Jean-Jacques Régnier
Jean-Jacques Régnier
Et si la science-fiction était drôle ? C'est ce que proposent ces deux nouvelles - d'une actualité brûlante - racontant les aventures d'Ernest, une I.A. embarquée sur un vaisseau effectuant la navette entre la Lune et Callisto. Cette I.A., nommée Ernest se révèle, lors de ses échanges avec Raymond, le navigateur, retorse et aussi facétieuse... Jean-Jacques RÉGNIER (1945-2022) : informaticien, mélomane, musicien, chercheur développe des récits où l'humour prend les devants et où l'homme est ramené à sa condition, dérisoire et touchante.
Entre les îles d'Ouessant et le Raz de Sein, d'amples houles gonflent la mer d'Iroise. Çà et là, des écueils cernés de collerettes d'écume semblent aux aguets, dans les tourbillons creusés par les courants. On songe que dessous, des bateaux naufragés couchés sur le flanc, chevelus d'algues, se désagrègent lentement dans la nuit verte des abîmes. Le plus terrifiant de ces écueils, les Bretons le surnomment Roc'h an Diaoul, la Roche du Diable. Ils disent que Satan lui a donné le pouvoir d'attirer les vaisseaux. Malgré les avertissements et les signes du destin, un phare sera pourtant érigé sur cet îlot maudit. Les drames vont s'y succéder. Dans la colonne de granit battue par les tempêtes, s'exacerbent les passions et les désirs inavouables. La solitude et la folie libèrent les instincts, dans les superstitions et les sortilèges. Alors, la mort étend son ombre maléfique, et lorsque les derniers rayons du soir le colorent de rouge, le phare se dresse, sinistre, comme une pique ensanglantée. L'histoire est hallucinante du phare de Roc'h an Diaoul. Avec ce cadavre que la mer ramène à chaque marée, comme un remords. Avec la jeune anglaise naufragée recueillie par les gardiens, avec la vengeance impitoyable des oiseaux de mer, dans le rire fou du Diable et les sanglots des trépassés. Magistralement écrit, ce récit somptueux vous passionnera. Longtemps, il vous fera rêver.
De l'aphorisme comme un des beaux-arts Parallèlement à son travail d'auteur, Jean-Jacques mena de front une réflexion sur la science-fiction et son rapport singulier à l'Histoire, puisque, selon son point de vue, celle-ci ne serait qu'un cas particulier de la science-fiction, ce qu'il a démontré brillamment lors d'une conférence à l'université de Nice. D'un autre côté, il appliqua son sens de l'humour à la création de petits bijoux, des aphorismes, mais appliqué à la science-fiction, où se mêlent jeux de mots, construction absurde ou mise en valeur de l'absurdité de certaines pensées communes... Par exemple : ... INDICE C'est souvent quand ça ne marche pas qu'on voit mieux comment ça devrait marcher... E PLURIBUS UNUM Il est piquant, connaissant la définition du monothéisme, d'apprendre qu'il y en a trois différents.