Cécile Berly
Cécile Berly
Longtemps effacée de l'histoire et des mémoires, depuis son exécution le 3 novembre 1793, Olympe de Gouges suscite, depuis près de quarante ans, quelques biographies mais, surtout, une myriade de romans, de livres destinés à la jeunesse, de pièces de théâtre ou de romans graphiques. Elle y est présentée comme une héroïne, une pionnière incontournable du féminisme et de l'histoire des femmes. Cependant, elle n'a pas, paradoxalement, trouvé sa place véritable dans l'histoire du XVIIIe siècle, et même dans celle des femmes. D'elle, que dit-on le plus couramment ? Elle est féministe - avant même que le mot existe -, révolutionnaire et guillotinée. On ajoute, timidement, qu'elle est femme de lettres, alors que cette qualité est l'essence même de son être. Jamais on ne précise, par absence de lecture de ses quelques cent-cinquante textes, qu'elle est philosophe, appartenant à ce courant progressiste qui défend la tolérance, la liberté et l'égalité, que l'on appelle les Lumières, et que l'on finit par confondre, en partie à tort, avec le XVIIIe siècle. Elle est en queue de comète de l'histoire des philosophes des Lumières. La philosophie, encore plus que les lettres, est une terre exclusivement masculine. En raison de sa nature biologique, la femme serait incapable de philosopher. À l'égard d'Olympe de Gouges, il est temps de changer de paradigme.
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Voici l'histoire de quatre femmes arrêtées, incarcérées, jugées, condamnées à mort puis guillotinées. Marie-Antoinette, reine de France déchue. Madame Roland, brillante égérie politique. Olympe de Gouges, dramaturge et militante. Madame du Barry, la dernière favorite de Louis XV, incarnation de l'Ancien Régime. Quatre femmes qui représentent, chacune dans un registre différent, ce que la Révolution déteste. Et, en premier lieu, des femmes physiquement présentes dans l'espace public, qui non seulement osent le fouler mais tentent, en vain, de l'influencer. Privées quasiment de tout, confrontées à des conditions carcérales drastiques, elles n'ont depuis leur prison d'autre perspective que la guillotine. Ce sont ces derniers jours que restitue Cécile Berly dans ce texte sensible et puissant mettant à nu l'humanité de figures parfois pathétiques mais souvent sublimes.
Madame du Deffand, Catherine II, Julie de Lespinasse, Madame Roland, Marie-Antoinette, Germaine de Staël... Les neuf femmes réunies dans ce livre ont vécu la plume à la main. Qu'elles soient aristocrates ou bourgeoises, favorites ou chefs d'État, richissimes ou de condition modeste, intellectuelles ou frivoles, toutes ont, par goût ou par nécessité, écrit des centaines de lettres. Le XVIIIe est bien le siècle des épistolières. Ces femmes, qui écrivent lettre sur lettre, ont néanmoins intériorisé un contrat social construit sur des inégalités : elles peuvent écrire dans l'espace de leur chambre, de leur cabinet, mais leurs mots ne doivent en aucun cas occuper l'espace public, alors exclusivement masculin. Par la lettre, ces femmes magnifient leur seul espace de liberté. C'est pourquoi Cécile Berly propose un livre tout à fait inédit : réunir les épistolières incontournables de ce siècle et dresser le portrait de chacune. Toutes, et chacune à sa manière, incarnent une forme de modernité. Les lire, c'est leur donner enfin la place qu'elles méritent : celle de la postérité.
Un essai biographique sur Marie-Antoinette qui présente autant la femme que la reine et qui propose une lecture dépassionnée de cette figure incontournable de l'histoire. Autrichienne, Marie-Antoinette devient dauphine de France dans un contexte politique qui lui est plus que défavorable. Dernière reine de l'Ancien Régime, elle se conduit, avant tout, comme une favorite. Elle est puissante, scandaleuse, haïe. Son goût immodéré de la mode, du jeu, du luxe, a aussi laissé la marque d'un style et d'un art de vivre qui ont forgé sa réputation, pour le meilleur comme pour le pire. Mais Marie-Antoinette est aussi et surtout la reine de la Révolution. C'est un rapport de force mortel qui l'oppose à ce « torrent politique » qu'elle condamne autant qu'elle déteste.
