Marion Muller-Colard
Marion Muller-Colard
En réponse à son fils intrigué par sa foi toujours évoquée avec pudeur, l'auteure se livre sur ce que croire change dans sa vie, et nous entraîne dans une enquête sur nos stratégies humaines pour nous accommoder des doutes et des incertitudes. Débusquant les croyances jusque dans les champs scientifique et politique, observant l'émergence de nouvelles croyances et la persistance du désir d'appartenir, Marion Muller-Colard pose un regard exigeant et tendre sur notre « espèce fabulatrice » qui croit bien plus qu'elle ne le croit. Un petit livre essentiel pour développer le savoir-croire et éviter de confondre connaissance et croyance.
Dans une relecture de la parabole du fils prodigue, Marion Muller-Colard explore, plus que son retour, le départ du fils cadet. Non seulement son départ, mais encore la nécessité de cette rupture qui le met au monde plus radicalement qu'une naissance. De la confrontation entre le texte biblique et une analyse subversive de l'âge qualifié d'ingrat jaillissent des voies inédites de souveraineté. Un éloge de toutes nos adolescences, car il n'y a pas d'âge pour « ratifier sa naissance ». « Cette existence qui a commencé par une vie reçue, qui se finira par une vie reprise, doit bien, un jour ou l'autre, être conquise. Ils fomentent une façon d'être autre chose qu'un débit. Ils fomentent un début. »
Quand un soir elle apprend que son père a été victime d'un AVC massif, Marion Muller-Colard, qui a longtemps siégé au Comité d'éthique, s'effondre instantanément. Après une nuit d'angoisse, elle retrouve vivant, mais terriblement diminué, l'homme qui, dans le langage fleuri qui était le sien avant l'accident, avait clairement énoncé sa volonté : « Ne pas faire chier l'ancien. » Comprendre : pas d'acharnement. De quel secours peuvent être les débats théoriques quand la vie intime est bouleversée ? C'est la question que pose l'autrice de ce livre cru et tendre, écrit sur la brèche, à l'endroit troublant où nos chagrins d'enfants viennent mettre le désordre dans nos vies d'adultes et nos identités sociales bien rodées. Avec pour kit de survie le sens de la liberté, l'humour et la lucidité que lui a inculqués l'homme dans lequel elle reconnaît par fulgurances celui qui fut son père, Marion Muller-Colard nous entraîne dans l'expérience troublante de la dissociation. Contrainte désormais d'évoluer dans un no man's land où la vie n'est plus tout à fait la vie et où le travail est la seule manière de ne pas sombrer, elle en appelle à tous ceux qui, sans se connaître, partagent le même désarroi. Salutaire et généreux viatique pour ses « frères et soeurs insoupçonnés », son récit est aussi un formidable éloge des mots pour le dire, ceux qui, « indiquant que quelqu'un est déjà passé par là », vous ramènent vers des rives habitables.
« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », écrivait Hlderlin. Voilà le balancier qui tient en équilibre cette lettre adressée à l'enfant qui sera bientôt baptisée alors même que sa mère vient d'être condamnée par la médecine. Marion Muller-Colard, témoin de la vie funambule dans laquelle cette jeune mère dompte le vertige pour un plus-de-vie inouï, rassemble dans cette lettre tout ce qu'elle apprend de cette traversée sur le fil. Mais c'est aussi en se mettant au diapason de la vie de l'enfant que le sens de ce baptême, au plus fort de la menace, lui apparaît soudain éclatant de simplicité et de force. « J'enseignais la philosophie lorsque tu es née. Nous avons plaisanté, ta mère et moi, sur les leçons que j'aurais à te donner. Je t'ai pensée élève. Tu es devenue mon maître. » Un texte bouleversant sur l'amitié, l'espérance et la puissance fragile de la vie.
« Il m'arrive de penser que tout est mise en abîme. Mais à une échelle si grande qu'il nous est impossible de voir nos existences autrement que comme des ramifications anarchiques. Chacun de nous est à la fois la petite et la grande matriochka d'autre chose. Et si Dieu existe, c'est d'être la plus petite, l'indivisible. Cet ovale lisse et minuscule que j'aimais tenir enfin entre mes mains, enfant. Dans le désordre des poupées russes éventrées, éparpillées au sol par moitiés, tenir au creux de ma paume ce noyau dur solide, irradiant d'une inviolable unité. » Dans ce livre, Marion Muller-Colard part à la rencontre de Nikola Zaric, sculpteur suisse décédé en 2017. Son oeuvre lui révèle que « la vie ne se trace pas en ligne mais en ronde. »
Dans la famille d'Amandana, la propreté irréprochable n'est pas qu'un métier. C'est un mode de vie. Rien qui dépasse. Dans le Lavomatique tenu par ses parents, le bruit des machines couvre celui des élans du coeur et du corps. Mais comment faire taire son attirance pour une de ses camarades de lycée ? Un roman intimiste d'une grande finesse psychologique, magnifiquement écrit, plein de pudeur et d'émotion.
Dans la famille d'Amandana, la propreté irréprochable n'est pas qu'un métier. C'est un mode de vie. Rien qui dépasse. Dans le Lavomatique tenu par ses parents, le bruit des machines couvre celui des élans du coeur et du corps. Mais comment faire taire son attirance pour une de ses camarades de lycée ? Un roman intimiste d'une grande finesse psychologique, magnifiquement écrit, plein de pudeur et d'émotion.
