Jean-Pierre Verheggen
Jean-Pierre Verheggen
Et si Madame Mao cachait bien plus qu’un simple portrait politique ? Jean-Pierre Verheggen ose une satire débridée, mêlant humour noir, sexualité et révolution, pour explorer les zones d’ombre d’une icône controversée.
On connaît tous le sourire énigmatique de Mona Lisa mais on ignore celui de Mona Dialysa, tout de tendresse et de connivence avec ses patients dialysés et autres malades de l'hosto dont elle est la star ! Journal de bord foutraque et fantasque des maladies accumulées du poète, cet ensemble s'offre comme un antidote à base d'humour, d'autodérision et de concassage de la langue : "un remède anti-morosité".
On connaît tous le sourire énigmatique de Mona Lisa mais on ignore celui de Mona Dialysa, tout de tendresse et de connivence avec ses patients dialysés et autres malades de l'hosto dont elle est la star ! Journal de bord foutraque et fantasque des maladies accumulées du poète, cet ensemble s'offre comme un antidote à base d'humour, d'autodérision et de concassage de la langue : "un remède anti-morosité".
«Il y a trente-six sortes de poètes : champêtres ou rodomonts, peuls ou auvergnats, voire ambigus et ambidextres à la fois! Il y a parmi eux des alcoolos, des mycologues, des indécis, des kamikazes, des inconnus et des curés de leur propre petite gloire locale personnelle! Sans oublier les agités du buccal et les centaines d'autres espèces. Poète moi-même - peut-être? (la question reste ouverte) -, j'en ai tiré quelques portraits, le plus souvent au tir à têtes de pipes. C'est que je n'attache jamais ma censure quand je conduis mon autodérision! Me voici donc fonçant à vive allure sur l'âge ingrat qu'est la vieillesse pour lui rappeler que je suis et veux rester une personna non gaga ou plus loin écrasant sans vergogne quelques nouveaux-nés choisis parmi nos récents néologismes abscons et technico-bluffeurs venus, une fois encore, s'embourber dans notre langue : procrastination, locaphage (ou locavore : au choix!), accidentogène et buvabilité, etc. Pan! Sans le moindre coup de frein! Pan dans le mille!»
«Il y a trente-six sortes de poètes : champêtres ou rodomonts, peuls ou auvergnats, voire ambigus et ambidextres à la fois! Il y a parmi eux des alcoolos, des mycologues, des indécis, des kamikazes, des inconnus et des curés de leur propre petite gloire locale personnelle! Sans oublier les agités du buccal et les centaines d'autres espèces. Poète moi-même - peut-être? (la question reste ouverte) -, j'en ai tiré quelques portraits, le plus souvent au tir à têtes de pipes. C'est que je n'attache jamais ma censure quand je conduis mon autodérision! Me voici donc fonçant à vive allure sur l'âge ingrat qu'est la vieillesse pour lui rappeler que je suis et veux rester une personna non gaga ou plus loin écrasant sans vergogne quelques nouveaux-nés choisis parmi nos récents néologismes abscons et technico-bluffeurs venus, une fois encore, s'embourber dans notre langue : procrastination, locaphage (ou locavore : au choix!), accidentogène et buvabilité, etc. Pan! Sans le moindre coup de frein! Pan dans le mille!»
On râle, on bougonne, on ronchonne, on a ses manies, on "vieusit" mais, petit à petit, on se convainc qu'on peut rire de tout - y compris à gorge déployée ! - à condition toutefois de ne pas avaler son dentier ! Bref ! Avec humour et autodérision, insolence et truculence, on se dit que - poétiquement parlant! : "Tout va très bien madame la Marcrise !"
On râle, on bougonne, on ronchonne, on a ses manies, on "vieusit" mais, petit à petit, on se convainc qu'on peut rire de tout - y compris à gorge déployée ! - à condition toutefois de ne pas avaler son dentier ! Bref ! Avec humour et autodérision, insolence et truculence, on se dit que - poétiquement parlant! : "Tout va très bien madame la Marcrise !"
De l'humour à "l'humort" (ce néologisme qui "n'langage que moi"), voilà qu'on passe tout à coup du rire au rictus et à la soupe à la grimace. C'est "langoisse", cette langue qui n'arrête plus de nous parler de ce qui nous menace. En attendant on cherche à faire avec, on s'occupe, on essaie de demeurer actif du ciboulot, on va voir des expos (pas trop), on préfère souvent taper le carton avec nos poteaux ou rester calfeutré chez soi pour soigner nos bobos "de vieux tableaux" ! Mais surtout on lit et relit. En l'occurrence un livre fort à propos : L'Antagonie de Serge Sautreau, un petit chef-d'oeuvre de poésie hors du commun. Hors du commun des mortels !
