Jean Céard
Jean Céard
La tératologie, au sens moderne du terme, est la science des monstres ; à la Renaissance, il s'agissait plutôt de la discipline qui traite des prodiges. Jean Céard, historien de la culture de la Renaissance, étudie dans ce livre, devenu un classique, par quelles voies la tératologie a changé d'objet. A la fois merveille et présage, le monstre conduit l'auteur à définir le concept de signe et à analyser l'importance de la divination à la Renaissance ainsi que la notion fondamentale de la variété des choses : il écrit ainsi quelques chapitres de cette histoire de la représentation de la nature à la Renaissance dont les historiens ont coutume de déplorer l'absence. Il renouvelle du même coup la connaissance de grandes oeuvres littéraires comme il traite de l'abondante littérature des « canards ». Jean Céard propose enfin la première étude globale de la matière si disparate de l'histoire prodigieuse.
À la différence des pensées antiques qui, invitant à se connaître soi-même, détachent l'âme du corps, la pensée chrétienne élabore une conception du corps étroitement solidaire de l'âme : celle-ci n'est tout à fait elle-même qu'unie au corps qu'elle anime. Or la médecine sait à quel point la vie intérieure du corps nous échappe. Si la Renaissance est ardemment attentive à l'anatomie, de grandes pensées expriment de fortes réserves sur la validité de ce savoir qui pourrait bien n'être qu'un trompe-l'oeil. Plus généralement comment définir le rapport de l'âme et du corps ? Les métaphores qui tentent de le décrire sont aussi nombreuses qu'imparfaites, comme est vif l'intérêt pour ces individus qui vivent ce rapport dans l'incertitude, l'instabilité ou l'inquiétude : le lycanthrope, qui, comme on dit alors, « se met en loup », l'ensorcelé, le fou. À défaut de pouvoir scruter l'intimité des corps, d'être en état d'en franchir la clôture, il faut mettre en place des procédures indirectes d'observation, édifier un complexe savoir conjectural qui sache repérer et croiser les signes. Nous n'avons pas complètement renoncé à ces représentations.
1578 : un poète humaniste relève le défi des chants sacrés. Hymnes ecclésiastiques offre une traduction audacieuse des hymnes chrétiens, mêlant tradition liturgique et innovation poétique pour rivaliser avec le Psautier protestant.