Jérôme Melançon
Jérôme Melançon
Prairial·es aborde les Prairies canadiennes comme un territoire traversé par des relations complexes: humaines, écologiques, historiques. Porté par une réflexion critique sur l'héritage colonial, le recueil interroge les liens entre dépendances industrielles, savoirs ancestraux et transmission. À travers cette trame se dessine une manière d'habiter un lieu sans le posséder. Le recueil se déploie en quatre mouvements: une exploration du territoire à travers la famille et les tensions de l'héritage; des voyages routiers entre Edmonton, Regina, Winnipeg et Meadow Lake; une plongée dans les expériences qui façonnent ces lieux; et des poèmes adressés à celles et ceux qui ont permis à l'auteur de percevoir la prairie autrement. Entre lucidité et ouverture, Jérôme Melançon offre une poésie profondément dialogique, qui esquisse les contours d'un monde plus juste à construire dans et par la relation.
Accueil De perdre tes pas Nos pieds soudés, ici, Nos mains liées, ici, Tendues Répondant l'une à l'autre Attirés Sans ressentir le besoin de se rejoindre Premier recueil de Jérôme Melançon, empruntant à la forme poétique de la morale élémentaire et celle plus classique du sonnet, De perdre tes pas est une expérience sonore, visuelle et physique. L'espace de la feuille devient monde, où s'exprime la tension de la distance mouvante unissant et défiant le couple, expérience paradoxale d'un espace élastique, animé du désir de proximité ralenti et décuplé par les obstacles de la ville. Porté sur les rapports interpersonnels et leur traitement par la philosophie et la politique, qu'il enseigne en Alberta (Canada), Jérôme Melançon s'attache depuis quelques années à une exploration poétique des relations aux autres telles que médiatisées par les villes et les lieux.
Quelques pas quelque part est le deuxième recueil de Jérôme Melançon,empruntant à la forme poétique de la morale élémentaire et celle plus classique du sonnet, Quelques pas quelque part, est une expérience sonore, visuelle et physique.
Au mois d'octobre 2021 avait lieu le colloque annuel du Réseau de recherche sur la francophonie canadienne (RRF) organisé par le Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta. Ce rendez-vous incontournable a réuni des expertes et des experts, des chercheuses et des chercheurs ainsi que des actrices et des acteurs de terrain, toutes et tous animés par une même préoccupation : assurer la vitalité des communautés francophones à travers le Canada. Le thème central de ce colloque, intitulé « Bâtir des ponts entre les francophonies canadiennes », était une invitation à la réflexion sur des solutions durables pour soutenir et renforcer la solidarité entre les différentes communautés francophones. Cette rencontre visait également à mieux appréhender la réalité vécue sur le terrain, réalité qui s'est désagrégée au cours des dernières années pour plusieurs de ces communautés.
ma langue disparaît mes langues épaississent au bord d'une explosion j'la teste du bout d'l'orteil j'en ai pas b'soin mais c'est tentant en maudit tout' faire sauter qu'enfin ça coule sans embâcles Les poèmes d'«En d'sous d'la langue» incarnent une révolte contre tout le poids qui pèse sur la langue française et les identités francophones, et un refus des exclusions et des obligations qui s'y rattachent. Portés par le français de la vie ordinaire, ils revendiquent l'impermanence des identités, observent et commentent les conséquences du colonialisme, et dénoncent les convenances propres à l'organisation sociale, politique et économique de la vie de banlieue. Joyeusement vernaculaire, la poésie de Jérôme Melançon fait coïncider l'histoire des individus et celle des collectivités, et invite à rêver d'autres possibles.