Etienne Balibar
Etienne Balibar
Knox, ancien militaire et fils de soldats, cache son homosexualité depuis toujours. Mais quand il rencontre en ligne un inconnu qui le comprend comme personne, il doit choisir.
Qu’est-ce que la dictature du prolétariat selon Marx et Lénine ? Étienne Balibar propose une analyse claire et accessible, ancrée dans les débats du Parti communiste français des années 1970.
Au lendemain même de la mort de Louis Althusser, qui était passée presque inaperçue, l'Université de Paris VIII à Saint-Denis (ex-Vincennes) décidait, à l'instigation de Sylvain Lazarus, d'organiser autour de son oeuvre un Colloque d'hommage et de discussion... Discrètement annoncé, ce Colloque n'en réunit pas moins les 29 et 30 mars 1991 un auditoire attentif d'enseignants et d'étudiants. On put constater, ce qui n'allait pas de soi, que l'intérêt était vif pour la trajectoire intellectuelle de ce représentant d'une philosophie et d'une politique aujourd'hui réprouvées : le marxisme, qui plus est le marxisme structuraliste ! Cette curiosité n'excluait aucunement le désir d'approcher, avec terreur et pitié, les énigmes d'une vie achevée dans l'horreur qu'elle avait côtoyée depuis longtemps. Mais elle allait, avant tout, aux questions posées dans la théorie et dans la pensée de la politique, aux concepts proposés pour renouveler le statut de la philosophie et l'arracher à l'académisme.
Otogi Katsura et Toki Ninomae, le duo de délégués impeccables, sont devenus complices après s'être malencontreusement révélés l'un à l'autre que cette perfection n'était qu'une façade. C'est donc pour protéger leurs secrets respectifs au lycée que les deux adolescents se rapprochent. Otogi, de son côté, apprécie particulièrement d'être la seule à connaître le vrai Toki. Malgré ses réticences, elle a du mal à contenir ses émotions et finit enfin par comprendre qu'elle est amoureuse de lui. Otogi parviendra-t-elle à gérer la bombe à retardement que sont devenus ses sentiments pour Toki ?
Ce livre, devenu un classique depuis sa première édition en 1988, est d'abord une contribution à la discussion d'un des plus graves problèmes de notre temps : pourquoi, soixante-dix ans après la défaite du nazisme, cinquante ans après la décolonisation et la reconnaissance des droits civiques aux Noirs américains, le racisme est-il en progression dans le monde ? La thèse soutenue ici est qu'il ne s'agit ni d'un épisode, ni d'une survivance, ni d'un préjugé, mais d'un rapport social indissociable des structures mêmes de ce monde : le complément intérieur de l'universalisme " bourgeois ". Ce livre est ensuite un dialogue entre deux auteurs, historien et philosophe, américain et français, chacun représentant à sa façon un courant et une expérience de rencontre entre la recherche théorique et l'activité militante. D'un texte à l'autre, les divergences se redistribuent, les convergences se dégagent en vue de l'analyse des conflits sociaux de demain, dans l'espace de la politique-monde où la crise de la forme nation s'accompagne de la flambée du nationalisme.
Entre 1968 et 1969, un groupe de chercheurs composé d'Étienne Balibar, Christian Baudelot, Roger Establet, Pierre Macherey et Michel Tort, prépare, sans leur maître Louis Althusser, un livre collectif sur la critique de l'école. Ce livre ne paraîtra jamais. Pourtant, les constats qu'il établissait étaient d'une actualité brûlante. L'école, véhicule de la reproduction sociale et porte-voix de l'idéologie dominante, y faisait l'objet d'une critique virulente - surtout dirigée contre son instrumentalisation par l'État et les forces capitalistes. Aujourd'hui, à l'heure où l'école fait l'objet d'attaques toujours plus impitoyables de la part même de ceux qui s'en sont servi pour maintenir leur mainmise sur les esprits, le dossier devait être rouvert. Cinquante-six ans après, il n'a pas pris une ride. Qui souhaite renouer avec le combat pour une école véritablement émancipatrice doit s'y plonger.
L'un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Marx en propose une synthèse des thèmes et problématiques proprement philosophiques, ainsi que son actualité sociale et politique. Cette édition de poche est augmentée d'une préface inédite à l'édition allemande de ce livre
Étienne Balibar et Patrice Maniglier partagent un constat : la tragédie des migrants, la généralisation des guerres et la crise climatique ont remis le cosmopolitisme au coeur de la pensée politique. C'est sur l'extension de la définition du terme qu'ils divergent. Quand, pour Patrice Maniglier, notre condition terrestre, centrale et déterminante conduit à la nécessité d'une politique de la Terre, dont les acteurs sont aussi non humains, Étienne Balibar lui préfère une politique de l'espèce humaine, dont la spécificité au regard des autres vivants doit être maintenue. L'exploration de ce différend conduit les deux penseurs à préciser les assises et les contours de leur réflexion tout en offrant de nouveaux outils conceptuels aux personnes qui cherchent à appréhender les enjeux brûlants de « notre monde », expression elle aussi amenée à être entendue dans toute sa complexité.
