Claude Vaillancourt
Claude Vaillancourt
Hollywood règne sur les salles de cinéma, tant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. Bien qu’ils vendent du rêve et du divertissement, les films hollywoodiens traitent aussi de questions sociales et politiques. Comment décoder les messages politiques véhiculés par cet imaginaire? Hollywood et la politique est un guide critique du cinéma étatsunien des années 1980 à aujourd’hui, illustré par de nombreux exemples, de V for Vendetta aux documentaires de Michael Moore, en passant par les blockbusters les plus significatifs. Forgé au cœur même de l’empire américain, le cinéma hollywoodien est une industrie puissante qui carbure au capitalisme et a tout intérêt à le défendre. Dans ce contexte, les artisans du septième art jouissent-ils de la liberté de créer des œuvres réellement critiques ou sont-ils condamnés à produire des films de propagande? Traitant du politique dans son sens large, Claude Vaillancourt classe les films en trois grandes catégories: le cinéma du statu quo, qui se contente de répéter les discours officiels; le cinéma du questionnement, qui dénonce certains problèmes, mais sans remettre en cause l’ordre social; et le cinéma subversif, où le documentaire occupe une place de premier plan. L’auteur démontre en quoi le cinéma hollywoodien, malgré la montée des Netflix et autres Amazon ainsi que les répercussions de l’affaire Weinstein, demeure un instrument privilégié pour transmettre les valeurs américaines (individualisme, famille, respect des institutions, distinction entre le Bien et le Mal), contribuant à «fabriquer le consentement». Il reconnaît en même temps à certains films une grande liberté de ton. Une analyse tout en nuances qui assume pleinement la subjectivité du jugement sur l’art.
Avoir une personne qui s'est suicidée dans son entourage crée d'importants questionnements. Il est difficile, quand l'événement se produit, de reprendre la vie comme si de rien n'était, de ne pas être saisi par l'immense besoin de comprendre, de se dégager d'une certaine culpabilité. J'ai personnellement été marqué par des personnes qui se sont suicidées autour de moi. Si bien que j'ai senti le besoin de raconter l'histoire de trois d'entre elles : un ami intime, mon frère et une compagne militante devenue une grande amie. Trois individus aux parcours très différents, aux personnalités contrastées, unies seulement par leur mort volontaire. Le récit de leur vie montre bien à quel point chaque suicide nécessite sa propre explication, que derrière chacun se cache un roman tragique. J'aborde le suicide en passant du privé, au social, jusqu'au politique, en soutenant mon propos par des références littéraires et cinématographiques, sans intention de résoudre des mystères, mais en réfléchissant sur des cas abordés avec compassion.
Deux freres, Adrien et Charles, participent activement aux émeutes contre la conscription qui se déroulent à Québec pendant la Premiere Guerre mondiale. Devant la répression qui suit ces manifestations, ils décident de s'exiler au sud de la frontiere, d'abord au Massachusetts, pour travailler dans les manufactures de coton, puis en Virginie-Occidentale, où ils souhaitent s'engager comme mineurs. Mais ils se retrouveront plutôt au coeur du plus important soulevement populaire armé de l'histoire des États-Unis: dix-mille mineurs en colere et bien équipés en armes affrontent une milice privée de trois-mille volontaires au service des grands propriétaires de mines.
Alors que nous sommes partagés entre l'envie de nous distinguer et le désir de nous conformer, il devient souvent plus convenable de nous mouler aux autres. Les individus trop dissemblables sont vus tantôt comme des menaces, tantôt comme des êtres dont il ne faut pas tenir compte. Le pouvoir politique et économique a toujours bien compris les avantages à contrôler les différences. Longtemps, les sociétés occidentales s'en sont prises à des boucs émissaires : par exemple, l'hérétique, le juif, l'homosexuel, l'étranger, le fou et le handicapé. Peu à peu, avec la reconnaissance des droits humains, il est devenu moins acceptable d'opprimer les gens différents, ce qui a coïncidé avec l'industrialisation, puis avec la mondialisation. Est alors apparu un individu formaté, uniforme, consommateur et facile à contrôler.