Un essai biographique sur Marie-Antoinette qui présente autant la femme que la reine et qui propose une lecture dépassionnée de cette figure incontournable de l'histoire. Autrichienne, Marie-Antoinette devient dauphine de France dans un contexte politique qui lui est plus que défavorable. Dernière reine de l'Ancien Régime, elle se conduit, avant tout, comme une favorite. Elle est puissante, scandaleuse, haïe. Son goût immodéré de la mode, du jeu, du luxe, a aussi laissé la marque d'un style et d'un art de vivre qui ont forgé sa réputation, pour le meilleur comme pour le pire. Mais Marie-Antoinette est aussi et surtout la reine de la Révolution. C'est un rapport de force mortel qui l'oppose à ce « torrent politique » qu'elle condamne autant qu'elle déteste.
Le XVIIIe siècle s'ouvre avec Le Pèlerinage à l'île de Cythère d'Antoine Watteau et s'achève avec La Mort de Marat de Jacques-Louis David : la naissance de la fête galante versus l'agonie d'un tribun révolutionnaire. Deux chefs-d'oeuvre qui illustrent la légèreté et la gravité d'un siècle, deux facettes antagonistes mais complémentaires d'une même époque. Les dix oeuvres ici racontées sont ainsi autant de jalons pour saisir ce siècle passionnant dans ses innombrables contradictions : elles correspondent toutes à un moment du XVIIIe et disent son histoire artistique, culturelle, philosophique, sociale, économique et, bien évidemment, politique. Autant de chefs-d'oeuvre qui ont forgé une société nouvelle, éprise de liberté, d'indépendance et de transgressions, au fil d'un siècle qui, sous la plume sensible de Cécile Berly, oscille sans cesse entre une légèreté savamment entretenue et une gravité qui confine au drame.
Le XVIIIe est le siècle de la lettre. Jamais on est allé aussi loin dans la pratique épistolaire, dans l'écriture de soi, dans le besoin de dire et de se raconter. Ce sont avant tout les femmes qui se distinguent, dans l'écriture, même si elles ne prétendent au statut d'écrivain, de femmes de lettres. À lire Madame du Deffand, Madame Roland et Madame Vigée Le Brun, on comprend bien vite qu'il n'en est rien. Quoi qu'elles en disent ou écrivent. Par la lettre, elles contournent, sans en avoir probablement conscience, les obstacles sociétaux, moraux et littéraires. Madame du Deffand (1696-1780), l'une des salonnières françaises les plus réputées, écrit pour fuir son ennui, véritable maladie de l'âme. Baignée de culture aristocratique, mondaine, lettrée, Madame du Deffand incarne la société d'Ancien Régime dans ce qu'elle a de plus frivole, de plus mélancolique aussi. Madame Roland (1754-1793) écrit, quant à elle, le sentiment puis la politique. Nourrie de philosophie, elle est une idéaliste en tout : en amitié, en amour et même en politique. Madame Vigée Le Brun (1755-1842), enfin, écrit pour rassembler ses Souvenirs, pour les « fabriquer ». Elle écrit pour peindre autrement, avec énergie, douceur, ayant le sens quasi inné de la composition et le goût de gommer, d'atténuer les défauts.
Les Presses Universitaires de France et Frémeaux & Associés proposent cette biographie de Madame de Pompadour, analysée et expliquée par Cécile Berly, historienne spécialiste des femmes au XVIIIe siècle. "Maîtresse puis favorite du roi Louis XV, la bourgeoise Jeanne-Antoinette Poisson est anoblie pour devenir la marquise de Pompadour. Non contente de s'être imposée parmi l'aristocratie, Madame de Pompadour a, en quelques années, gagné une grande influence sur le roi et est devenue la Première ministre officieuse du royaume. Durant près de vingt ans, elle marque profondément le règne de Louis XV et se révèle une redoutable femme d'affaire. Elle utilise son pouvoir politique et sa fortune pour laisser sa trace dans l'histoire de l'art et de l'architecture. Cette bâtisseuse aux origines modestes et obscures aura été l'objet de toutes sortes de fantasmes que Cécile Berly déconstruit ici au travers d'une histoire fascinante." Claude Colombini Frémeaux PARTIE 1 - L'ascension de la future maîtresse : Des origines modestes et obscures - Des ambitions et des ambitieux - Un puissant réseau de financiers - Enfance de la future favorite royale - À la conquête du roi - Un tableau du royaume de Louis XV. PARTIE 2 - Maîtresse puis favorite de Louis XV : Portrait physique et psychologique - Comédienne de société - Les poissonnades - Une femme d'affaires dépensière - Un mécénat éclairé - La bâtisseuse du roi. PARTIE 3 - Une favorite royale toute-puissante : Un Premier ministre officieux - Une autre Madame de Maintenon ? - Une épistolière assidue - Une « nature réfléchissante » sans engagement philosophique.
