Gilles Le Béguec
Gilles Le Béguec
La loi de 1901 est née des débats consécutifs à l'Affaire Dreyfus. Le vote de cette loi de liberté restait bloqué depuis les années 1880, de crainte de légaliser des congrégations hostiles à la République. Après l'Affaire, le Parti républicain tranche pour un système à deux vitesses, restrictif pour les congrégations et libéral pour les associations laïques. Pour ces dernières, la loi entérine le régime de tolérance en vigueur. Des historiens, des juristes et des politologues reviennent ici sur le « moment 1901 ». Ce moment voit aussi l'émergence des partis modernes. Mais les partis n'ont pas tous utilisé la possibilité que leur offrait la loi de « se déclarer », On se « déclare » plus souvent à droite qu'à gauche, et le mode des relations que l'on entretient avec les associations amies varie d'un bord à l'autre de l'échiquier politique. Inversement, des associations se placent dans le champ politique, revendiquent une légitimité propre et entrent en concurrence avec les partis. Les légitimités participative et représentative sont-elles antagoniques par essence ? Peut-on au contraire les penser comme complémentaires ? Le mouvement associatif constitue-til un relais lors des périodes de perte de représentativité du système partisan ? Cette enquête pluridisciplinaire porte un nouveau regard sur les acteurs et les ressorts de la démocratie.
Comment s'est-il introduit dans les milieux gaulistes, comment s'est-il constitué un réseau influent, quels sont sa pratique et son style politique ? Comment s'est-il imposé ? Les études de ses relations avec les forces sociales, de son action dans la capitale et dans son fief cantalien permettent de saisir sur le vif cet acteur politique des années soixante et soixante-dix. SOMMAIREOuverture par Christian PonceletI -- L'avant 1958 : Introduction par B. Lachaise -- G. P. dans les années 30 par E. Naquet -- G. P. et le RPF par F. Turpin -- Les réseaux et les cercles d'amis de G. P. par B. Lachaise -- Témoignage par E. Burin des RosiersII -- Esprit pratique des institutions, mai 1958-1974 : Introduction par J. M. Mayeur -- G. P. et la logique de la Ve République par D. Maus -- Les relations entre le Premier ministre et le Président de la République par N. Castagnez Ruggiu et A. Leboucher Sebbab -- G. P. et le Parlement par P. Avril -- La culture politique de G. P. par O. Rudelle -- G. P. et la crise de mai 68 par R. Rémond -- Témoignage par J. Donnedieu de Vabres III -- G. P. et les forces politiques : Introduction par G. Le Béguec -- G. P. et les mouvements gaullistes par G. Quagliariello -- G. P. et les jeunes gaullistes par F. Audigier -- G. P. et la gauche par G. Morin -- G. P. les centristes et les modérés par G. Le Béguec -- G. P. et l'ouverture au centre par M. Montero -- Témoignage par E. Balladur IV -- La pratique politique de G. P. : Introduction par J. P. Cointet -- Le dialogue avec les forces sociales par S. Chauveau -- Le Cantal espace réservé ? par V. Pradier -- G. P. et la vie politique à Paris par P. Nivet -- Témoignage par P. Messmer Conclusion par Georges Henri Soutou
Cet ouvrage est publié à l'occasion d'un colloque organisé en l'honneur de Jacques Chaban-Delmas par l'Université de Bordeaux en septembre 07. Tous les grands aspects de la « vie politique » de J Chaban-Delmas sont abordés tant sur le plan national que dans sa région d'Aquitaine et la ville de Bordeaux. Une analyse exhaustive de son action et de son influence.
Omniprésents sous la IIIe République, ils ont donné, tout au long du dernier siècle, des présidents, des ministres et des députés en nombre au personnel politique français. Raymond Poincaré, Aristide Briand, Vincent Auriol, Pierre Mendès France, Edgar Faure, Gaston Defferre, François Mitterrand, plus près de nous Patrick Devedjian ou Nicolas Sarkozy : la liste est interminable de ces membres du barreau parvenus au sommet du pouvoir, ayant reçu la même formation, passés par les mêmes cercles d'apprentissage et de convivialité, et qui ont, par conséquent, façonné les us et coutumes de notre vie politique. Comment expliquer cette influence des avocats, l'étendue de leurs réseaux, leur efficacité ? Peut-on dire aujourd'hui que les experts, issus principalement de l'ENA, ont remplacé les orateurs ? L'actuelle judiciarisation de la vie politique, l'importance croissante accordée aux questions de déontologie et d'éthique n'annoncent-elles pas au contraire un retour en force des professions du droit dans le débat public ? À partir de données d'une extrême précision sur le personnel politique français, de 1870 à nos jours, c'est à un travail au plus près des archives que se livre ici Gilles Le Béguec. Une impeccable leçon de méthode, et une irremplaçable réflexion sur la reproduction des élites au sein d'une république qui, finalement, ressemble peut-être plus qu'on ne le croit à une oligarchie. Gilles Le Béguec est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris X-Nanterre. Il a publié, entre autres, Avocats et barreaux en France, 1910-1930, Paris, PUN, 1994.