Jean-Marc Desgent
Jean-Marc Desgent
Qui traverse ces chants nordiques, ces chants mystiques ? Sans doute un halluciné aux langues faites chairs blessées, surgissant de l'inexplicable, attentif au tourbillon desincantations chamaniques. Dans la continuité de son oeuvre magistrale, Jean-Marc Desgent assemble une « langue urgente, faite de grognements entiers, absolus », qui déstabilise tout autant qu'elle fascine, faisant chaque fois du poème le lieu d'une exploration inédite. Sorte de « fable testamentaire », Chants nordiques et chants mystiques décortique un Je multiple et multiplié, habité d'hommes et de femmes, de nomades, de réfugié·e·s, d'esprits ambigus, de vivant·e·s, de cadavres... Autant d'« entités douloureuses » qui demandent « Je, combien defois, combien de temps ». Qui répondent « Je, combien et de quelles manières ». Foisonnant et dense, ce recueil insaisissable peut se lire à l'endroit, à l'envers et dans tous les sens entre les deux, car Jean-Marc Desgent parle « le cassé d'être ».
Celui qui nous a habitué à une syntaxe décomplexée et urgente renoue ici avec les traditions anciennes en s'efforçant de raconter, en vers, aussi bien des événements historiques que des histoires inventées, des anecdotes sociales ou personnelles, s'aventurant même du côté des légendes et de la mythologie. Le rythme et le souffle de Desgent s'en voient transformés, les vers ayant pour fonction de cadencer les six récits qui composent le recueil, un peu comme si l'auteur nous invitait à marcher dans son imaginaire en battant la mesure. Tableaux d'hiver, tableaux d'été révèle ainsi une nouvelle facette du poète Jean-Marc Desgent, écrivain majeur de sa génération qui ne cesse pourtant jamais de se réinventer.
Et si nos dragons intérieurs étaient la dernière arme contre l’uniformité ? Ne calme pas les dragons de Jean-Marc Desgent explore, en vers percutants, la résistance des feux intérieurs face à un monde qui étouffe la singularité.