Henri Pirenne
Henri Pirenne
Constantinople, Venise, Alexandrie : ces villes ont traversé les siècles, survivant aux empires et façonnant l’histoire.
Des Mérovingiens aux Carolingiens la compréhension du pouvoir n'a point changé. Les seconds sont seulement plus forts, moins corrompus que les premiers, et ils bénéficient du prestige dont l'un d'eux, Charles Martel, revêt sa race en barrant à Poitiers la route à l'invasion arabe montée du sud à travers l'Espagne. Au début, les princes mérovingiens s'étaient montrés débauchés, traîtres, pillards ; à la fin, ils avaient mérité le sobriquet de « rois fainéants » laissant tomber le pouvoir aux mains des « maires du palais ». L'un de ces fonctionnaires, Pépin d'Héristal, ayant pris le titre de duc des Francs (687) exerça dès lors un pouvoir absolu. Son fils, Charles Martel, fut roi de fait ; son petit-fils Pépin le Bref fut roi de droit (752) son arrière-petit-fils Charlemagne devint empereur (800)...
« Mahomet et Charlemagne » : Un grand classique de l'histoire qui nous éclaire sur les invasions arabes et turcs en Europe au Moyen-âge. Etude historique construite en deux parties : PREMIÈRE PARTIE : L'EUROPE OCCIDENTALE AVANT L'ISLAM suivi de DEUXIÈME PARTIE : L'ISLAM ET LES CAROLINGIENS. Avec 3 cartes hors texte en fin d'ouvrage. Henri Pirenne était Membre de l'Académie royale de Belgique Associé de l'Académie des inscriptions et belles lettres de France, Professeur émérite de l'Université de Gand. Format professionnel électronique © Ink Book édition.
L'ouvrage qui suit est l'une des oeuvres majeures de l'historien belge Henri Pirenne qui examine ici l'histoire de l'Europe depuis les invasions barbares jusqu'au XVIe siècle. Plusieurs thèmes y sont abordés, tels que l'effondrement de l'Empire romain et les invasions barbares, le rôle de l'Église ou bien encore l'émergence du système féodal et plus tard des États-Nations. Il s'agit ici d'une analyse approfondie de l'histoire de l'Europe médiévale et de sa transition vers l'époque moderne, analyse dont la force est de mettre en évidence les interactions complexes entre les forces politiques, économiques, sociales et culturelles qui ont façonné le continent européen. Cette nouvelle édition illustrée est optimisée pour la lecture au format numérique.
"Ce petit livre contient la substance de leçons faites dans diverses Universités des États-Unis d'Amérique. (...) On ne trouvera rien ici d'un manuel didactique. Je me suis simplement proposé de consacrer un essai de synthèse à l'un des sujets les plus intéressants de l'histoire sociale de l'Europe. J'espère que l'on m'excusera de n'avoir pu résister à la tentation de décrire, après de longues années de recherches spéciales, les grands mouvements de l'évolution urbaine depuis la fin de l'Antiquité jusque vers le milieu du XIIe siècle" - H. Pirenne Considéré comme l'inspirateur de l'école historique française dite École des Annales, Henri Pirenne (1862-1935) était un médiéviste belge dont la contribution à l'histoire médiévale reste essentielle. Le texte qui figure dans cette édition est suivi par un article intitulé "Villes, marchés et marchands au moyen âge", publié dans la Revue Historique en 1898.
Sans Mahomet, Charlemagne n'aurait jamais été empereur ! De quand date vraiment la chute de Rome ? Pourquoi passe-t-on de l'Antiquité au Moyen Âge ? À ce vieux débat, Henri Pirenne apporte une réponse révolutionnaire : au VIIe siècle, la disparition du monde romain n'est pas le fait des invasions germaniques, mais de l'incursion de l'islam en Méditerranée, un nouveau pouvoir qui interrompt les échanges pluriséculaires entre Orient et Occident. Isolés, la papauté et le monde franc ont été contraints de se recomposer en chrétienté autonome. À la fois séduisante, provocatrice et accessible, la thèse de Henri Pirenne a suscité de nombreuses vocations chez les historiens, les archéologues ou les économistes. Adulée ou contestée, cette étude fondatrice, devenue un classique, alimente aujourd'hui plus que jamais le débat.
