Baptiste Morizot
Baptiste Morizot
« Sur une terre inhabitable, aucune vie digne n'est possible. » Baptiste Morizot & Laurent Neyret Le monde se défait. Le règne de la force veut balayer les traités, les droits, les principes. Face à cette vague, le droit ressemble à une digue qui ne retient pas la crue. Et pourtant. Sous les torrents de régression, une rivière souterraine coule - lente, puissante, patiente. Elle sourd de l'injustice ressentie par les citoyens, les juges, les experts devant ce que le droit ne sait pas encore nommer : les atteintes aux conditions de la vie sur Terre. Nommer, c'est armer le futur contre ses propres tentations. Ce livre part d'une énigme simple, presque embarrassante : pourquoi le droit de l'environnement, immense et sophistiqué, plafonne t-il au moment même où les enjeux deviennent existentiels ? La réponse est un vertige. Ce n'est pas un manque de règles. C'est un trou dans la fondation. Il manque une valeur cardinale. À Nuremberg, face à des crimes qui dépassaient l'entendement, le droit s'est haussé à la hauteur de l'époque. Nous sommes appelés au même geste. Avant la consécration de la dignité, la déshumanisation était légale. Aujourd'hui, la destruction du monde vivant qui rend la Terre habitable s'accomplit sous des permis d'exploitation. Le droit protège ce qu'il nomme : égalité, liberté, dignité, sécurité. Il n'a jamais nommé leur condition première - l'habitabilité. Le XXe siècle a consacré la dignité. Le XXIe siècle doit consacrer l'habitabilité. Ce livre est une offre de droit pour le siècle. Prix Olivier-Debouzy 2026
Pourquoi les humains de la préhistoire ont-ils peint des animaux, dans des grottes, de cette manière-là et dans ces milieux-là, au coeur du dernier âge glaciaire européen ? C'est l'une des questions qui taraudent la communauté des préhistoriens depuis bien longtemps et qui suscitent les hypothèses les plus variées. Grâce à son expérience du pistage des grands mammifères en milieu sauvage, Baptiste Morizot renouvelle notre regard sur l'origine de cet art pariétal et libère nos lointains ancêtres du rôle écrasant de l'Artiste. En conceptualisant le regard-jizz si familier des naturalistes contemporains, il tente de raviver la manière d'être humain propre aux chasseurs paléolithiques. À une époque où les animaux sauvages étaient souvent rencontrés comme des silhouettes fugaces entraperçues dans les hautes herbes de la steppe, le jizz était cette expérience visuelle synthétique originale : la saisie d'un style d'apparaître propre à chaque animal, un regard aujourd'hui perdu. Un art de voir désormais oublié - qu'il est pourtant possible de réactiver en nous. Que veut dire créer lorsque les formes ne sont pas dans l'esprit du créateur mais dans la relation écologique quotidienne qu'il habite ? Au croisement de l'investigation préhistorique, de l'histoire de l'art et de la philosophie du vivant, Baptiste Morizot enquête sur les arts de l'attention de notre espèce. Il excave pour aujourd'hui des manières possibles de créer qu'on peut réexplorer dans des formes de vie libérées du mythe tardif de la primauté de l'intériorité : un monde où la relation est première.
