Jean Cocteau
Jean Cocteau
Venez découvrir La Difficulté d'être, la biographie de Jean Cocteau, grâce à une analyse littéraire de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie de l'écrivain, le résumé détaillé, le mouvement littéraire, le contexte de publication de l'ouvrage et l'analyse complète. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
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Venez découvrir La Machine infernale, la pièce de théâtre de Jean Cocteau, grâce à une analyse littéraire de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie de l'écrivain, le résumé détaillé, le mouvement littéraire, le contexte de publication de la pièce et l'analyse complète. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
Venez découvrir Les Enfants terribles, le roman de Jean Cocteau, grâce à une analyse littéraire de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Cet ouvrage contient plusieurs parties : o la biographie de l'écrivain o le résumé détaillé o le mouvement littéraire o le contexte de publication du roman o l'analyse complète Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
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Plongez dans l'échange épistolaire inédit entre Jacques-Émile Blanche, peintre emblématique de la Belle Époque, et Jean Cocteau, génie littéraire du XXe siècle.
Du peintre Jacques-Émile Blanche on connaît surtout son fameux portrait de Proust. Né en 1861, influencé par Monet, Manet et Corot, il deviendra le portraitiste de la société littéraire, artistique, mondaine de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres. Mais il fut aussi écrivain et auteur d'une trentaine de livres (critiques d'art, romans, souvenirs...). Dans son atelier se croisent Fantin-Latour, Valéry, Mallarmé, Morand, Claudel, Anna de Noailles, la princesse Bibesco, Ravel... Ami de Cocteau, Blanche deviendra son correspondant privilégié. Leur correspondance couvre la période 1912-1939 et comprend soixante-quinze lettres de Cocteau et trente et une de Blanche, toutes inédites. La première partie relate leurs voyages, leur vie mondaine et leurs projets. Cocteau sollicite alors les conseils du 'maître'. Survient la Première Guerre mondiale, Cocteau s'engage comme ambulancier et parle de son expérience du front. À la fin de la guerre, les deux amis peuvent se consacrer plus amplement à leur travail, mais n'oublient pas d'évoquer dans leurs lettres les scandales politiques et la vie artistique de Montparnasse. Enfin, les dernières lettres reflètent une douloureuse expérience : Cocteau vient de perdre son ami Raymond Radiguet. Blanche est le seul à qui il ose encore se confier. Cette correspondance croisée offre de multiples considérations sur le travail et la vie de ces deux peintres-écrivains d'exception.
"Yvonne : La tête me tourne, j'ai fait une folie, une folie affreuse. J'ai fait... Michel : Parle-nous. Yvonne : Je ne peux pas. Je voudrais. Sauvez-moi ! Sauve-moi, Mik ! Pardonne-moi, Mik. Je vous ai vus ensemble, là-bas, dans le coin. Je me suis dit que je vous gênais, que je dérangeais les autres. Michel : Maman ! Yvonne : J'ai perdu la tête. Je voulais mourir. Mais je ne veux plus mourir. Je veux vivre ! Je veux vivre avec vous ! Vous voir... heureux."
"Yvonne : La tête me tourne, j'ai fait une folie, une folie affreuse. J'ai fait... Michel : Parle-nous. Yvonne : Je ne peux pas. Je voudrais. Sauvez-moi ! Sauve-moi, Mik ! Pardonne-moi, Mik. Je vous ai vus ensemble, là-bas, dans le coin. Je me suis dit que je vous gênais, que je dérangeais les autres. Michel : Maman ! Yvonne : J'ai perdu la tête. Je voulais mourir. Mais je ne veux plus mourir. Je veux vivre ! Je veux vivre avec vous ! Vous voir... heureux."
"Antigone est ma sainte", disait Cocteau. C'est pourquoi il a traduit et "contracté" la pièce de Sophocle. "... Parce que je survole un texte célèbre, chacun croit l'entendre pour la première fois." C'est dans Les mariés de la Tour Eiffel qu'on trouve la phrase célèbre : "Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur." Sur la première plate-forme de la tour Eiffel évolue une noce bourgeoise, qui vient se faire photographier, tandis que deux phonographes commentent l'action. Une bouffonnerie qui exprime toute la déconcertante poésie du banal.
"Antigone est ma sainte", disait Cocteau. C'est pourquoi il a traduit et "contracté" la pièce de Sophocle. "... Parce que je survole un texte célèbre, chacun croit l'entendre pour la première fois." C'est dans Les mariés de la Tour Eiffel qu'on trouve la phrase célèbre : "Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur." Sur la première plate-forme de la tour Eiffel évolue une noce bourgeoise, qui vient se faire photographier, tandis que deux phonographes commentent l'action. Une bouffonnerie qui exprime toute la déconcertante poésie du banal.
