Daniel Gray
Daniel Gray
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Daniel Gray a passé sa jeunesse à Roubaix et vit actuellement à Paris. Elle a voyagé dans de nombreux pays étrangers, puisant aux sources mêmes l'inspiration de la plupart de ses romans. C'est ainsi que la Louisiane sert de cadre au « Seigneur des Iles », la Californie à « L'Ombre et le Sable », l'Écosse à « La Fin de la Maison Eastmiln ». Les critiques ont comparé les romans de Daniel Gray à ceux des soeurs Brontë et aux meilleures oeuvres de Pierre Benoit et le public a ratifié ces opinions, en faisant à « Quivera » (Marabout Collection n° 51), « La baie du silence » et tant d'autres, un accueil toujours plus chaleureux.
« Le train quitta la gare de Tchita décorée sur fond rouge du portrait de Lénine, dépassa les dernières rues défoncées, à peine éclairées entre les isbas sombres, et s'enfonça dans la nuit sibérienne. - Philippine ! Regardez-moi. L'expression de ses yeux était tendre et émerveillée. - Darling, je sais pourquoi je suis follement amoureux de vous... Je passai sur mon front une main protégée par un gant incroyablement sale. - Voulez-vous me répéter cela ? Désireux de rendre à mon visage son éclat immaculé, Stuart tira de sa poche un mouchoir pas très propre. Soudain le train freina ; d'irrésistibles secousses me jetèrent dans des bras trop prêts à m'accueillir. - Béni soit le Transsibérien ! dit Stuart en me couvrant de baisers. » Pour simple qu'en soit l'intrigue, l'originalité d'un décor peu connu, le comique feutré des situations, la drôlerie des caractères apportent à chaque page de Chères Sibériennes le rare plaisir de la découverte.
Dona Quichotte ? Une héroïne qu'aucune lectrice, après avoir lu ses aventures romanesques, ne pourra plus oublier, car son caractère et son tempérament ne sont pareils à nulle autre de ses semblables. Pour ramener à sa soeur aînée le fiancé que celle-ci a perdu, « Doña Quichotte » n'hésite pas à sacrifier l'examen du baccalauréat, à mettre toute la maison en émoi. Elle se fera même enlever sur un quai de gare et, elle aussi, rencontrera l'amour d'une façon fort imprévue. Un roman plein de charme, qui séduit par son mouvement et ses rebondissements successifs, les remarques judicieuses de l'auteur sur les réactions des jeunes en face des grands problèmes de la vie, amuse par l'humour léger qui se dégage de ces pages où l'optimisme est de règle. (Doña Quichotte, par ANNE BEAUCHAMP, à paraître prochainement dans la Collection « LES SEPT COULEURS ».)
Au seuil de « Crosslights », les Sheldon accueillaient leurs invités. A les voir l'un près de l'autre, créant, entretenant à merveille l'illusion d'un couple uni, d'un couple où chacun ne vit que pour l'autre, Perrine doutait de la réalité des propos qu'elle avait surpris. Tout à la fin du long et joyeux défilé, un homme seul attendait son tour, élégant, l'oeil clair, un homme jeune, trente ans au plus. Teodora Sheldon marqua une hésitation. Elle tendit la main et, du regard, interrogea son mari. - M. Sheldon ne me connaît pas. La voix était égale, légèrement, très légèrement moqueuse. - Permettez-moi de me présenter : lieutenant William Dougherty de la Brigade criminelle. Teodora trompe depuis longtemps la police américaine. Le poète eut-il raison d'écrire : « Et la femme qui ment est toujours la plus belle » ?
