Marc Maesschalck
Marc Maesschalck
L'éthique contemporaine, qu'elle soit d'inspiration kantienne ou pragmatique, adopte une attitude ambivalente à l'égard des convictions. Tantôt, elle considère celles-ci comme de simples opinions sur la vie bonne dont le particularisme culturel risque de conduire à l'exclusivisme s'il n'est pas soumis aux exigences de la justification pluraliste et consensuelle. Tantôt, elle restreint la notion de conviction au point de n'y reconnaître que la garantie subjective d'une sincérité dans l'engagement moral. La conviction devient alors la formule de la raison pratique sans contenu sémantique particulier susceptible d'orienter l'engagement concret des sujets. C'est donc sur le plan sémantique qu'il est d'abord nécessaire de réintégrer le rapport entre éthique et convictions (Ire partie), si l'on veut ensuite élucider de manière positive le rôle des contenus de conviction dans le processus historique concret de l'engagement moral (IIe partie).
Aux idéologies de lutte et de transformation sociales ont succédé sur l'avant-scène de la philosophie politique occidentale les pensées positives du droit et de la communication, axées sur les problèmes de régulation et d'intégration sociales. Ce phénomène, qui s'accompagne d'une critique radicale des philosophies modernes du pouvoir et de l'État, est pourtant marqué aussi par un embarras devant la persistance des questions collectives liées à la formation de véritables complexes répressifs postmodernes, tel celui de l'autolégitimation médiatique des grandes instances de régulation sociale (l'État et l'économie). Il semble même que l'occultation de ces questions en lien à la violence sociale et à l'aliénation manifeste plutôt un effacement du thème politique dans la pensée d'aujourd'hui au profit d'une pragmatique générale articulée à une phénoménologie du monde vécu. L'éviction des thèses marxiennes est symptomatique à cet égard. Après avoir pris la mesure de ces impasses, l'auteur tente de renouer avec une pensée de l'action sociale capable de prendre en compte le défi politique que représente l'exercice collectif de la responsabilité, jusqu'en son enracinement dans la genèse singulière de l'engagement personnel pour habiter et préserver un monde commun.
Fruit d'une session théologique organisée en novembre 1996 par l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis, ces études sur la Providence ouvrent différentes perspectives. Face à une attitude « providentialiste » la Bible nous suggère déjà diverses approches. Une vue sécularisée de la toute-puissance de Dieu pourrait également nous entraîner dans un déterminisme absolu qui semblait sous-jacent à certaines sociologies. Dans une perspective politique, comment se frayer un chemin au delà du « providentialisme » ? Il importe pour chacun, non d'exécuter un plan préétabli, mais d'inventer la façon de devenir « Providence pour soi et pour l'autre... » À Gethsémani, l'agonie et le « oui » de Jésus nous conduisent au centre du mystère qui nous interpelle et nous ouvre à l'imprévisible.
Les trois tomes de « Fichte : la philosophie de la maturité » regroupent les contributions faites en 2002 par les membres du Groupe d'Études Fichtéennes de Langue Française (GEFLF) lors des colloques de Louvain-la-Neuve et d'Aix-en-Provence.Dans le troisième tome ont été rassemblés des textes qui articulent et confrontent la démarche spéculative et phénoménologique du dernier Fichte aux traditions philosophiques contemporaines - l'hégélianisme, le perspectivisme nietzschéen, la phénoménologie husserlienne, le cognitivisme.