Eric Zemmour
Eric Zemmour
Il était plus illustre que Karl Marx. Il soulevait les foules. Il faillit devenir ministre de Bismarck. Il fonda le premier parti socialiste d'Europe. Il aimait Chopin, Wagner, les salons et les femmes. Il mourut à moins de quarante ans dans un duel stupide. Son existence n'a pas pu se hisser au rang de destin. Son nom ? Ferdinand Lassalle. Un roman qui mêle politique, trahison, faux-semblants, vanité et romantisme.
Il y a un peu plus de dix ans, je publiais Le Suicide français. L'émoi fut considérable. Les journalistes, commentateurs, politiques rivalisèrent d'invectives à mon égard. On me traita de "passéiste", "réactionnaire", "misogyne", "homophobe", "raciste", "fasciste". Qu'avais-je fait ? Qu'avais-je dit ? Qu'avais-je écrit ? J'avais tenté de comprendre cette impression de dépossession qui étreignait nombre de Français, qui ne se sentaient plus chez eux dans leur pays. Il y a longtemps, l'écrivain français du xixe siècle Edgar Quinet avait eu cette formule : "Le véritable exil n'est pas d'être arraché de son pays ; c'est d'y vivre et de n'y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer." Pourquoi ce sentiment, autrefois limité à quelques élites, était-il devenu dans la France du XXIe siècle un phénomène de masse ? » Journaliste, écrivain et homme politique, Éric Zemmour est l'auteur de nombreux essais, dont plusieurs bestsellers. Son dernier en date, La messe n'est pas dite, a été publié chez Fayard en 2025. La présente édition du Suicide français est une version actualisée de son chef d'oeuvre de 2014. Plus de dix ans après, il est temps de redécouvrir combien ses analyses et prédictions se sont avérées prophétiques.
Après le temps des sombres diagnostics, celui de l'espoir lumineux. Après les best-sellers du Suicide français et du Destin français, Éric Zemmour reprend sa réflexion sur l'histoire et l'avenir de notre pays : il rêve d'une Europe sauvée parce qu'elle renoue avec ses racines chrétiennes. Un véritable manifeste pour un sursaut judéo-chrétien.
« Si vous n'êtes romain, soyez digne de l'être. »Pendant quinze siècles, ce vers de Corneille a porté l'ambition française : être reconnue comme l'héritière de Rome, de son Etat, de sa langue, de sa manière unique d'assimiler les étrangers - à la fois hautaine et égalitaire - et même de sa façon d'imposer la paix en Europe.Dans son style à la fois documenté, précis et paradoxal, Eric Zemmour raconte cette obsession autour de laquelle s'est tissé notre roman historique national. Philippe Auguste, Louis XIV, Napoléon, Clemenceau croient toucher au but. Mais à chaque fois un croc-en-jambe les fait chuter, tantôt la puissance anglo-saxonne - notre « Carthage » - ou bien la force allemande - notre meilleure élève. A chaque fois aussi, la France s'invente des raisons d'y croire à nouveau, que celles-ci s'appellent les colonies, De Gaulle ou l'Europe.Sauf qu'aujourd'hui la mécanique impériale est cassée. Comme si nous vivions déjà à l'heure de la chute de l'Empire, submergés par de nouveaux « barbares »...Eric Zemmour, éditorialiste au Figaro magazine et à RTL, est aussi l'un des chroniqueurs de l'émission « On n'est pas couché » et de l'émission politique « Ca se dispute » sur itélé. Il a notamment publié Petit frère (Paris, Denoël, 2008), Le Premier Sexe (Paris, Denoël, 2006), L'Autre (Paris, Balland/Denoël, 2004).
On a dit beaucoup de choses sur le lent déclin de la droite française. Prise entre confusion des idées et lenteur des actes, déchirée jusqu'au sang entre querelles claniques et affaires judiciaires, la droite ne sait plus comment sortir de l'impasse. Mais le mal ne vient-il pas de plus loin ? La démonstration d'Eric Zemmour est simple : c'est le gaullisme qu'on a assassiné. Les coupables se trouvent-ils à gauche ? Non, à droite. De 1968 à 1998, de la rupture de mai à l'entrée dans l'Europe. Pompidou, avec l'impatience du parjure, Giscard, le moderne, et Chirac, le centriste inconstant, ont achevé de trahir le mythe fondateur du gaullisme. La droite gouverne au centre et s'allie à la gauche, laissant au Front National le privilège d'incarner la nation, "le seul bien des pauvres", selon la formule de Jaurès. Et demain ? On lira ici des portraits cruels, des confidences cinglantes, des aveux d'impuissance, des alliances dévoilées entre barons du gaullisme et anciens de 68. Toute la fresque d'une droite racontée comme une bataille : ses heures les plus sombres. Eric Zemmour, né en 1958, est grand reporter au Figaro. Il est l'auteur, chez Grasset, de deux essais : Balladur, immobile à grands pas (1995) et le Coup d'Etat des juges (1997).
Ils s'appellent Eva Joly, Renaud Van Ruymbeke, Philippe Courroye, Eric Halphen... Juges d'instruction à Paris, Rennes ou Lyon, ils n'hésitent pas à affronter les grands de ce monde, à mettre en prison des patrons d'entreprise publique, des ministres ou des maires. Il n'y a pas un jour où la presse ne les cite. Et pourtant. Au nom de la loi, les juges ne contournent-ils pas la loi ? Au nom du droit, ne donnent-ils pas de confuses leçons de morales ? Et quel rôle complice joue donc la presse ? Des Affaires aux simples affaires, de la corruption à la gestion, le juge saute vite le pas. On a même vu un préfet de 80 ans mis en examen parce qu'il n'avait pas prévu, en 1965, les inondations de Vaison-La-Romaine ! Eric Zemmour a entrepris une enquête fondée sur l'idée que les juges nous préparent un avenir où la démocratie sera remplacée par l'éthique et le suffrage universel par le droit. De l'intimidation menottes aux mains à la libre interprétation des lois, on assiste à toutes les dérives... A quand le coup d'état des juges ?
Quand l'auteur du Dictionnaire de la réforme arrive à Matignon en mars 1993, il est l'homme du changement. Edouard Balladur a en effet confisqué à la gauche l'idée de la réforme pour la faire sienne ; il doit appliquer maintenant son programme. Les reculades, les rebuffades, la timidité au service de la réforme, voilà le sujet d'Eric Zemmour. Jacques Chirac ne s'y trompait pas en glissant, pervers : "L'immobilité ou les apparences du changement sont les pires ennemis"... Comment revenir sur les avantages acquis sans brutaliser les Français ? Faut-il résister à la fougue des Sarkozy, Madelin, et jadis Longuet ? De la loi Falloux au C.I.P., du plan social d'Air France à la privatisation avortée de France Telecom, de l'immigration à la politique de la ville, les écueils ne manquent pas. Portraits de l'entourage balladurien, précisions sur l'héritage pompidolien, anecdotes, analyse des blocages du système, Eric Zemmour, à la façon d'un Anti-dictionnaire de la réforme, éclaire un visage inédit de Balladur : l'homme qui prétendait que "les socialistes représentent l'ordre conservateur et la droite d'émancipation libérale" sera-t-il mis en contradiction avec lui-même ?