Étienne Balibar et Patrice Maniglier partagent un constat : la tragédie des migrants, la généralisation des guerres et la crise climatique ont remis le cosmopolitisme au coeur de la pensée politique. C'est sur l'extension de la définition du terme qu'ils divergent. Quand, pour Patrice Maniglier, notre condition terrestre, centrale et déterminante conduit à la nécessité d'une politique de la Terre, dont les acteurs sont aussi non humains, Étienne Balibar lui préfère une politique de l'espèce humaine, dont la spécificité au regard des autres vivants doit être maintenue. L'exploration de ce différend conduit les deux penseurs à préciser les assises et les contours de leur réflexion tout en offrant de nouveaux outils conceptuels aux personnes qui cherchent à appréhender les enjeux brûlants de « notre monde », expression elle aussi amenée à être entendue dans toute sa complexité.
Troisième volume des Écrits d'Étienne Balibar, cet ouvrage rassemble des textes rédigés sur plus de trente ans, et pour certains inédits, consacrés à la " cosmopolitique " et à l'alternative aux formes présentes de la mondialisation capitaliste, dans une perspective résolument internationaliste. La cosmopolitique n'est ni une discipline comme la géopolitique ni une tradition philosophique (comme le cosmopolitisme des Lumières et du romantisme) : elle est un problème pratique collectif ouvert. Et celui-ci est devenu d'une urgence extrême depuis que la catastrophe climatique, à laquelle s'ajoute maintenant la pandémie, ont fait virtuellement de l'humanité un sujet politique unifié. Mais qui doit devenir aussi un sujet actif. Les objets d'une telle réflexion ont surgi pour l'auteur au détour d'événements très différents : les tensions entre l'idée cosmopolitique et la pratique internationaliste ; l'articulation entre les formes de la guerre et le devenir de la forme-nation ; le statut " local " et " mondial " des frontières à la lumière de l'alternative entre guerre et traduction ; enfin, la question du droit d'hospitalité que porte l'errance des réfugiés et des migrants, cette part mobile de l'humanité que la communauté des États traite aujourd'hui non en étrangers, mais en ennemis. Dans l'épilogue sont tirées quelques leçons du Covid-19 qui élaborent l'idée d'une politique de l'espèce humaine, en ciblant particulièrement le problème de la santé commune et de l'égalité d'accès aux ressources de protection et de soin.
Ce volume – le premier des six recueils qui composent cette série d'Écrits d'Étienne Balibar – réunit des essais et des textes d'intervention à caractère historique, philosophique et politique, pour certains inédits, rédigés entre 1995 et 2019. Ils ont en commun de chercher à éclairer le passage d'un siècle l'autre et d'affronter la question de la " fin de l'histoire ", en référence, d'une part, à l'achèvement de la mondialisation capitaliste et, de l'autre, à l'altération de notre environnement biologique et planétaire, qui a atteint le point de non-retour à la fin du XXe siècle mais demeure en partie indéterminé dans ses conséquences sociales et civilisationnelles. Dans cette perspective, il faut arriver à penser philosophiquement un écart entre des " futurs passés " et des " nécessités contingentes ", non pas de façon purement spéculative, mais en combinant d'une façon toujours singulière la mémoire et l'analyse : repérant des traces événementielles déterminantes pour notre institution de la politique (la " Grande Guerre ", la révolution d'Octobre, l'insurrection de Mai 68) ; décrivant des frontières essentiellement contestées entre Orient et Occident, Nord et Sud, dans notre espace commun méditerranéen (France-Algérie, Israël-Palestine) ; conjecturant les formes et les objectifs d'une gouvernementalité stratégique, qui devrait se préoccuper simultanément de grandes régulations planétaires institutionnelles et parier sur la capacité d'invention et de rupture des insurrections locales. Une politique d'après la politique, à laquelle conviendront peut-être encore les noms de démocratie, de socialisme et d'internationalisme.
Qu'appelons-nous « modernité » ? Cette question est travaillée selon une triple orientation philologique, épistémologique et historique, en prenant pour fils conducteurs l'auto-énonciation du sujet, la constitution du « nous » communautaire, l'aporie de l'institution judiciaire. L'interprétation défendue pose que les processus opposés du devenir-citoyen du sujet et du devenir-sujet du citoyen en viennent à se recouvrir. C'est aussi le moment où le rapport du commun à l'universel devient un écart politique au sein de l'universel lui-même. Le « jugement des autres » doit être rapporté à un « jugement de soi-même » attestant pour chacun sa propre normalité. Dès lors, l'humain ne peut coïncider avec l'institution du politique qu'à la condition de se retrancher de soi-même, dans la forme des « différences anthropologiques ». Le citoyen-sujet ne peut se comprendre indépendamment de son envers, qui le conteste et le défie.
