Magali Uhl
Magali Uhl
Comment aujourd'hui, à l'ère des pratiques photographiques et filmiques amateurs, de la mobilité et de l'importance croissante du numérique, s'écrit visuellement l'intimité ? Selon quels procédés, découpages, montages opèrent les artistes actuels pour tracer les contours du soi contemporain et quels types de narration en proposent-ils ? Qu'elle soit la conséquence d'un échec amoureux ou d'une quête familiale, d'un apprentissage de la différence ou du ressenti de la perte, des stigmates de l'exil ou de l'épreuve de l'Histoire, l'écriture visuelle de soi n'est pas qu'une question adressée au sujet et à son idiosyncrasie, elle entretient aussi des liens ténus avec la mémoire et l'expérience collectives. Invitant à voyager dans ces mises en récit de soi, le présent ouvrage souhaite documenter ces nouvelles expérimentations artistiques en dialogue avec les pratiques du quotidien. Il interroge le potentiel de refiguration des procédés mis en oeuvre, la capacité des sujets à les mobiliser pour produire une expérience esthétique, laisser émerger un vécu, mais aussi visiter une mémoire ou la questionner, raconter une histoire ou seulement l'ébaucher, ouvrir aussi à d'autres virtualités. Entre histoire des représentations et histoire matérielle, études littéraire, visuelles, plastiques et études culturelles, les auteur(e)s ayant contribué à cet ouvrage proposent ainsi différentes perspectives sur l'écriture visuelle de soi et sur ses procédés.
Trois oeuvres pour le moins confidentielles. De l'art là où on ne l'attend pas, au coeur d'un hôpital, d'une morgue ou d'un institut de lutte contre le cancer... Récemment créées par des artistes contemporains de renom en collaboration avec des architectes, ces trois réalisations témoignent de la prise en compte, par le monde hospitalier, de la dimension symbolique attachée tant à la mort et au deuil qu'aux diverses attentes spirituelles des patients et de ceux qui les accompagnent. Espaces d'art, oeuvres-lieux, réalisations ar(t)chitecturales... si les qualificatifs se multiplient lorsque l'on évoque les créations de Pierre Buraglio, Michelangelo Pistoletto ou Ettore Spalletti, c'est qu'il s'agit de trois expériences emblématiques recouvrant aussi bien le registre imaginaire et ses multiples horizons de sens liés notamment à la mort et à la spiritualité, qu'un ensemble de pratiques professionnelles qui se situent aux frontières de la médecine, des croyances et de l'éthique. Qu'en est-il de ces oeuvres ar[t]chitecturales dans le contexte spécifique de la modernité avancée ? Que nous disent-elles sur notre mode d'être au monde et sur notre rapport aux valeurs ? Quelles virtualités esthétiques expriment-elles et quels horizons spirituels invoquent-elles ? Proposent-elles une lecture originale de notre relation à l'espace dans le cadre du bâti hospitalier ?