Guillaume Peureux
Guillaume Peureux
Lire la poésie, la réciter, l’étudier, l’interpréter, ce n’est pas seulement savoir en compter les syllabes et s’assurer de la conformité du poème à l’idée que l’on se fait de la justesse métrique. C’est surtout en comprendre les mécanismes de fabrication les plus profonds, saisir les choix individuels et collectifs qui y président, considérer les négociations d’un poète avec les traditions formelles qui encadrent son écriture, savoir comment s’articulent langue et poésie. Ce livre retrace l’histoire du vers français, de la fin du XVe siècle à aujourd’hui. Alliant perspectives d’ensemble et microlectures, il offre un regard renouvelé sur de nombreux poèmes, canoniques ou non. On y trouvera aussi un examen des théories savantes de la versification et des représentations subjectives dont le vers peut être l’objet. Enfin, on y verra comment des usages ont pu devenir des principes, et comment peuvent naître toujours de nouvelles formes. Guillaume Peureux est maître de conférences à l’université de Rennes-2 et Associate Professor à l’université de Californie à Davis. Il est spécialiste de la littérature française du XVIIe siècle et des formes poétiques. Il a notamment publié un ouvrage sur Saint-Amant ( Le Rendez-vous des enfans sans soucy. La poétique de Saint-Amant, Champion, 2002), édité La Mariane de Tristan l’Hermite (GF, 2003) et les Poésies de Pierre Motin (STFM, 2006).
Seize récits cruels et poignants, par la grande dame française de la nouvelle. Un cambrioleur est pris au dépourvu lorsque la femme âgée qu'il vient dépouiller le prend pour son petit-fils et l'invite à rester déjeuner ; une femme retraitée s'imagine le voisin qu'elle entend par la cloison de son appartement sous les traits d'un possible compagnon de vie, jusqu'à ce qu'elle découvre qu'il n'a que dix-huit ans ; mû par la gourmandise, un garçon s'arrête dans la rue pour manger des loukoums et tarde à transmettre un message qui aurait dû sauver la vie d'un homme ; trente ans après, on le retrouve obèse et perclus de culpabilité... Autant d'instantanés d'une rare maîtrise reprenant les thématiques obsessionnelles d'Annie Saumont, ces bribes de vie de personnages solitaires, marginaux, exclus, brisés par les drames de l'existence. Mais, en contrepoint de toute cette misère, on trouve aussi dans ces pages une humanité bouleversante. Inlassablement, Annie Saumont explore le genre à part de la nouvelle avec un style unique : cette langue épurée, tout en ellipse, où la sonorité des mots et des phrases compte autant que leur sens.