Lecture par André Falcon de la Comédie française en 1955. "Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité." Jean Cocteau "Thomas l'imposteur est le lieu clos d'un enjeu et d'un débat impossibles. Une lutte incessante entre le réel et l'imaginaire. Guillaume Thomas, l'imposteur, se fait passer pour ce qu'il n'est pas par amour pour Henriette. Il s'invente un destin de fils de Général... Mais en ce temps de la Grande Guerre (1914-1918) il doit aller jusqu'au bout de lui-même, et de son imposture. Il se forge un destin de héros qui l'emportera dans les tranchées, jusqu'à la mort, presque volontaire au cours d'une mission dangereuse. Tous les thèmes de Cocteau sont en germe dans cette oeuvre. Le dépassement de soi, jusqu'au bout, la réflexion sur la mort et le suicide et sur l'amour, la révélation de soi... avec par-dessus tout, la question du mensonge perçu comme seul révélateur poétique. André Falcon, Sociétaire Honoraire de la Comédie-Française, a été, dès 1946, l'un de ses plus jeunes membres. Très vite salué par une critique unanime, il est le partenaire des plus grands acteurs de l'époque. Après avoir "servi" le répertoire classique, il est de ceux qui n'hésitent pas à aborder le répertoire contemporain. Puis sa carrière évolue vers le cinéma, et la télévision, sans quitter toutefois complètement la scène. Mais en 1955, date de cet enregistrement, il fallait un certain courage pour enregistrer Thomas l'imposteur de Jean Cocteau. Les douleurs de la deuxième Guerre Mondiale étaient encore palpables et même si le génie de Cocteau était alors à son apogée, quoique controversé, nombre étaient ceux, parmi les critiques, qui continuaient de voir cet Imposteur d'un mauvais oeil..." Jean-Yves Patte & Patrick Frémeaux "Une trop grande liberté, un "fais ce que tu veux" commode, met la jeunesse dans l'impossibilité de désobéir, alors que rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles." Jean Cocteau - Poésie critique "Un texte mythique par un acteur inspiré. Brillant comme une larme." LE MONDE DE LA MUSIQUE"
"En face, à quelque distance, on distinguait le bloc d'une patrouille ennemie. Cette patrouille voyait Guillaume et ne bougeait pas. Elle se croyait invisible... - Fontenoy ! cria-t-il à tue-tête, transformant son imposture en cri de guerre. - Et il ajouta, pour faire une farce en se sauvant à toutes jambes : Guillaume II. Guillaume volait, bondissait, dévalait comme un lièvre. N'entendant pas de fusillade, il s'arrêta, se retourna, hors d'haleine. Alors, il sentit un atroce coup de bâton sur la poitrine. Il tomba. Il devenait sourd, aveugle. - Une balle, se dit-il. Je suis perdu si je ne fais pas semblant d'être mort."
Empruntant son sujet aux tragiques mystères des maisons d'Autriche et de Bavière, Cocteau met face à face une reine, veuve, vierge et déjà virtuellement morte, et son assassin, un jeune poète anarchiste venu pour la tuer, et qui est pour elle la mort qu'elle attend. Leur destin est donc scellé d'avance. Mais il se trouve que l'assassin est le sosie du roi tant aimé, et il ne veut tuer la reine que parce qu'il l'a de loin depuis toujours aimée...
Empruntant son sujet aux tragiques mystères des maisons d'Autriche et de Bavière, Cocteau met face à face une reine, veuve, vierge et déjà virtuellement morte, et son assassin, un jeune poète anarchiste venu pour la tuer, et qui est pour elle la mort qu'elle attend. Leur destin est donc scellé d'avance. Mais il se trouve que l'assassin est le sosie du roi tant aimé, et il ne veut tuer la reine que parce qu'il l'a de loin depuis toujours aimée...
Une femme seule dans une chambre en désordre téléphone à son amant qui vient de la quitter pour une autre. En partant de cette situation tristement banale, Jean Cocteau a écrit une mini-tragédie en un acte - un étrange "monologue à deux voix" fait de paroles et de silences - dans laquelle le téléphone joue un rôle essentiel. "Dans le temps, écrit Cocteau, on se voyait. On pouvait perdre la tête, oublier ses promesses, risquer l'impossible, convaincre ceux qu'on adorait en les embrassant, en s'accrochant à eux. Un regard pouvait changer tout. Mais avec cet appareil, ce qui est fini est fini." Créé en 1930 à la Comédie-Française par Berthe Bovy, ce texte a également été joué et enregistré par Simone Signoret. Il a été mis en musique par Francis Poulenc et adapté au cinéma par Roberto Rosselini, avec Anna Magnani dans le rôle-titre.
