Desy Jean
Desy Jean
Julien, le narrateur, est médecin. Il soigne les malades avec compassion, avec attention, avec amour. À la manière ancienne qui ne se pratique plus dans le Sud où la machine bureaucratique a étouffé toute humanité. Si le bonheur existe, il loge au Nord, se convainc Julien. Tout serait parfait si Marie, sa fille, ne lui manquait pas cruellement. Dans un geste insensé, il décide de partir en motoneige chercher sa fille. L'équipée est de courte durée, l'engin heurtant de plein fouet un mélèze. Le voici seul, égaré dans un silencieux désert de glace, confronté à lui-même et luttant pour sa survie. Voyage initiatique et quête existentielle, Le coureur de froid a été salué par la critique comme un «roman à l'imaginaire grandiose» (Le Libraire), écrit dans «une langue souvent poétique, dépouillée d'artifices, une écriture qui fait penser à celle d'Anne Hébert» (Québec français).
« Le Nord et ses espaces infinis, souvent faits de toundra, m'a toujours puissamment inspiré, il fournit un sens magnifié à mon existence. Je suis toutefois conscient que la réalité, au Nunavik, est devenue souffrante, et ces années-ci plus que jamais. Il y a bien sûr la vie qui bat son plein et des centaines de bambins beaux comme des aurores boréales qui s'amusent dans des trous d'eau même à minuit, au solstice d'été. Plusieurs projets sont aussi mis en place par des êtres d'exception qui souhaitent animer la vie au Nord. Mais la souffrance collective nordique reste indéniable. Une véritable révolution doit avoir lieu au coeur des quatorze villages des côtes de l'Ungava et de la baie d'Hudson. » Jean Désy côtoie le Grand Nord et ses habitants depuis près de 30 ans dans le cadre de sa pratique médicale. Éveilleur de consciences, sonneur d'alerte, il signe ici un essai tiré du journal de ses séjours des quatre dernières années à Salluit en tant que médecin dépanneur. Pour manifester son soutien au peuple inuit, l'homme d'action se fait livre ouvert, partage ses méditations et observations sur un monde nordique affecté par une crise sans précédent, caractérisée par un taux de suicide dramatique.
L'idée de la mort habite en permanence le nomade. Il voudrait mourir en expédition, sur un haut sommet ou dans une baie cachée de la taïga ou entre deux rochers noirs de la toundra. Ce que souhaite le vagabond-nomade, c'est une croix de bois gris [...] pour que d'autres nomades puissent admirer le même paysage que lui. Ce recueil de textes est plein de détours et de surprises. Il est parfois poétique, parfois lexicologique, parfois philosophique, parfois festif, parfois mystique. Organisé autour de grands thèmes qui soutiennent l'ensemble, ce tour d'horizon sur la nordicité dit des choses graves et belles. Il dit que Dieu a quitté les villes et que c'est dans le silence sidéral et incommensurable de la toundra qu'Il se manifeste, et que percevoir sa présence, c'est comme sentir le souffle de l'esprit divin s'infiltrer dans nos narines. Il dit la beauté et l'espoir du monde. Il dit l'amour du Nord et des Autochtones. Jean Désy vogue entre le Sud et le Nord, entre la haute montagne et la toundra, entre l'autochtonie et la grande ville, entre l'écriture et l'enseignement, entre la médecine et la poésie, entre ses enfants et ses amours, tous éparpillés au gré de leur propre nomadisme. Parmi ses dernières parutions, un recueil de nouvelles intitulé Entre le chaos et l'insignifiance et un recueil de poésie, Toundra.
Je dédie ce recueil aux étudiants en médecine que j'ai eu le bonheur de côtoyer depuis une quinzaine d'années. J'aime passionnément leur enseigner. Quel talent et quelle intelligence chez ces êtres neufs qui avancent, qui sont allumés, qui «étincellent » dans l'existence, pour qui j'ai tant d'affection. Je leur dédie ces histoires parce que ce sont ces mêmes étudiants qui, après certains cours, alors que j'avais ouvert la discussion sur des éléments plus personnels ou plus cliniques, m'ont demandé de leur raconter quelques anecdotes tirées de mes expériences, de ma pratique médicale sur la Côte-Nord et autour de Québec, au Nunavik et à la Baie-James.
Le Nunavut vu du ciel est une majestueuse étendue de beauté sauvage, où la terre, la mer et la glace ont une qualité sans égale. Les photographies de cet ouvrage capturent une fraction de temps où tout semble immobile, mais illustrent également des mouvements surprenants de splendeur, d'une intense beauté et d'une riche diversité. C'est un territoire grandiose mais fragile, dont nous devons prendre soin. Préface du commandant Robert Piché
Ça devait être une vertigineuse montée. Celle de l'Everest. C'est plutôt une effroyable descente dans l'enfer de la dysenterie, car le narrateur - au moment où il amorce sa montée - est terrassé par un virus. Des hauteurs célestes, il chute dans la merde au sens le plus vrai du terme. La faiblesse est telle qu'il sombre à plusieurs reprises dans l'épilepsie. Et c'est là que les choses changent: cette perte de conscience provoque des visions érotiques comme jamais le narrateur n'en a eues. Il faut dire qu'il est soigné par des infirmières d'une beauté à couper le souffle et que cela influence sans doute son imaginaire déglingué. Le voyage auquel nous convie Jean Désy est l'envers du sublime. On patauge plutôt dans le grotesque, dans le burlesque, mais il y a, malgré le fait que le protagoniste frôle la mort à chaque page, une bonne humeur et une drôlerie qui nous déride constamment. Absam, le moine-bouffon, y est pour beaucoup dans cette propension à l'hilarité. C'est aussi l'occasion pour le narrateur de s'interroger sur les grands thèmes de l'existence: la mort, l'amour, le bonheur, la compassion, la pauvreté et la richesse, mais aussi la paternité, car le narrateur se sent coupable devant ses fils. Pourtant, ces derniers quitteront tout pour venir le secourir. Nepalium tremens, un roman intense et immense...
Une chose me frappe: que ce soit en médecine ou en littérature, toujours, il y a nécessité de prendre contact avec l'Autre. De la même façon qu'un étudiant en médecine se doit d'apprendre à entrer en contact avec les maux d'un patient, ses souffrances et ses difficultés, grâce au langage de ce dernier, l'étudiant en littérature doit, lui aussi, apprendre à entrer en contact avec la poésie du monde, toujours grâce au langage. Les vingt-quatre textes qui composent cette anthologie proviennent de six recueils différents. Ce sont des textes de réflexion, des récits et des poèmes qui, pour la plupart, font des liens entre la médecine et la littérature. Ils constituent une excellente introduction à l'oeuvre de Jean Désy, cet homme aux multiples talents et champs d'intérêt. Médecin, explorateur, professeur, il est aussi à l'aise au chevet d'un enfant malade que dans la toundra en train de dépecer un caribou en compagnie d'un vieil Inuit ou à l'université en train d'enseigner la littérature. Écrivain prolifique, il a publié vingt-cinq livres au cours des vingt-cinq dernières années et il a touché à tous les genres. À sa suite, il nous invite à revenir à l'essentiel et à chercher un sens à la vie. Il nous demande surtout d'aller vers l'Autre et d'aimer. Car vivre ne suffit pas.