Sept personnages, et autant de péchés. Quand la conscience dit non et qu'on choisit sciemment de l'ignorer, il faut être prêt à en payer le prix. Parce que, au-delà de la réussite, il y a la vie. Celle qu'on voudrait mener si seulement on avait assez de volonté. Avec humour, avec un sens précis de l'observation, ce roman, conçu comme un sudoku, raconte l'histoire tantôt loufoque, tantôt attendrissante de personnages qui se démènent dans la lutte quotidienne pour la survie. Quatre femmes et trois hommes se sont connus selon le hasard des rencontres dans une grande ville. Ils sont à leur début dans la vie. Ils sont ambitieux, rêvent de réussir. Mais ils se débattent dans un monde où la concurrence est élevée au rang de valeur suprême. Alors ils doivent être prêts à tout, ne pas flancher, rester sur le qui-vive. Pour eux, ce sont les années de bataille. Ils se lancent dans des chemins différents, se revoient par hasard, se retrouvent, tombent amoureux, fuient, se perdent et se retrouvent à nouveau. Comme dans la vie... Par une large auscultation du monde d'aujourd'hui, ce roman nous fait pénétrer dans différents univers, nous mène d'un spectacle de théâtre ou de danse moderne aux antres du crime et de la prostitution, des coulisses du journalisme à la misère dans des pays détruits par la pauvreté, des recherches d'un savant sur la naissance de la démocratie aux magouilles financières d'une classe assoiffée de richesses.
Qui a tué le psychologue d'origine tchèque Milan Koula ? Voici la question à la base du roman inachevé de la célèbre Béatrice Robin, que devra compléter Olivier Duval, un auteur qui vit de menus boulots d'écriture. Pour dénouer l'intrigue, Olivier remonte jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, là où les pires exactions ont eu lieu. Après le décès d'une ex-compagne devenue auteure à succès, Olivier Duval se voit confier - par voie de testament - le mandat de terminer le manuscrit que cette dernière avait en chantier : Les Fleurs de Terezin, à mi-chemin entre le roman policier et la fresque historique. Sauf qu'Olivier ne prise pas du tout la manière d'écrire de Béatrice Robin : ils sont plutôt aux antipodes esthétiquement parlant. Intrigué malgré tout, et avec l'assurance que l'héritier de Béatrice lui versera la totalité des droits d'auteur pour cette tâche, Olivier se laisse prendre par l'histoire, où Hubert Aquin et Jean-Paul Sartre font leur apparition. Par l'intermédiaire du travail acharné d'Olivier, on a accès au « making of » du roman de Béatrice, avec les doutes et les réflexions qui surgissent dans le cadre d'un patient travail de création.
Et si la Bourse n’était qu’un immense casino menaçant notre sécurité financière ? La Bourse contre la vie de Claude Vaillancourt démystifie les mécanismes spéculatifs et dénonce leur impact sur l’économie réelle.
Finies, les belles années du néolibéralisme! La Grande Récession, le réchauffement climatique et la pandémie de COVID-19, notamment, nous ont plongés dans une nouvelle période de l'histoire. Le virage effectué ces deux dernières décennies s'avère cependant plus discret qu'on pourrait le croire. Pourtant, tout se transforme, et les piliers sur lesquels on s'appuyait pour lire la société vacillent. Partage du pouvoir entre le centre droit et le centre gauche, recherche du consensus, mantras de l'économie de marché mondialisée: certains repères traditionnels s'embrouillent. Le néolibéralisme n'est plus le cadre de référence à partir duquel expliquer le monde et fonder des stratégies pour le changer. Le capitalisme évolue, nous entrons dans une nouvelle ère de confusion, de confrontations, d'extrêmes, avec des gouvernements qui, quand ils ne sont pas franchement autoritaires, détachent clairement la parole des actes. Un nouvel horizon qui dégage par ailleurs des perspectives inédites pour les mouvements sociaux. Bienvenue dans l'après-néolibéralisme.