéelle de tout rapport social n'est pas seulement le reflet plus ou moins déformé de ce rapport dans la pensée, mais l'une des conditions mêmes de sa naissance, condition qui devient un élément de son armature interne. L'auteur montre et son analyse constitue un défi aux schémas reçus que des deux forces qui composent celle d'un pouvoir de domination et d'exploitation, la plus forte n'est pas la violence exercée par les ordres, les castes ou les classes qui dominent une société, mais le consentement des dominés à leur domination. La « boîte noire » à l'intérieur de laquelle la pensée doit pénétrer, si elle veut peser sur l'évolution de nos sociétés, est bien le mécanisme de production de ces représentations partagées par des ordres, des castes, des classes opposés et c'est vrai aussi des rapports entre les sexes. L'un des grands problèmes des sciences sociales, dont les enjeux scientifiques et politiques sont énormes, est là. Né en 1934, Maurice Godelier, après avoir travaillé auprès de Fernand Braudel à la VIe section de l'EPHE, puis de Claude Lévi-Strauss, professeur au Collège de France, est, depuis 1975, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. En 1982, il a été nommé directeur scientifique au CNRS, chef du département des Sciences de l'homme et de la société.