L'oeuvre de Jean Cocteau a en grande partie été publiée chez Grasset et est rassemblée ici pour la première fois en un seul volume. Bernard Grasset a entre autres publié les deux chefs-d'oeuvre que sont le roman Les Enfants terribles et les Portraits-souvenir. L'un, roman mythique, l'autre, modèle de mémoires poétiques, ces deux livres suffiraient à la gloire de n'importe quel auteur. Ce sont bien d'autres grands livres qu'a publiés Cocteau rue des Saints-Pères : le Journal d'un inconnu, Démarche d'un poète, La Machine infernale, tous marqués de la marque étoilée, scintillante, unique et immédiatement reconnaissable du « ton Cocteau ». L'ouvrage comprend un livre qui n'a pas été réédité depuis 1953, rassemblant les articles de Cocteau pour Paris-Jour, avec en particulier un éblouissant récit du défilé de la Victoire en 1919, Carte blanche, ainsi qu'une chrono-biographie. En couverture, un autoportrait inédit de Cocteau. Préface de Charles Dantzig
«?J'ai eu la chance de voir presque tous mes amis recevoir leur palme. Cependant une grande injustice pousse dans l'ombre de Jean Desbordes. J'adore et Les Tragédiens ne devaient jamais se dissoudre. En outre, Jean Desbordes est mort pour la Résistance, torturé rue de la Pompe. Plusieurs titres de gloire lui étaient dus. » Jean Cocteau Le 6 juillet 1925, Jean Cocteau répond à une lettre enthousiaste d'un tout jeune homme : « Venez me voir. » Le jeune homme s'appelle Jean Desbordes et, pendant sept ans, il va occuper une place de premier plan dans la vie du poète à la fois comme écrivain et compagnon de vie. Les lettres inédites de Jean Cocteau accompagnées de celles de Desbordes n'avaient jamais été publiées. Grâce aux archives mises à la disposition de Marie-Jo Bonnet par la famille de Jean Desbordes, on découvre pourquoi Jean Cocteau l'a aimé et pourquoi Jean Desbordes a suivi un autre chemin à partir de 1933, qui le mène à l'engagement dans la Résistance et à une mort héroïque à trente-huit ans, sous les coups de la Gestapo. Il meurt « pour la France » le jour anniversaire des cinquante-cinq ans de Jean Cocteau.
50e anniversaire de la mort de Jean Cocteau Paru en 1929 aux éditions Grasset, acclamés par la critique comme le chef-d'oeuvre romanesque de Jean Cocteau, Les Enfants terribles racontent l'histoire d'un frère et d'une soeur, Paul et Elisabeth. Paul est blessé à la sortie du lycée Condorcet par une pierre que Dargelos, un de ses camarades de classe, avait dissimulée dans une boule de neige. Convalescent, il garde la chambre où Elisabeth le soigne. Cette chambre devient le théâtre de ce qu'ils appellent « le jeu », c'est-à-dire une histoire qu'ils s'inventent chaque soir et dont ils sont les héros. Leur rêve se confond dangereusement avec la réalité ; Paul veut quitter « le jeu » ; Elisabeth veut l'y maintenir. La comédie cesse, commence la tragédie... Avec ce roman, Cocteau a montré qu'à l'enchantement de l'adolescence se mêlait le drame. En 1950, le livre a été adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville. Gloire encore plus grande, le titre du roman est devenu une expression courante de la langue française.
Pas facile d'élever des enfants pour Madame Lalune et Monsieur Lesoleil : lorsque l'un dort, l'autre travaille, et vice-versa... Mais l'éducation ne se confie pas n'importe qui, comme ils en feront l'expérience dans cet album très graphique. Présentant un jeu de typographie, de mise en pages et de couleurs, Drôle de ménage, publié initialement par Paul Morihien en 1948, est aussi beau que savoureux.
En 1928, cinq ans après la mort de Raymond Radriguet, lors d'une cure de désintoxication dans une clinique, Jean Cocteau, opiomane, écrit et dessine. Pour lui, il s'agit de la même activité, du même acte de créateur : "Ecrire, pour moi, c'est dessiner, nouer les lignes de telle sorte qu'elles se fassent écriture, ou des dénouer de telle sort que l'écriture devienne dessin." Ainsi, tout au long des jours, des instants, un livre naît sous nos yeux, fait de notations, de jeux avec les mots, de jugements de poète. Aux commentaires sur la littérature et les écrivains (Proust, Raymond Roussel) viennent s'ajouter des remarques sur le cinéma (Buster Keatin, Chaplin, Eisenstein, Buñuel), sur la poésie, sur la création, sur l'art. En thème lancinant, qui revient au détour de chaque page, c'est celui de l'opium. "Tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort. Fumer l'opium, c'est quitter le train en marche ; c'est s'occuper d'autre chose que de la vie, de la mort." Ainsi Jean Cocteau retrouve-t-il la grande tradition des poètes visionnaires, de Quincey, Baudelaire, et surtout Rimbaud.