Ce deuxième volume des Écrits d'Étienne Balibar est constitué de neuf études à caractère philosophique portant sur des auteurs classiques ou contemporains (Canguilhem, Badiou, Pascal, Machiavel, Marx, Foucault et Althusser, d'autres encore) et traversant les questions du savoir scientifique, de la " prise de parti " politique et de son incidence sur la connaissance, du statut de la théorie entre spéculation théologique et interprétation de l'actualité. Rédigées entre 1994 et 2016, ces études illustrent le passage de l'auteur d'une épistémologie historique et critique, dont la question centrale avait été celle de l'articulation entre l'idéologie et la science, à une phénoménologie des énonciations de la vérité, dont le caractère intrinsèquement conflictuel, ouvert sur les " réquisitions " de la conjoncture, implique des interférences constantes entre la recherche de l'intelligibilité, le moment inéluctable de la décision et la répétition des grandes traditions spéculatives. Ces deux types de recherches, apparemment incompatibles, partagent une même passion du concept, qui est commune à tous les auteurs commentés. Distribuées en trois constellations thématiques, les lectures proposées s'organisent autour de formulations symptomatiques dont on documente à chaque fois les trajectoires d'un auteur à l'autre : histoire de la vérité, point d'hérésie, idéologie scientifique. Elles débouchent sur l'esquisse d'une problématique de l'ascension polémique (par opposition à l'" ascension sémantique " des logiciens) à laquelle donnent lieu les confrontations théoriques en révélant dans l'actualité leurs enjeux de principe.
Face à la guerre qui fait son retour en Europe, il est plus que jamais indispensable de parvenir à comprendre ce qui nous arrive, sur le plan politique et militaire, mais aussi existentiel, éthique et métaphysique. 10 grands penseurs de tous les continents nous invitent à affronter la guerre... et à imaginer la paix. Ils se mettent dans les pas de Clausewitz et de Bergson, d'Aron et d'Einstein, pour mesurer la portée de cet évènement. Ils ne font pas que s'engager. Ils interrogent et questionnent, nous mettent devant nos contradictions et nous invitent à les assumer ou à les dépasser. ÉTIENNE KLEIN « Si Einstein revenait parmi nous... » EVA ILLOUZ « Il n'est plus du tout évident que l'intérêt guide l'action de Poutine » FRANCIS WOLFF « Jamais nous ne nous sommes sentis autant Européens » HARTMUT ROSA « La guerre nous tend un piège majeur » JUDITH BUTLER Faire gagner les Ukrainiens... et faire perdre la guerre ÉTIENNE BALIBAR « Avec ses réfugiés, l'Ukraine est déjà entrée dans l'Europe » MICHAEL WALZER « Non, la guerre en Ukraine n'est pas le produit de l'extension de l'OTAN » MARYLIN MAESO Tous les réfugiés ne sont-ils pas des semblables ? FRÉDÉRIC GROS Pour quelle paix fait-on la guerre ? MICHEL ELTCHANINOFF De l'art (dangereux) de se raconter des histoires
Couvrant une vingtaine d'années (1989-2009), les essais rassemblés dans cet ouvrage proposent une démocratisation de la démocratie comme seule alternative à la crise de l'État national-social, dramatiquement aggravée par la mondialisation néo-libérale. Sur le versant philosophique, ils incluent la réédition et les développements ultérieurs de l'essai de 1989, « La proposition de l'égaliberté », dont les formulations relatives à l'insurrection et à la constitution ont été associées dans le monde au point de vue « post-marxiste » défendu par l'auteur en philosophie politique. Sur le versant pratique, ils tirent les leçons des crises graves déclenchées en France par l'affaire des « foulards islamiques » et la révolte des banlieues pour élaborer les principes d'une « citoyenneté partagée », appliquant à la résidence et à la circulation des migrants les principes d'une démocratie sans exclusion.Leur point de rencontre est une problématique des antinomies de la citoyenneté, en tant qu'institution du politique dont le rapport essentiellement paradoxal à la démocratie oblige en permanence à repenser les conditions de légitimité et de transformation. Elle permet de situer au regard de l'auteur quelques-uns des courants actuellement les plus significatifs en philosophie de la démocratie (Rancière et Esposito, Poulantzas, Arendt, Laclau).