De l'humour à "l'humort" (ce néologisme qui "n'langage que moi"), voilà qu'on passe tout à coup du rire au rictus et à la soupe à la grimace. C'est "langoisse", cette langue qui n'arrête plus de nous parler de ce qui nous menace. En attendant on cherche à faire avec, on s'occupe, on essaie de demeurer actif du ciboulot, on va voir des expos (pas trop), on préfère souvent taper le carton avec nos poteaux ou rester calfeutré chez soi pour soigner nos bobos "de vieux tableaux" ! Mais surtout on lit et relit. En l'occurrence un livre fort à propos : L'Antagonie de Serge Sautreau, un petit chef-d'oeuvre de poésie hors du commun. Hors du commun des mortels !
Auteur, entre autres, de Frites l'amour, pas la guerre ou de Votez verres, votez alcoolos à septante ans (soixante-dix pour les étrangers), Jean-Pierre Verheggen a estimé qu'il méritait de se voir attribuer le 'Prix Nobelge'. D'où ce dossier de candidature comprenant le rappel des distinctions qu'il a déjà reçues ; son CV (à ne pas confondre avec son Ridiculum Vitae révélé au public en 2001 dans la collection Poésie/Gallimard) suivi de la liste des nombreux textes inédits qu'il entend soumettre à l'examen des membres du jury et même du nom des concurrents qu'il craint de devoir affronter (sans toutefois les redouter) : Henri Michaux et Marie-Thérèse Philippot en Wallonie, Hergé à Bruxelles mais, en revanche, personne en Flandre, même pas le Flamand de Lady Chatterley. Du Degré Zorro de l'écriture paru dans les années soixante-dix aux Éditions Christian Bourgois, dans la collection TXT, à L'Oral et Hardi, un choix de ses textes qui a valu à son metteur en scène et interprète Jacques Bonnaffé un Molière en 2009, Jean-Pierre Verheggen, comme l'écrit André Velter, 'n'a cessé de mener à bride abattue l'une des plus toniques chevauchées verbales. En liberté dans les fourrés et les coups fourrés du langage, Verheggen donne une oeuvre qui est à percevoir dans la résonance de sa voix, avec sa verve de grande déferlante, son swing de boxeur des lettres, sa fantaisie féroce et irrésistible'.
Auteur, entre autres, de Frites l'amour, pas la guerre ou de Votez verres, votez alcoolos à septante ans (soixante-dix pour les étrangers), Jean-Pierre Verheggen a estimé qu'il méritait de se voir attribuer le 'Prix Nobelge'. D'où ce dossier de candidature comprenant le rappel des distinctions qu'il a déjà reçues ; son CV (à ne pas confondre avec son Ridiculum Vitae révélé au public en 2001 dans la collection Poésie/Gallimard) suivi de la liste des nombreux textes inédits qu'il entend soumettre à l'examen des membres du jury et même du nom des concurrents qu'il craint de devoir affronter (sans toutefois les redouter) : Henri Michaux et Marie-Thérèse Philippot en Wallonie, Hergé à Bruxelles mais, en revanche, personne en Flandre, même pas le Flamand de Lady Chatterley. Du Degré Zorro de l'écriture paru dans les années soixante-dix aux Éditions Christian Bourgois, dans la collection TXT, à L'Oral et Hardi, un choix de ses textes qui a valu à son metteur en scène et interprète Jacques Bonnaffé un Molière en 2009, Jean-Pierre Verheggen, comme l'écrit André Velter, 'n'a cessé de mener à bride abattue l'une des plus toniques chevauchées verbales. En liberté dans les fourrés et les coups fourrés du langage, Verheggen donne une oeuvre qui est à percevoir dans la résonance de sa voix, avec sa verve de grande déferlante, son swing de boxeur des lettres, sa fantaisie féroce et irrésistible'.
Anges et porcs ; putti, putains, tueurs brutaux ou toucheurs, longuement attoucheurs : nous vivions dans un divin maquis. Nous y avions un bordel magnifique. Magnifiquement pornographique. Nous nous aimions ou nous nous détestions. Nous nous léchions à corps perdu. Nos rapports ludiques - ou lubriques ! - à la langue, fondaient l'unique source de notre biographie.
Rimbaud ? Oui ! mais le Rimbaud des Stupras et de l'Album Zutique. L'explosif Alboum-boum Zutique, qui continue de rendre fous et barjots un tas d'tâteurs de Rimb' aux lombes d'leurs propres doutes ! Ridiculisés et trouduculisés qu'ils soient tous ! Et performons, contre eux, à fond d'balle ! Ou mieux : mèreformons ! pour que naisse et renaisse, sans fin, ce Rimbaud-là ! Ange et Pource, à la fois. Petit Pourcet Rêveur (entre langage-cuit et Cuif !) et Pourciâ de son vernaculaire d'Ardennes. Oui ! Que nos mères en chient encore dix mille « des comme ça » !