Henri Spade
Henri Spade
Selon une tradition talmudique, au premier matin du monde était Lilith. Dieu l'avait créée en même temps qu'Adam afin qu'il y eût un couple d'humains qui régnât sur les couples d'animaux et sur toute la création. C'est le Paradis terrestre en attente d'amour. Mais la première nuit, Lilith se refuse à l'homme. Elle ne veut pas lui être soumise. Le feu du ciel consume l'orgueilleuse qui contredit l'ordre. Il y eut un second matin. Au réveil, Adam découvre à côté de lui Ève, aussi blonde et douce que Lilith était brune et dure. "L'Ève éternelle" fait de la faiblesse une force, de la coquetterie une arme, de la soumission une victoire. Le monde est prêt pour le bonheur. Mais déjà le serpent...
1940–1944 : la France sous l’Occupation, entre collaboration et résistance. Dans ce court essai percutant, Henri Spade interroge la mémoire collective et dénonce la vision réductrice d’une époque souvent réduite à ses ombres.
Françoise, quarante-sept ans. Un fils de vingt-deux ans, une fille de onze. Son premier mari l'a abandonnée, le second est mort en montagne. Ferme elle est : de corps, de coeur, de tête. Trempée, hâlée, vigoureuse et rigoureuse. Droite, la tempête finie, à l'avant de son bateau, et guettant les récifs en chantonnant jusqu'à la prochaine. Belle, comme intouchable par le temps. Françoise, femme dans le vent, écrit, dessine des maquettes d'affiches, gère son domaine viticole du Var, se bat et gagne, dans les affaires comme au tennis et au ski, entraîne les autres, les domine et vit. Les chagrins, la lutte, les victoires semblent l'avoir préservée. Françoise a quarante-sept ans ? Qui le croirait ? À l'approche de la cinquantaine, elle n'a pourtant, emportée dans son tourbillon, pas vu venir cette épreuve difficile de son existence que l'âge lui réserve. Elle a cru en son dernier amour. Il lui restera « Une heure pour chanter ». Après ses romans de guerre (« La Polonaise », « Le temps des cerises », « La renaissante ») et un second cycle, où l'homme trouvait son accomplissement dans l'amertume (« La Berthe »), la mort (« Le chant de Maiore ») ou l'amour et la paix (« La grimpe »), Henri Spade brosse ici le portrait d'une femme moderne, qui n'a pas attendu les campagnes féministes pour, sans complexes, affronter les hommes, compagnons, amis, amants, rivaux, adversaires, amoureux, camarades, mais jamais dieux ni esclaves. « Une heure pour chanter » offre à la fois un portrait psychologique, une étude de moeurs, et une forte histoire d'amour, au dénouement pathétique.
"Un chant d'amour est né sur Maïoré la ville, et ceux qui l'entendront seront sauvés par lui..." Liana rêve de Maïoré. Mais Maïoré se mérite. Pour tenter de la rejoindre, Liana doit quitter son père, Aldo, le Capitaine, les Varelli, Hans... et tant d'autres personnages attachants, dont elle rejette la tendresse. L'amour est un maître et Liana, la cruelle, brise toutes les chaînes pour ne reconnaître qu'un seul tyran : Maïoré. De départ en départ, de sacrifices en adieux, Liana se dépossède peu à peu des êtres qu'elle aime et des paysages familiers. C'est les mains nues et libre, disponible, qu'elle veut parvenir à Maïoré, où est né le chant d'amour qui l'obsède.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Henri Spade a écrit un livre à la fois visuel et succulent, on y court après les images d'autrefois, et l'on y savoure les meilleures photos d'aujourd'hui. La Céline, la paysanne, la mère, est cette déesse agreste, cette grand-mère éternelle qui demeure, de bout en bout, le point de référence du conteur, car elle regarde de l'autre côté de la montagne, dans cette campagne ancestrale où se nouent toutes les destinées. Mais la Céline pousse aussi le narrateur à travers la ville : il nous donne une vraie leçon de choses, à la corbeille du théâtre des grands de ce monde. Il sait nous faire rire aux larmes par ses histoires truculentes, inédites et pleines de couleurs. Ces souvenirs d'autrefois, qui se balancent avec la mémoire du présent, donnent le ton à ce livre tonique et d'une vigueur éclatante. Un livre à dévorer, pour tous ceux qui ont faim de la vie, un livre à lire pour réapprendre à rire, au-delà de la tristesse de ce monde.