Daniel Apruz
Daniel Apruz
Depuis plus de 50 ans, Des fleurs avant le pain raconte l’histoire touchante des Petits Frères des Pauvres, qui brisent l’isolement des aînés en leur offrant bien plus que des soins : de la tendresse, des liens et une raison de sourire.
Nous sommes nombreux ici. Mille peut-être. Les uns disent plus, les autres moins. On nous a jamais comptés. Sauf Vermonchet. Vermonchet savait certainement combien nous étions. Il comptait tout par habitude. Même les nuages qui passaient. Dans sa tête tout se transformait en grosse pelote de chiffres. C'était un secret qu'il gardait sous sa langue comme un bonbon. Nous sommes mille peut-être dans cette ville que Wolff a voulu bâtir. Il avait trouvé cet endroit par hasard au bout des routes et c'est ici qu'il s'est installé. c'était un endroit de nulle part. Avant nous il y avait personne. Puis d'autres sont venus et d'autres encore. Et la ville a grandi.
Dans une petite ville où chacun a son histoire, Léonard le Balayeur danse en balayant les rues et séduit Geneviève, tandis qu’Élie Toubaron prédit l’avenir dans ses rêves.
Et si un arbre poussait dans votre tête ? Jérôme, héros rêveur et solitaire, part à la rencontre de l’amitié et de l’amour dans un Ardèche fantastique, où les arbres grimpent sur les murs et les maisons.
Découvrez Malac, ce village où dix-sept pendules s’affranchissent du temps et où chaque habitant cache une folie douce. Entre humour et poésie, Daniel Apruz signe une chronique tendre et décalée, à mi-chemin du rêve et de la réalité.
« Banlieues lointaines » est le cinquième roman de Daniel Apruz. Et, sans doute, est-ce le roman le plus achevé mais aussi désespéré, sans cri, sans larme, d'une manière parodique et cocasse, avec cette désespérance paisible et souriante d'une errance qui tourne en rond. On trouve dans ce texte le pessimisme de l'immédiat qui déjà se remarquait dans les précédents romans de Daniel Apruz. Mais sans amertume, avec le sourire de celui qui fume sa pipe en attendant que ça se passe. Banlieues lointaines, dont le thème principal est peut-être la mort, peut se lire comme le roman d'un temps qui se termine dans un cul-de-sac. Dans cette rue Moche du roman où tout le monde se retrouve, et où chacun est la banlieue lointaine de l'autre.
L'histoire que raconte « Au bord du monde » se déroule dans une ville étrange minée par des taupes sournoises plus ou moins mythiques. Mais nous ne saurons jamais si les maisons s'écroulent réellement. Nous ne saurons jamais si ce que dit le narrateur est le rêve ou la réalité. Ce narrateur est un singulier personnage. Il n'a pas de nom. Il n'a pas d'âge. Il vit la réalité comme s'il rêvait. Ou peut-être rêve-t-il comme s'il vivait. En tout cas on ne le saura pas non plus. Il s'agit d'une épopée dérisoire et farfelue dans un monde qui paraît chavirer. Des aventures banales ou étranges, burlesques ou tragiques, se succèdent et se télescopent comme la réalité condensée sur l'écran d'un téléviseur, ou comme les rêves en miettes dans un kaléidoscope détraqué. Le tout dans le vacarme des sirènes et le bruit des bulldozers. Peut-être s'agit-il d'une descente cocasse aux enfers. Mais cette fois Béatrice joue à cache-cache...
Il s'agit d'un roman picaresque. Si l'on y prend tout littéralement c'est un récit d'aventures invraisemblables. Mais symboliquement il signifie tout autre chose : c'est une « représentation ». D'où le peu d'importance accordée à la psychologie des personnages. Ce qui importe c'est la signification générale que prend tel ou tel acte, telle situation inventée par rapport au réel, et la manière de dire, de projeter, de représenter. À travers une suite d'épisodes bouffons ou fantasques, l'auteur exprime quelques-unes des obsessions contemporaines qu'il croit réelles : le cancer, l'argent, le béton, la sexualité, la violence, la folie... la peur surtout ! Le monde est déshumanisé et refusé... mais sans discours, simplement, en filigrane. « La Baleine » est un roman d'un style, d'une violence peu communs. Il faudrait remonter à Céline pour en reconnaître l'équivalent. Mais celui-ci est bien de notre temps, véritablement, profondément révolutionnaire. Mais aussi désespéré.