Jean-claude Caron
Jean-claude Caron
Le temps des Restaurations est pluriel, marqué par des discontinuités chronologiques, l'élaboration de modèles politiques différents et des formes de résistance multiples. Ce volume regroupe les contributions de spécialistes représentant près d'une dizaine de nations, revisitant le temps des Restaurations en Europe. Ces contributions témoignent de l'actualisation permanente de l'historiographie contemporaine, que ce soit dans le domaine politique, militaire, social, économique, culturel ou religieux.
La construction d'un espace politique, économique, social et culturel européen n'est pas une idée neuve. Mais au 19e siècle, l'idée se heurta à la force de la nation comme modèle politique. De 1815 à 1871, l'Europe des nations domine la vie politique du temps : du congrès de Vienne et de la Sainte-Alliance à l'achèvement de l'unité italienne et allemande, des peuples aspirent à former des nations érigées en États, sous l'il bienveillant ou hostile des grandes puissances. Tout en dressant le portrait de ces puissances et des régions particulièrement concernées par la question des nationalités, cet ouvrage s'intéresse aux grands mouvements culturels européens - comme le romantisme - et montre l'essor économique parallèle de l'Europe. Il analyse ensuite l'Europe des nationalismes de 1871 à 1914, période de tensions politiques, économiques, culturelles, militaires (naissance de la Triple-Entente et de la Triple-Alliance). L'accent est mis sur les mouvements d'idées, sur l'émergence simultanée de courants socialistes pacifistes et internationalistes et de courants nationalistes bellicistes et antisémites. L'Europe domine le monde par la colonisation et par la culture, mais cette domination externe s'accompagne de déchirements internes, autour des Balkans ou du Rhin, qui entraînent l'Europe sur la voie de la « marche à la guerre ».
De multiples odeurs émanent de l'oeuvre comme du corps de Balzac. Des plus suaves aux plus délétères, elles s'inscrivent dans un code des odeurs qui constitue une frontière à la fois morale, sociale et genrée entre les individus. Cet ouvrage étudie également l'anatomie nasale du romancier à travers les nombreux portraits qui le décrivent ou le représentent. Adepte de la physiognomonie de Lavater, Balzac fait des caractéristiques physiques de ses personnages, dont le nez, des indices de leur personnalité. Selon qu'il est camus, aquilin, droit, en trompette, etc., il révèle, trahit même, ce que son propriétaire ne peut cacher en termes de vice comme de vertu. On propose enfin un Odorama balzacien qui, en une quarantaine d'entrées, offre un panorama olfactif de l'oeuvre du romancier. Jean-Claude Caron, professeur émérite d'histoire à l'université de Clermont-Auvergne 4 et également président de la société d'histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle. Son dernier ouvrage paru: Van Gogh en toutes lettres: un homme dans son siècle (Champ Vallon, 2022).
Ce manuel aborde l'histoire de la France à l'époque de la monarchie constitutionnelle sous ses aspects politique, social et culturel, ainsi que la politique extérieure, modifiant sensiblement l'approche traditionnelle des années 1815-1848 ; elles sont en effet essentielles et novatrices dans l'histoire politique : mise en place du jeu parlementaire, qualité des débats, importance des questions sociétales soulevées, élaboration d'idéologies. Période essentielle aussi pour l'histoire sociale : « découverte » de la question sociale, revendications ouvrières, lutte pour le droit de grève ou le droit d'association. Période clé, enfin, pour l'histoire culturelle avec le romantisme, le plus fort mouvement littéraire, artistique, scientifique, philosophique que l'Europe et la France aient connu depuis la Renaissance. SOMMAIRE 1 > Vie parlementaire et luttes politiques sous la Restauration 2 > La société française dans la première moitié du XIXe siècle 3 > La vie religieuse et culturelle 4 > La révolution de 1830 et les débuts de la monarchie de Juillet (1830-1835) 5 > Le triomphe de la société bourgeoise 6 > La crise de la monarchie de Juillet et la révolution de 1848
Van Gogh peut être considéré comme le peintre le plus célèbre au monde. En témoignent les innombrables reproductions et usages de son oeuvre. Mais, à lire les multiples biographies qui lui sont consacrées, l'homme reste l'objet de représentations que tout oppose : tantôt on en fait une victime de la société, tantôt un manipulateur ; mais aussi un individu formant avec son frère Theo un couple de spéculateurs, misant sur le succès final de sa production ; ou encore un anarchiste et un anticlérical. Fondé sur la correspondance de Van Gogh, cet ouvrage se propose, à travers un choix de thèmes, d'entendre la voix de Vincent et ce qu'elle permet de saisir de sa personnalité complexe, de ses positions contradictoires, de ses goûts et de ses passions. En somme, la vie d'un homme dans son siècle. Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Clermont Auvergne, membre honoraire de l'Institut Universitaire de France, Jean-Claude Caron est un spécialiste de l'histoire des violences socio-politiques au XIXe s. Parmi ses publications récentes, Les deux vies du général Foy (1775-1825).Guerrier et législateur (2014) et Simon Deutz, un Judas romantique (2019), chez Champ Vallon. Il a participé à la réédition de l'Histoire de la Révolution française de J. Michelet, dans la Pléiade.
