Louis Camara
Louis Camara
«Le très beau roman de Louis Camara nous fait voyager dans l'univers fabuleux de la cosmogonie yoruba. Un univers de mythes qui nous ramène à nous-mêmes. Le dramaturge Abdou Anta Ka disait qu'il fallait s'inspirer des mythes pour écrire notre histoire d'aujourd'hui et de demain. Les hommes ont tendance à changer, mais pas les dieux. Les dieux sont éternels.» - Ken Bugul, Le baobab fou, Riwan ou le chemin de sable, etc. «A n'en pas douter, Louis Camara possède le sens du conte et le génie de la narration. Sous sa plume magique, venus du fond des âges et des plis les plus profonds de la pensée Yoruba, des fils de dieux curieux de l'humanité jouent pour nous le jeu du destin individuel et nous dévoilent, ce faisant, sa mystérieuse trame toute faite de liberté et de nécessité alternée... Car choisir son Ori, c'est pour chaque âme en route vers l'humanité, choisir son caractère, sa personnalité, son destin.» Oeuvre au programme scolaire.
À l'entrée de Saint-Louis, dans le dynamique quartier de Pikine, à proximité de la mosquée dite « mosquée toucouleur », vivait un homme d'une singulière laideur que tout le monde connaissait sous le nom de Ndiaga Niaaw. Ce Ndiaga Niaaw était affligé d'une grave infirmité qui faisait qu'il boitait du pied gauche et avait la main droite bote. Et ce n'est pas tout, car le pauvre homme était aussi atteint de nanisme, avait la tête aussi grosse qu'un canari et de gros yeux globuleux injectés de sang comme ceux d'un brochet pourri. Il n'existait d'ailleurs personne qui eût pu soutenir le regard terrible du bonhomme dont la voix rauque, caverneuse, achevait d'en faire le personnage le plus effrayant de tout le quartier.