Jacquot Grunewald
Jacquot Grunewald
Dans les bas-fonds d’une capitale où la violence est reine, une jeune femme se réveille, bâillonnée, face à un homme dont le regard la glace.
Jamais encore l'on avait vu un rabbin prendre la plume pour s'adresser à Jésus en personne, d'homme à homme, de Juif à juif, de rabbin à rabbin. Jacquot Grunewald, pétri d'érudition talmudique, et ayant pris le temps de se pencher sur la critique historique que les chrétiens font eux-mêmes de leurs Evangiles, ose interpeller Jésus en toute fraternité, et se permet même de l'apostropher, sans complaisance aucune, au sujet des gestes et des paroles que lui prête la tradition. Tradition qu'il remet d'ailleurs en cause sur plus d'un point, apportant un éclairage tout à fait nouveau sur certains épisodes de la vie de Jésus, comme la multiplication des pains, l'entrée à Jérusalem ou surtout la Cène. Ecrite à la manière d'un journal-pèlerinage, qui adopte le calendrier des fêtes juives, cette lettre d'un rabbin d'aujourd'hui manie avec autant de talent le genre épistolaire que l'analyse théologique. A l'heure où le monde entier célèbre le Jubilè, ce livre inaugure une nouvelle ère du dialogue judéo-chrétien : celle d'une explication franche et directe sur les fondements d'un long malentendu, au-delà des rancunes ancestrales . . .
« Pourquoi des Juifs de nos jours s'habillent-ils en cosaques, dont l'uniforme rappelle les tueries des pogroms ? Quel rapport y a-t-il entre le Mur patiné depuis des siècles par la caresse des baisers des amants de Sion et cette même muraille érigée par le plus sanguinaire et le plus mégalo roi des Juifs, qui le détestaient ? Quand les nazis ont commencé à tuer les fous garantis aryens, l'Église est intervenue. Mais les évêques allemands n'ont jamais défendu les Juifs. Ceux-là, ils étaient trop fous. Trop fous pour vivre. Ils déraisonnaient au point d'affirmer que le Messie n'était pas encore venu et que l'Église n'était pas une religion d'amour. Sont-ils fous ou incompris ? Quand les préceptes religieux s'en mêlent, les deux qualificatifs se conjuguent et ça n'arrange rien. »
Quand un spécialiste du Talmud se pique de littérature policière, le lecteur entre dans un univers à la fois familier et déroutant ; familier par le cadre, déroutant par le mode de raisonnement. Le rabbin Théodore Fix accourt à Jérusalem, au chevet de son petit-fils blessé dans un attentat. De retour à Paris, il n'aura de cesse de vérifier ses intuitions, de donner corps à ses soupçons. Un livre écrit par temps d'intifada, quand la raison et la dérision triomphent des crédulités ordinaires.
Dans le tumulte du carnaval, un homme est assassiné au coeur du ghetto, le vieux quartier juif de Venise. Ce franciscain, que l'on disait antisémite, porte sur sa blessure un parchemin datant du Moyen Âge. Vengeance ? Acte d'un fantôme du XVIe siècle tout droit sorti de sa tombe ? Tandis que l'on évoque la présence inquiétante d'un individu vêtu d'une cape noire, coiffé d'un tricorne et masqué d'une bauta, la police italienne se hâte de mettre en sommeil le dossier et la police française piétine. Un seul homme peut démêler les fils de cette sombre affaire : le rabbin Fix. Son arme : le Talmud.