Sept femmes, sept portraits, sept miroirs de Louis XV. Autant de facettes d'un roi de France complexe, torturé et versatile ; autant de reflets d'un XVIIIe siècle libertin.Louis XV aimait les femmes. Dans l'entourage du " Bien-Aimé ", on trouve en premier lieu la reine de France, Marie Leszczynska, imposée par la politique et vite résignée à son sort d'épouse trompée. Puis les Filles de France, huit au total, dont la monarchie ne sait que faire. Des maîtresses et des favorites, enfin. Qu'ont-elles en commun ? D'occuper le lit du roi pour un temps, long ou éphémère. Avec Louis XV, ce qu'il y a d'inédit et de ô combien sulfureux, c'est que ce privilège-là, après le " règne " de plus d'une décennie des soeurs de Nesle, n'est plus seulement aristocratique. Madame de Pompadour, bourgeoise mais femme de confiance du roi, reste à la Cour près de vingt ans. Elle ira, en accord avec son amant, jusqu'à contrôler sa sexualité en recrutant de jeunes vierges. Après la dernière favorite, plus de petites maîtresses, mais une professionnelle du sexe, la comtesse du Barry : le scandale est total. La monarchie semble à bout de souffle. La jeune dauphine Marie-Antoinette, venue d'Autriche, pourrait-elle lui redonner tout son lustre ? Ces femmes, miroirs d'un roi de France complexe, torturé et versatile, incarnent également les paradoxes de la condition féminine à la Cour, dans un xviiie siècle troublant et fascinant.Historienne, spécialiste du xviiie siècle, Cécile Berly a publié plusieurs ouvrages sur Marie-Antoinette. Elle a également présenté et annoté la correspondance de Madame de Pompadour.
La simple évocation de Marie-Antoinette renvoie à de nombreux clichés : l'Autrichienne, la femme coquette jouant à la bergère, l'épouse insatisfaite, la femme dépensière qui a vidé les caisses de l'État, la reine martyre, etc. Marie-Antoinette est une reine, et une femme, qui a suscité les fantasmes les plus improbables auprès de ses contemporains, et au cours des siècles qui suivront. Donnant lieu à de nombreuses écritures et réécritures historiques, elle dépasse les cadres de l'Histoire : créateurs, cinéastes, romanciers, stylistes, peintres, musiciens... voire pâtissiers, proposent aussi leur propre interprétation du caractère et du rôle joué par Marie-Antoinette. Autant de relectures d'un passé complexe, celui de la fin de l'ancien régime et de la Révolution française.
Pour la première fois, le portait intime, en 80 lettres choisies, de la favorite royale la plus connue, Madame de Pompadour, âme soeur de Louis XV. Madame de Pompadour n'écrit pas, ou pas seulement, pour s'occuper. Écrire, pour elle, c'est une activité exigée par la fonction qu'elle occupe à la cour et dans l'organisation de la monarchie. Elle en est un rouage officiel. Elle est celle par qui l'on doit passer pour être recommandé et obtenir une pension, une place, un privilège. Dans ces lettres, Madame de Pompadour n'est guère frivole, légère ou capricieuse. Elle est autant amoureuse qu'ambitieuse. Sa vie, qu'elle compare volontiers à une " mort continuelle ", est marquée par le chagrin, les douleurs physiques et morales ; dès son arrivée à Versailles, elle a dû lutter pour conserver sa place, objet de toutes les critiques et de toutes les convoitises. Mais au fils de ces lettres, Madame de Pompadour s'est dévoilée. C'est tout à la fois l'intimité d'une favorite et la volonté d'une femme de tête qui sont ici révélées.