Jelinek/H
Jelinek/H
Un Américain, parmi des millions d'autres, dans un des quartiers les plus pauvres de New York, livré aux obsessions, à l'impuissance, possédé d'un amour sans espoir pour une serveuse misérable, connaît une étrange aventure spirituelle auprès de la fille de celle-ci : tel est le sujet du nouveau roman d'Henriette Jelinek. Le New York d'Ann Lee rachète les âmes n'est pas celui de la moyenne bourgeoisie, où se passent généralement les films d'Hollywood. C'est le Bronx, Brooklyn, les quais, les endroits les plus misérables du monde industriel, malgré l'aide aux chômeurs et l'endettement de la municipalité, mais aussi des lieux de pauvreté au sens de l'Évangile. Le héros affronte le problème central, de la condition humaine selon l'auteur des Démons. On pourrait dire, paraphrasant Malraux, qu'il s'agit, dans cette tragédie américaine, de l'irruption subite de Dostoïevski dans le misérabilisme de la prétendue société de consommation.
Car, dans ce miroir éternel qu'est l'amour de la mère se reflète aussi toute l'évolution d'une société de 1944 à 1975, c'est-à-dire du néolithique - presque - à la société des grandes surfaces, de la télévision, du cancer et du béton armé. Henriette Jelinek