Quand, impatiente de se soustraire à la tyrannie d'un père débauché, Marine de la Thève débarque aux Nouvelles-Hébrides, elle connaît à peine le fiancé qu'elle vient rejoindre. Melchior Heurtemart a été prévenu trop tard de son arrivée ; il habite Aurore, une île en grande partie inexplorée, difficilement accessible et peuplée de Canaques hostiles aux Blancs. A Port-Villa, le chef-lieu de l'archipel, les colons qui ont recueilli la jeune fille la mettent en garde : le climat est malsain, les cyclones meurtriers, et personne n'aime Melchior Heurtemart. Celui-ci est veuf ; les circonstances qui ont entouré la mort de sa femme ne plaident pas en sa faveur. En outre, il s'est approprié la plantation qu'il exploite. Marine passe outre aux avertissements et épouse Melchior. Ils gagnent leur solitude du bout du monde. Seuls Européens d'Aurore et prisonniers de l'île, ils poursuivent un tête-à-tête inexorable. Ils mènent au bord du lagon une existence qui devrait être celle d'Adam et d'Eve à l'aube de la création. Parce que le serpent a entre eux jeté son venin, leur vie tout au contraire évoque le jour du jugement. Naufragés de la même aventure, ils restent séparés et en grand danger de se perdre.
A Saigon, Manon Dangerville qui vient de perdre son enfant apprend l'infidélité d'Arnaud, son mari. Elle part pour Florence où sa mère, la cantatrice Eve de Lussan, est morte deux mois auparavant. Sa fin est restée inexpliquée. C'est à cette ombre, à ce qui subsiste d'un être admirable au-delà du trépas, que la jeune femme demande l'explication de sa vie.
« Le soleil, avant de disparaître derrière les sommets neigeux de l'Elbourz, touchait d'or rouge les épaules et les cheveux de mes compagnons. Ils poussaient leurs montures au bord de la Caspienne et leurs visages éblouis, dans le silence, me parurent d'une beauté presque surhumaine. Alors, je surpris le regard de Guillaume ; glissant de Salomé jusqu'à moi, il paraissait prendre possession de nos âmes et de nos corps. C'était un regard de triomphe, à la fois cruel et amer. » « Lui », c'est Guillaume Sorel, un Français, dont deux amies, devenues des rivales, voudraient forcer l'indifférence. Le lecteur se laisse gagner par la tendresse inquiète, par la solitude généreuse d'Istaréh, la narratrice. A travers son combat sans témoins et ses angoisses sans larmes, c'est l'Iran de 1950, avec son charme encore intact et ses traditions déjà menacées que Daniel Gray fait surgir du passé comme un mirage au lointain des déserts.
Le général dit : « Vous serez heureuse à Formose, ma chère. Au milieu des Chinois, nous autres, Américains, formons une petite communauté unie, sans problèmes, un îlot où il ne se passe rien. » Orpheline, née et élevée à Saigon, Armelle, la très jeune épouse du Major David Lamont, apprendra trop vite qu'en vérité, il se passe beaucoup de choses dans le camp américain de Taïpeh. La connaissance du secret des autres met son amour et sa vie en péril. Il lui faut peu de temps pour comprendre que sa pire ennemie est Shane, la première épouse de David. Que peut-on contre une morte ? Et pourtant, quand, un mois plus tard, à la fin d'un dîner, le général dira : « N'avais-je pas raison ? Nous formons un îlot protégé sur lequel il ne se passe rien... » Armelle Lamont, le coeur en paix, se contentera de sourire.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Trois enfants ont grandi ensemble aux Antilles ; trois enfants se sont aimés. Plus de vingt ans après, ils se rencontrent ; l'aînée, Marion, qui a épousé à seize ans un grand mutilé de guerre, est devenue en secondes noces la femme d'un milliardaire âgé, lord Chandler. Donat, l'orphelin qui rêvait d'elle, s'est fiancé à Bathilde, dont la famille n'a pas quitté la Trinidad. Oubliant Bathilde, Donat et Marion s'efforcent de retrouver « le vert paradis des amours enfantines ». Mais la jeune femme, à la fois coupable et victime, est traquée par le souvenir du meurtre qu'elle a commis. Tout au long du roman, elle évoquera avec le geste de lady Macbeth sa plainte célèbre : « Je respire encore l'odeur du sang ; tous les parfums d'Arabie ne purifieront pas cette petite main. » Qui, de Marion ou de Bathilde, franchira les portes de l'Eden que l'amour de Donat a ouvertes devant elles ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.