Ce volume rassemble les principales études consacrées par Étienne Balibar à la philosophie de Spinoza, dans son rapport intrinsèque à la politique. Partant de la thèse que Spinoza avait reprise de Tacite (la « crainte des masses »), il aboutit à une interprétation renouvelée des modes de communication et des genres de vie, que résume la triple explication du Nom divin : Dieu c'est la Loi, Dieu c'est l'Homme, Dieu c'est la Nature. Pour accomplir cette transition, il faut parcourir plusieurs espaces théoriques : la construction de la démocratie comme limite des régimes étatiques, où s'exprime la puissance de l'être en commun ; l'ontologie du transindividuel, qui affirme le primat de la relation sur l'être isolé ; enfin la constitution du sujet comme une conscience recherchant l'intelligence des affections de son propre corps. Cette enquête permet alors d'approfondir la conception de l'anthropologie philosophique que l'auteur défend dans le cadre du débat contemporain sur l'actualité du spinozisme.
Constitué de huit essais complémentaires - de la « désobéissance civique » à la « citoyenneté européenne », de la « préférence nationale » à la possibilité d'une « culture mondiale » - ce livre traite des questions vives de la citoyenneté : fondements de l'autorité de la loi, mise en oeuvre des Droits de l'homme et du citoyen dans des conditions nouvelles, démocratisation de la frontière, pratique de l'art et rencontre des cultures... Multipliant les éclairages à l'occasion des débats de ces derniers mois, ce livre audacieux en montre les cohérences politique et philosophique. Les pratiques et les représentations touchant au statut des étrangers dans la nation constituent, pour Étienne Balibar, la pierre angulaire de « politiques de la citoyenneté » mutuellement incompatibles, entre lesquelles il nous faut choisir. L'articulation de telles questions résulte d'une conjoncture caractérisée par la montée du néofascisme dont les causes sont structurelles, profondément enracinées dans la crise de l'État national et social. Il faut les comprendre en profondeur pour réinventer la politique et forger les institutions nouvelles d'une démocratie ouverte.
Rédigés entre 1981 et 1991, ces treize essais politiques et philosophiques proposent une réflexion suivie sur quelques-unes des grandes questions qui, en France et en Europe, auront marqué la décennie : progression du racisme et des nationalismes, crise du socialisme et effondrement du communisme " réel ", exclusions et inégalités, mais aussi mouvements pluriculturels et nouvelles dimensions de la citoyenneté.
Étienne Balibar examine trois grandes questions, dont chacune exige un effort de pensée spécifique : celle des frontières de l'Europe en tant qu'espace politique ; celle de l'État ; celle du peuple.
Une réflexion en profondeur sur le poids politique de l'Europe, toujours en devenir, face à l'hégémonie américaine et à ses divers théoriciens et idéologues. Étienne Balibar propose de repenser les relations entre identité collective et puissance, constitutives du concept même de politique. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)
On voit fleurir en Europe des entreprises arty à l'image des entreprises « éthiques ». Ainsi, la banque Neuflize OBC (France) et le groupe Lhoist (Belgique), producteur mondial de chaux, passent régulièrement commande auprès de photographes contemporains ; l'industriel Akzo Nobel (Pays-Bas) a créé une fondation qui accueille des artistes en résidence ; le groupe Teseco (Italie), spécialisé dans le traitement écologique des déchets, a mis en oeuvre un « laboratoire pour l'art contemporain » ; le Deutsche Guggenheim (Berlin), nouveau musée d'art contemporain, est issu d'une joint-venture entre la Deutsche Bank et la fondation Guggenheim. Cet intérêt, voire cette prédilection pour l'art touche les grands groupes comme les petites et moyennes entreprises. Pourtant, l'alliance ne va pas de soi. Dans quel(s) but(s) l'entreprise s'intéresse-t-elle à l'art ? Et avec quelle légitimité ? Quelle finalité l'art peut-il trouver dans le monde du travail ? S'y dévoie-t-il ? À ces questions les auteurs répondent en étudiant différents exemples européens et la particularité française : le pays de l'exception culturelle demeure aussi celui du mécénat modeste, en dépit de signes encourageants, telle la loi du 1er août 2003. Que l'entreprise soit utile à l'art et singulièrement à l'art d'aujourd'hui, les auteurs en sont cependant convaincus. Car ils ont enquêté à l'échelle européenne et relevé, pays par pays, des stratégies et des méthodes entrepreneuriales convaincantes : soutien de projets, production d'oeuvres, collections et fondations d'entreprise. Ils analysent cette capacité de l'art à jouer divers rôles : faciliter l'expression des identités, véhiculer des valeurs culturelles, enrichir le quotidien des salariés... Autant de raisons pour lesquelles l'oeuvre d'art exerce sur l'entreprise une attraction sans précédent.