Général des armées napoléoniennes, puis leader de l'opposition libérale sous la Restauration, Maximilien Sébastien Foy (1775-1825) a mené deux guerres. La première sur les champs de bataille, en particulier dans la Péninsule ibérique, théâtre d'une « sale guerre » immortalisée par l'oeuvre de Goya. La seconde, à la tribune de la Chambre des députés, où il se fait le défenseur des valeurs de 1789 face aux tenants d'une réaction contre-révolutionnaire. Pleuré comme un « héros-citoyen », le général Foy connaît son heure de gloire quand ses funérailles rassemblent quelque 100 000 personnes dans les rues de Paris. Cette biographie de l'homme public comme privé retrace son ascension sociale entre Révolution et Restauration et s'interroge aussi sur les causes du déclin de samémoire.
Héritière de la Révolution de 1789, la France du XIXe siècle se déchire à intervalles réguliers, accréditant l'image d'une nation vouée à la guerre civile.L'insurrection de Juin 1848 et la Commune de Paris (1871) sont les pics de ces affrontements révélateurs de profondes divergences idéologiques.
En révélant à Adolphe Thiers au printemps 1832 la cachette de la duchesse de Berry, clandestine depuis l'échec du soulèvement de la Vendée, Simon Deutz devient la réincarnation de Judas, « l'homme qui a livré une femme » stigmatisé par Victor Hugo. Mais au moment de sa trahison, ce fils du grand-rabbin de France est catholique, depuis sa conversion à Rome en 1828. C'est l'histoire de ce parcours, commencé en Allemagne en 1802 et achevé en Louisiane en 1844, qu'on retrace ici : celle d'un homme aux identités multiples dans la France postrévolutionnaire. Incarnation du « traître juif » avant que Dreyfus ne le supplante, Deutz cristallise l'émergence d'un antijudaïsme multiforme. Et si ce nouveau juif errant meurt oublié en exil, la littérature perpétue sa mémoire en construisant sa légende. Jean-Claude Caron est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Clermont-Auvergne. Il a consacré de nombreux ouvrages à l'histoire des violences socio-politiques dans la France du XIXe siècle. Ancien membre du jury du CAPES d'histoire-géographie et du jury d'agrégation de sciences économiques et sociales, membre honoraire de l'Institut Universitaire de France, , il est actuellement membre du Comité d'histoire de la ville de Paris.
Le recours au feu, loin d'être une nouveauté, s'ancre dans l'histoire. La France d'avant 1914 est éclairée de flammes qui ne s'éteignent qu'épisodiquement : le monde rural est familier des incendies de granges ou de fermes, signes de conflits économiques et sociaux entre possédants et pauvres. L'incendie est également manifestation politique : à Paris, en 1871, le feu signe la chute de la Commune. La ville brûle et mettra des décennies à reconquérir les ruines. Utilisé par les militaires lors des guerres qui rythment le XIXe siècle, l'incendie est une arme redoutable et redoutée : la politique de la terre brûlée hante l'imaginaire des populations civiles. Derrière l'incendie perce la figure de l'incendiaire : un être malade ? un criminel ? un désespéré ? autant d'images qui angoissent les esprits du siècle et les criminologues. Jean-Claude Caron met ici en lumière un mode de protestation radical, une expression de la colère et du désespoir qui atteignit son paroxysme au XIXe siècle mais ne s'est jamais éteinte depuis.