En 1523, en Allemagne, on couronne un paysan, Hans, qui sera, sous le nom de Bacchus, roi pendant sept jours. Il se lance dans de grandes réformes, se réclame d'un Christ révolutionnaire, ami du peuple, dont il soulève pourtant la colère. Il finit mal. En 1951, Cocteau, au sommet de sa gloire, et qui s'est imprégné des livres sur la Réforme et Luther, propose, par la bouche de son héros, une explication de l'univers, où la vérité apparaît comme la valeur suprême. À la scène, l'écrivain a toujours représenté un éternel suspect (lui-même ?), selon des procédés dramatiques éprouvés, jusqu'au meurtre final. Ici, l'actualité compte autant que l'Histoire, par les attaques contre l'Église catholique, les revendications ouvrières, le rejet radical de l'ordre établi, l'évocation du désarroi de la jeunesse. Bacchus est, avec La Machine infernale, la pièce la plus importante de celui qui peindra, à la chapelle de Milly, le Christ en croix et le Christ ressuscité.
Un coffret de trois livres pour entrer dans l'oeuvre de l'un des auteurs les plus emblématiques du XXe siècle.
Cocteau, Paris. Cela semble un pléonasme. Jean Cocteau est né à Paris, Jean Cocteau est mort à Paris, Jean Cocteau a été Paris. Son appartement du Palais-Royal était un des points de rayonnement de la ville, qu'il illuminait de ses pièces de théâtre et de ses films. Voici, pour la première fois réunis en volume, des textes aussi rares qu'enchanteurs sur la ville-poète : « Comme les poètes, Paris est de toutes les villes du monde la plus voyante et la plus invisible. »Ce recueil est suivi de Notes sur l'amour inédites. Avec un dessin inédit de Jean Cocteau. Illustration de couverture inédite de Jean Cocteau.
« Le trait est ferme, délié. La main enchaîne sans hésiter boucles et lignes, angles morts et perspectives tronquées. Elle conduit sans répit ses arabesques et ne quittera la feuille qu'une fois son dessein accompli. Elle a la grâce des funambules et des fi l-de-féristes qui hantent l'imaginaire de Cocteau, depuis ses premières séances de cirque. À son meilleur, comme dans ces planches publiées en 1923 et pour la première fois rééditées, Cocteau semble dessiner directement avec l'oeil, seul organe à même de fi xer pour toujours ce qu'il perçoit d'emblée. Le petit ventre de notable d'Auric, boudiné par les boutons de son gilet, les joues poupines de Radiguet, gonfl ées par les céréales laiteuses de l'enfance, s'inscrivent durablement sur notre rétine. Le trait est un rayon laser émis par le troisième oeil d'un poète complet. »C.A.
"Je ne suis pas celui que vous croyez", disait souvent Cocteau. Ce souci de démystification, on le retrouve en filigrane dans le Journal d'un inconnu (1953) où parlant de l'inspiration, de la mémoire, du temps, de l'amitié, l'auteur nous découvre son vrai visage. Une écriture éblouissante pour une vérité toujours fuyante.
Oedipe, Jocaste, Antigone et Créon: voilà les personnages de Sophocle au filtre de Cocteau, qui modernise ici un drame connu, et transforme les dieux en machines infernales apportant le malheur sur terre. Dans cette pièce publiée en 1934, Cocteau s'amuse et surprend par l'infernale diversité de son style.
Voici la première édition française d'un livre que Jean Cocteau a publié en Allemagne en 1953, mais jamais en France. Démarche d'un poète forme avec La Difficulté d'être et Journal d'un inconnu une trilogie fondamentale dans son oeuvre esthétique. Le livre est constitué d'un ensemble de réflexions sur la littérature, la peinture, le dessin, le cinéma et même la tapisserie. Cocteau s'interroge sur les forces inhérentes à la création, sur son étrange proximité avec le sexe, et se peint lui-même. Il évoque ses rencontres avec Stravinsky, Picasso, Radiguet, Proust, sa rupture avec les surréalistes... Les pensées et les confessions d'un grand poète.Édition et préface de David Gullentops.
