Guillaume Vallet
Guillaume Vallet
La cognition a longtemps été pensée comme opérant dans la tour d'ivoire que serait le cerveau, le corps et l'environnement tenant un rôle secondaire. Pourtant, nos connaissances exprimées par le langage attribuent une place essentielle aux états corporels. L'approche incarnée et située de la cognition défend justement l'idée d'une cognition enracinée (incarnée) dans nos interactions sensori-motrices présentes et passées avec notre environnement physique et social. Elle est « située » car elle ne peut être envisagée indépendamment des situations dans lesquelles elle prend naissance. Dès lors, c'est l'action (l'inter-action) qui est à l'origine de la cognition et oriente sa dynamique. Le monde ressenti (par opposition au monde physique) n'est pas pré-donné, mais au contraire projeté, ou énacté, dans une sorte d'espace-temps cognitif. En retour, cette incarnation ou projection de l'organisme définit et limite l'expression de la cognition. Par conséquent, la cognition émerge de l'état global du système et de ses perpétuelles modifications. Ce livre présente les bases théoriques de l'approche incarnée et située de la cognition en les illustrant notamment dans l'étude du vieillissement cognitif. EXTRAIT La perspective connexionniste n'est pas récente (pour une revue exhaustive de la question, voir Medler, 1998). Elle était déjà présente chez des auteurs comme Spencer (1855a, b), James (1890) et Thorndike (1932) ; mais ce sont les travaux de Lashley (1950) et ceux de Hebb (1949) qui vont inspirer le développement actuel du connexionnisme. En étudiant l'apprentissage chez l'animal avant et après lésions, Lashley (In Search of the Engram, 1950) est arrivé à la conclusion que les aires corticales peuvent se substituer les unes aux autres et que c'est davantage le volume de tissus détruits que la localisation des lésions qui explique les difficultés d'apprentissage. Ces données l'ont conduit à soutenir que l'apprentissage est un processus largement distribué sur l'ensemble du cerveau et non spécifique à une aire particulière. Depuis lors, plusieurs travaux sont venus confirmer les idées de Lashley et notamment celle de la plasticité neuronale (e.g., Grossman et al., 2002). Les connexionnistes reprendront à leur compte le caractère distribué de l'apprentissage. À PROPOS DES AUTEURS Les auteurs sont tous trois des spécialistes du sujet. Rémy Versace est professeur de psychologie cognitive à l'Université Lumière Lyon2 et dirige une équipe de recherche au sein du laboratoire d'Études des mécanismes cognitifs. Denis Brouillet est professeur des Universités à l'Université Paul Valéry Montpellier3, au département de psychologie, membre de l'équipe de recherche Dynamique Cognitive et Sociocognitive Émergente de l'Unité de recherche Epsylon. Guillaume Vallet est, quant à lui, maître de conférences en psychologie à l'Université Clermont Auvergne et membre du laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive (LAPSCO).
Sociologie du genre, une sociologie que l’on pourrait décliner au pluriel tant les approches sont diverses. SI certains sociologies voient dans le genre la « part sociale » du sexe, d’autres sont plus radicaux et pensent d’emblée le genre comme un système fonctionnant sur l’idée de binarité et de domination masculine. Cet ouvrage commence donc par présenter de façon didactique l’éventail de ces théories. Il développe ensuite des analyses empiriques dans des domaines aussi variés que les sphères domestique et professionnelle, l’école, la politique ou le sport. Partout, un même constat s’impose : les identités genrées, incontournables, qui ont accompagné le développement des théories du genre. Ces évolutions sont-elles radicales et remettent-elles en cause le cœur de la masculinité et de la féminité ? Dans cet ouvrage Guillaume Vallet, maître de conférence à l’université de Grenoble, montre la fécondité du concept de genre dans l’analyse des relations sociales. • Qu’est-ce que le genre ? Une présentation par les concepts • Les masculinités • Des femmes en luttes • Sphère domestique et sphère professionnelle : une relation au cœur du genre • Genre et école • Genre, corps et sport
En tant que variable sociodémographique, système sociétal hiérarchisé et grille de lecture analytique de la réalité économique, le genre est de plus en plus mobilisé dans les recherches, comme dans les enseignements. La publication d'un ouvrage sur l'Économie politique du genre vise à contribuer à cette tendance de façon novatrice. En s'appuyant sur une démarche d'économie politique, il cherche à mettre en avant l'intérêt d'une telle approche pour la discipline. Dans cette perspective, il s'appuie sur 3 grands axes : 1. Un axe théorique et épistémologique permet de préciser les originalités du champ et de proposer l'orientation globale de l'ouvrage. Ce premier axe vise aussi à affirmer les différences avec la sociologie du genre. 2. Un axe inégalités dresse un panorama des champs économiques dans lesquels la présence des inégalités de genre constitue une forte incitation à s'appuyer sur l'Économie politique du genre (école et marché du travail essentiellement). Celle-ci permet à la fois de repenser l'analyse de la réalité économique, comme la mise en oeuvre des politiques publiques traitant ces inégalités. 3. Un axe international mobilise l'Économie politique du genre pour traiter des questions relatives au développement et au cas des institutions internationales, en particulier les banques centrales. Ce livre s'adresse essentiellement aux étudiants de master et de doctorat en sciences économiques, mais son contenu est susceptible d'intéresser un public plus large : étudiants en licence de sciences économiques, étudiants d'autres sciences sociales, et toute personne intéressée par les questions relatives au genre.