Trois femmes se croisent, se rencontrent, s'interpellent au pied d'une statue de la Vierge. Une amoureuse, une jeune mère, une clocharde. Elles se disputent, se consolent, en viennent aux mains, parfois. Elles livrent leurs souvenirs d'enfance, leurs rêves, leurs colères, leurs folies. Enfant, la jeune mère s'est jurée qu'elle deviendrait Marie, quand elle serait grande. Et la voilà enceinte, sans bien comprendre comment, émerveillée d'avoir si bien réussi. Mais lorsqu'elle revient de nuit avec son bébé, la jeune mère essaye de le faire tenir dans les bras de la statue pour le confier à plus grande qu'elle. Plus grande peut-être, mais de marbre. L'amoureuse et la clocharde sont malgré elles investies d'une mission. Elles ne peuvent pas abandonner la jeune femme, en proie à son premier désespoir maternel. Et qui pourra consoler l'amoureuse de l'homme qui ne vient pas ? Qui donnera à la jeune mère le courage de se détourner des statues pour entrer dans le vif du réel, dans la chair et l'os d'une vie incarnée, brinquebalante, majestueuse, décevante? Sur ce qu'il reste de la vie après les désillusions, la clocharde en connaît un rayon. Un rayon lumineux qu'elle dévoilera petit à petit, au pied de la statue de Marie...
'Tout le monde n'a pas le don des larmes'. Bastien est mort dimanche et Sylvia, sa mère, aimerait croire que cela ne change pas grand-chose. Car Bastien, lourdement handicapé, n'a jamais pu parler ni adresser un regard à quiconque. Alors que passent les premiers jours sans lui, une pluie diluvienne gonfle les eaux de la Durance voisine. Chez Sylvia aussi, la part sauvage menace de déborder à mesure que les souvenirs familiaux affluent. À travers un récit bouleversant, Marion Muller-Colard questionne le sens de l'amour filial, emportant son lecteur vers des rives inattendues.
'Tout le monde n'a pas le don des larmes'. Bastien est mort dimanche et Sylvia, sa mère, aimerait croire que cela ne change pas grand-chose. Car Bastien, lourdement handicapé, n'a jamais pu parler ni adresser un regard à quiconque. Alors que passent les premiers jours sans lui, une pluie diluvienne gonfle les eaux de la Durance voisine. Chez Sylvia aussi, la part sauvage menace de déborder à mesure que les souvenirs familiaux affluent. À travers un récit bouleversant, Marion Muller-Colard questionne le sens de l'amour filial, emportant son lecteur vers des rives inattendues.
Wanted Louise est un avis de recherche. Celle qui le lance, Chris, est écrivaine, mère et grand-mère, dans l'ordre de ses priorités. Depuis que sa fille Louise a disparu de la circulation, quittant son foyer sans explication, Chris se retrouve flanquée de deux petits-fils et d'un gendre désemparé. Alors qu'elle se débat avec ses nouvelles obligations, Ludmila fait irruption dans sa vie. Cette vieille femme étrange est venue lui confier son histoire, celle d'une adolescente qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, est poussée dans la Résistance par sa mère. Le récit de Ludmila réveille chez Chris un irrépressible besoin d'enquêter et de raconter. Elle se lance à corps perdu dans ce travail, au détriment de sa propre famille - à moins que la clé de la disparition de Louise ne se trouve justement dans les pages qu'elle est en train d'écrire.
Wanted Louise est un avis de recherche. Celle qui le lance, Chris, est écrivaine, mère et grand-mère, dans l'ordre de ses priorités. Depuis que sa fille Louise a disparu de la circulation, quittant son foyer sans explication, Chris se retrouve flanquée de deux petits-fils et d'un gendre désemparé. Alors qu'elle se débat avec ses nouvelles obligations, Ludmila fait irruption dans sa vie. Cette vieille femme étrange est venue lui confier son histoire, celle d'une adolescente qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, est poussée dans la Résistance par sa mère. Le récit de Ludmila réveille chez Chris un irrépressible besoin d'enquêter et de raconter. Elle se lance à corps perdu dans ce travail, au détriment de sa propre famille - à moins que la clé de la disparition de Louise ne se trouve justement dans les pages qu'elle est en train d'écrire.
Et si nos vies ne se suffisaient jamais d'être "tranquilles", au repos... Si, finalement, l'inquiétude, la curiosité, l'interrogation voire le doute, étaient les vrais moteurs de toute existence humaine en recherche ? Marion Muller-Collard propose ici une méditation qui peut s'adresser à tous, croyants ou non, et nous conduit à faire de notre "intranquillité" l'occasion d'une plus grande confiance, d'une disponibilité à l'imprévu, à ce qui arrive.
Hannah Arendt n'est pas une penseuse de terrier, mais une penseuse de terrain. Dans son petit théâtre, monter en scène veut dire penser ; penser veut dire agir. Surtout lorsque les hommes-bureaux n'ont qu'une idée : construire un monde de papier... Durée : 00H34M08S Les Petits Platons Les Petits Platons
« Dans cette étrange période, où est relégué au second plan ce qui ne relève pas de la survie, je crains que votre message ne passe inaperçu, Lucie. Sans doute participez-vous à sauver des vies, vous aussi. Mais ce que je sais de vous, et qui me touche au plus haut point, c'est que vous cherchez aussi à sauver des morts. » Marion Muller-Colard