Jean Kehayan
Jean Kehayan
« Pour y aller, c'est très simple. Tu prends le métro à Kirov, après Marx tu changes à Place-de-la-Révolution, tu descends à Maïakovski, puis laissant derrière toi l'hôtel Pékin, tu longes la ceinture des jardins sur le trottoir qui fait face à l'ambassade du Chili, et tu tournes à gauche dans la rue du Prolétaire rouge, celle qui se trouve avant le théâtre de marionnettes d'Obraztsov. Impossible de te tromper. Il n'y a qu'un restaurant. » Un restaurant de Moscou. Les touristes n'y mettent jamais les pieds. On est ici entre Soviétiques, et l'on peut parler à coeur ouvert. Dans le calme. Le juke-box, en panne, ne risque pas de couvrir les voix. Travaillant en URSS au titre de coopérants, Nina et Jean Kéhayan s'y rendent à la moindre occasion pour discuter avec des Russes, des Arméniens, des Juifs, des Ouzbecks et tant d'autres... Communistes français, ils partagèrent intensément la vie quotidienne des Soviétiques. Pendant sept cents jours. Avec leurs deux enfants. Aujourd'hui, préoccupés de l'enjeu démocratique en France, ils témoignent. La course folle aux produits de toutes sortes, la paupérisation sexuelle, l'alcoolisme, l'enfance livrée à la propagande, le parti-réducteur-de-têtes... mais aussi l'autodéfense individuelle... et, lointaines, colorées, vivaces, les terres de Russie, de Géorgie, d'Arménie... Leur livre impose une vision sans précédent de l'Union soviétique. Pourtant, tout avait commencé pour eux par une histoire d'amour pour un pays, pour un peuple.
Entre mémoire et présent, Mes papiers d’Arménie retrace le voyage intime et politique de Jean Kéhayan, fils de rescapés du génocide de 1915.
Le Château de Moulinsart, c'est bien l'Élysée, bravo ! Le capitaine Haddock c'est bien Christian Poitevin et Tintin, votre serviteur. Mais, pour tout le reste, il n'y aurait que malveillance, voire bévue, à imaginer que Rastapopoulos est un homme d'affaires-député-ex-ministre et brasseur de vent force 10 sur la Licorne, que Bianca Castafiore s'est reconvertie dans l'écriture pour briguer un grand prix littéraire, que Pleksy-Gladz a été maire à poigne d'une ville portuaire pendant plus de trente ans, que le colonel Sponsz est un sinistre homme politique brun, jouant de la démagogie comme le commun des mortels s'adonne au hockey sur gazon. Pour être clair, quota est un nom commun et non propre. Maintenant, si l'imagination du lecteur est débridée au point d'imaginer que cette nouvelle aventure de Tintin se déroule en Provence (France), c'est qu'il prend ses désirs pour des réalités. Ce qui est certain - et vérifiable - c'est qu'une partie perdue par 593 points contre 29 433, ne saurait être une partie achetée. Une certitude affirmée haut et fort. Mille millions de mille sabords.