La thèse qui a bouleversé la perception du Haut Moyen Age occidental et compte désormais parmi les classiques. Selon Henri Pirenne, l'avancée de l'islam serait à l'origine de la rupture avec l'Antiquité. Séparant définitivement l'Orient et l'Occident, elle aurait mis fin à l'unité méditerranéenne et repoussé l'axe de la civilisation du Sud vers le Nord. L'État franc, confiné au Nord, aurait donné naissance à un monde nouveau : le royaume mérovingien, dans lequel la dynastie des Carolingiens s'imposait. Le Moyen Age commençait. Et Pirenne de conclure par cet aphorisme célèbre : " Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable. " Cette thèse, qui aujourd'hui encore suscite de nombreux débats, occupa Henri Pirenne durant les vingt dernières années de sa vie. Elle compte désormais parmi les classiques.
La fin du viiie siècle de notre ère a vu se réaliser dans l'Europe Occidentale un état de choses sans précédent. Pour la première fois depuis l'aurore des temps historiques, le foyer, non seulement du mouvement politique, mais du mouvement général de la civilisation, s'y est transporté du bassin de la Méditerranée dans celui de la mer du Nord. Le pivot de l'Empire romain était en Italie ; celui de l'Empire carolingien est situé dans la région comprise entre le Rhin et la Seine... De tout ce qu'il était alors naturel et rationnel de prévoir, rien ne s'est réalisé. Brusquement, un événement imprévu s'est jeté au travers du courant de l'histoire, a interrompu la série de ses causes et de ses conséquences, l'a fait en quelque sorte refluer sur soi-même, et, par ses répercussions inattendues, a coupé court à la tradition. L'invasion musulmane à laquelle, du vivant même de Mahomet (571-632), personne n'avait pu ni songer ni se préparer, s'est abattue sur l'Univers avec la force élémentaire d'un cataclysme cosmique. Il ne lui a pas fallu beaucoup plus de cinquante ans pour s'étendre de la mer de Chine à l'océan Atlantique. Rien ne résiste devant elle. Du premier choc, elle renverse l'Empire perse (637-644) ; elle enlève successivement à l'Empire byzantin la Syrie (634-636), l'Égypte (640-642), l'Afrique (698), l'Espagne (711), la Corse, la Sardaigne, les îles Baléares, l'Apulie et la Calabre. Sa marche envahissante ne cessera qu'au commencement du viiie siècle...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Aux alentours de 1285, date de l'avènement de Philippe Le Bel, le Moyen Âge se désagrège lentement, et tout ce qui caractérisait le monde médiéval se délite peu à peu : l'Église, l'Empire perdent de leur prestige, l'ordre social fondé sur la féodalité est en voie de transformation profonde, des idées nouvelles comme celle de l'État monarchique se précisent. Mais cette évolution n'ira pas sans deux cents ans de luttes, de crises, de guerres, de ruine économique, d'insécurité des échanges commerciaux, de faillite des industriesA partir de 1453, l'Europe cherche à fonder les principes de sa restauration. Les cadres politiques se précisent et se simplifient, les échanges commerciaux s'accélèrent, et la passion humaniste tente de ressusciter la splendeur de la civilisation antique.
Aux alentours de 1285, date de l'avènement de Philippe Le Bel, le Moyen Âge se désagrège lentement, et tout ce qui caractérisait le monde médiéval se délite peu à peu : l'Église, l'Empire perdent de leur prestige, l'ordre social fondé sur la féodalité est en voie de transformation profonde, des idées nouvelles comme celle de l'État monarchique se précisent. Mais cette évolution n'ira pas sans deux cents ans de luttes, de crises, de guerres, de ruine économique, d'insécurité des échanges commerciaux, de faillite des industriesA partir de 1453, l'Europe cherche à fonder les principes de sa restauration. Les cadres politiques se précisent et se simplifient, les échanges commerciaux s'accélèrent, et la passion humaniste tente de ressusciter la splendeur de la civilisation antique.