Le coq et l'arlequin, qui a pour sous-titre Notes autour de la musique est le premier écrit de Poésie critique qui préfigure les textes de 1959 et 1960 (Poésie critique I et II). Cocteau, qui a déjà collaboré avec Diaghilev et Nijinsky à la création du ballet Le Dieu bleu, prend parti contre les détracteurs de Stravinsky et défend Erik Satie. Avec Parade, créé en 1917, Satie faisait du cirque un mode d'expression artistique, et c'est dans cette lignée que les Six sont lancés par Cocteau et le critique musical Henri Collet en janvier 1920. Ces six-là, ce sont Darius Milhaud, Francis Poulenc, Arthur Honegger, Georges Auric, Louis Durey et Germaine Tailleferre, soit la fine fleur de la création musicale contemporaine.
Le mythe d'Orphée, revisité par Jean Cocteau, prend un tour pour le moins léger et fantaisiste : loin du drame antique, la pièce de Cocteau joue sur l'anachronisme, le spectaculaire et l'insolite grâce à d'extraordinaires effets scéniques et à de savoureux dialogues. Cette pièce, d'une étonnante originalité, a été créée au Théâtre des Arts à Paris le 17 juin 1926.
Tête d'affiche et tête de Turc, tel est le sort paradoxal fait à Cocteau tant que l'aigle allemande étend son ombre sur la France. Les critiques ont beau l'injurier et déchaîner contre lui des 'boy-scouts criminels', ses pièces, ses mises en scène, ses scénarios triomphent : Renaud et Armide, L'Éternel Retour, Antigone à l'Opéra. Après la Libération, et même si ce défenseur de Max Jacob, ce compagnon d'Éluard n'a pas à être 'épuré', il entre dans une période de persécution silencieuse. Il mettra de longues années à sortir de cette semi-disgrâce. Cause unique : un article consacré en 1942 à l'artiste favori de Hitler, le "Salut à Breker" lancé par bravade, comme un acte gratuit, au nom de la liberté et de la fraternité des artistes, à l'abri de l'histoire et de tout mot d'ordre. Il ne 'comprend rien à la politique' et le démontre de façon consternante en notant, avec une crédulité voisine de l'inconscience, les propos du sculpteur allemand. Cocteau voit passer des aventuriers, des opportunistes, des "zazous", des académiciens ; il s'attarde sur Picasso, Valéry, Colette, et sur Genet découvert en 1943. Les événements de la vie culturelle ou mondaine provoquent sa verve, alimentent un esprit parfois malveillant, fournissant à sa chronique des épisodes cocasses. Toutefois des pages graves et intimes, sur l'expérience du délaissement, sur la mort de sa mère, ruinent la fable de l'écrivain frivole et nous ramènent à ce qu'il va bientôt appeler "difficulté d'être".
On s'en doute, quand Jean Cocteau se livre à un Essai de critique indirecte (1932), c'est encore, et toujours, pour célébrer des vic- toires de l'art, les ressources de la poésie et les aligner dans un écrin de notes, d'apho- rismes et d'anathèmes étourdissants. Le peintre italien De Chirico, qui " emploie le trompe-l'oeil comme un criminel rassure sa victime ", lui sert de mise à feu et de fil rouge. Ce fil pendule bientôt du côté de Picasso et de Mirô... Cocteau ouvre ainsi une réflexion sur le sens de l'oeuvre, de la figu- ration, du symbole. Il l'éclairé par des réfé- rences à Stendhal ou Stravinski. Ce qui arrête et fascine ici, c'est la grâce avec laquelle l'auteur de Thomas l'imposteur glisse d'un peintre à l'autre (Braque, Matisse), d'un écrivain à l'autre (Baudelaire, Nietzsche), d'un musicien à l'autre (Wagner, Beethoven). Cet Essai de critique indirecte tient du fourreau et de la palette. Il tire l'épée et le pinceau. Il pointe profondément (" la mort est morte, tuée par le plaisir ") ; il brosse légèrement (" l'élégance consiste à ne pas étonner "). Ecrit d'une " encre à cerner les fantômes ", il éblouit toujours. Cocteau multiplie les variations sur les ana- logies, les calembours, l'art comme mania- querie, le " beau neuf ", le rêve, la vitesse, l'architecture grecque. Le poète apparaît ici dans toute sa splendeur, sûr de ses pou- voirs et de ses édits. " II y a les poètes et les grandes personnes. " Cocteau, cet éternel enfant, s'amuse : " Je suis un empê- cheur de danser en rond. " II zigzague génia- lement, narguant une époque " cabrée contre l'individu ".