Jacques Izoard
Jacques Izoard
Découvrez Voix, vêtements, saccages, un recueil de poèmes fulgurants où Jacques Izoard explore la matérialité des mots et la sensualité du quotidien.
Un lyrisme en charpie peut garder la douceur du bleu. Les textes de Jacques Izoard tentent la réconciliation désespérée : celle des corps unis dans le même vertige, la vie qui passe. On reconnaîtra dans ce recueil les thèmes préférés de l'auteur, ses récifs : les pleins et les déliés ; les nus et les dénudés ; les roueries des corps et les caresses. Vêtu de sa seule haleine, dévêtu de sa peau, le poème nous libère de nous-même.
Ici, les poèmes délimitent d'innombrables espaces : le corps - le sien et celui des autres - fait figure de pavois ou de continent proche. Il ne constitue pas un tout, mais une infinité de régions toujours neuves, de petites patries intimes. Le corps, dans la maison, vit dans la coque d'un navire pétrifié. Bien sûr, la maison contient toutes les maisons, avec leurs infimes labyrinthes, leurs corridors sans fin. Paradoxalement, elle englobe aussi le pays tout entier, devenant maison commune, maison de passage. L'on reconnaîtra, dans ces poèmes-ci, la Wallonie et ses paysages en filigrane. Le coeur du livre ne serait-il pas cette incantation où vit la Batte, qui n'est autre qu'un célèbre marché du dimanche matin, à Liège précisément ? Quant aux tumultes, ils ne font qu'aviver vertiges et désastres.