« Dragons et licornes peuplent nos histoires. Ce que je veux raconter ici, c'est que nous n'avons peut-être pas besoin d'imaginer des animaux fantastiques pour enchanter nos vies. Et si des créatures fabuleuses arpentaient déjà le monde là-dehors ? » Elles méritent qu'on aille les pister, pour apprendre à habiter ensemble la Terre, et faire face aux temps incertains qui arrivent. L'auteur nous entraîne sur les traces des ours métis du changement climatique, des loups pêcheurs, des abeilles cartographes... Ces êtres possèdent des corps fascinants, qui ouvrent pour chacun d'eux une manière de vivre puissante et improbable. Pister les créatures fabuleuses, c'est partir à la recherche de ce qu'il y a de fabuleux chez les animaux.« En pistant les prédateurs, le philosophe a réappris à faire attention à toutes formes de vie. Il critique l'existentialisme en ce qu'il a fait de l'être humain le seul sujet dans un monde vide de sens, rempli d'objets, et déconstruit le mythe occidental d'un homme au-dessus de la chaîne alimentaire, en dehors de la communauté animale. » Coralie Schaub, Libération « Baptiste Morizot déplace notre regard. Il ne s'agit pas de mythifier la nature, ni de la dominer, au contraire, de comprendre comment cohabiter. Un essai lumineux comme la neige au soleil, exigeant, profondément vivant, qui redonne envie de marcher doucement sur la terre. » Camille, Librairie Le Bleuet« Le philosophe Baptiste Morizot invite à porter un nouveau regard sur la faune sauvage. » Ça m'intéresse
Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle, et c'est probablement elle qui mérite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant. Ainsi, les animaux sont pour nous à la fois des parents et des étrangers d'une profonde altérité. Baptiste Morizot approfondit ici une série d'enquêtes philosophiques fondées sur la pratique du pistage. Il s'agit de pister à la fois les vivants sur le terrain et les idées que nous nous faisons d'eux dans la forêt des livres et des savoirs... Ce livre approche les animaux, humains compris, comme autant de manières d'être vivant.
Qu’est-ce qui fait que quelque chose se passe devant une œuvre – ou qu’il ne se passe rien ? À la croisée de la philosophie et de l’histoire de l’art, ce livre part sur la piste de nos relations à l’art contemporain, et aux œuvres d’art en général. Et d’abord, une énigme : pourquoi avons-nous souvent l’impression, à l’occasion d’expositions d’art contemporain, que les œuvres sont indisponibles ? Comme si elles n’étaient pas là pour être appréciées, rencontrées. Comment expliquer ces rencontres manquées, autrement que par une inculture du visiteur ou une décadence de l’art contemporain ? Cet échec de communication est ici élucidé à travers une généalogie des contraintes qui pèsent conjointement sur la création contemporaine et sa réception. Mais à l’inverse, comment comprendre ce qui a lieu, quand il se passe quelque chose, lorsqu’on est saisi par un livre, dévoré vif par un tableau, déplié par une mélodie – simultanément foudroyé et reconstruit par la rencontre avec une œuvre ? Baptiste Morizot et Estelle Zhong Mengual enquêtent sur le pouvoir de l’art à nous transformer et à se constituer en un lieu privilégié de rencontres individuantes : celles qui nous font. Écrivain et chercheur en philosophie, Baptiste Morizot est maître de conférences à Aix-Marseille Université. Il est l’auteur de Les Diplomates (Wildproject, 2016) et de Sur la piste animale (Actes Sud, 2018). Normalienne et docteure en histoire de l’art de Sciences Po Paris, Estelle Zhong Mengual est l’auteure de L’Art en commun (Presses du Réel, 2018).
Depuis les forêts du Yellowstone aux crêtes du Kirghizstan, des steppes du Haut-Var à la terrasse de son appartement, Baptiste Morizot nous invite à partir sur les traces d'êtres hors du commun, souvent mythifiés : les grands prédateurs - ours, loups, panthères des neiges... À travers différents récits de pistage, l'auteur nous propose ainsi de nous "enforester", selon l'expression des coureurs de bois du Grand Nord canadien : porter son attention sur le vivant simultanément autour de nous et en nous, et apprendre à cohabiter avec lui. Page après page, le pistage repeuple la nature, et notre monde intérieur.
Face à la crise écologique actuelle, nos actions semblent impuissantes. Mais c'est peut-être qu'on protège mal ce qu'on comprend mal. Nous ne sommes pas des Humains face à la Nature. Nous sommes des vivants parmi les vivants. Que devient l'idée de "protéger la nature" quand on a compris cela ? Cela devient raviver les braises du vivant, c'est-à-dire lutter pour restituer aux dynamiques du vivant leur vitalité et leur pleine expression. Cet ouvrage se penche sur des initiatives qui révèlent un mouvement puissant, qu'il faut accompagner et nourrir : la réappropriation de la défense du tissu du vivant, du soin des milieux de vie. Nous sommes le vivant qui se défend.
Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle, et c'est probablement elle qui mérite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant. Ainsi, les animaux sont pour nous à la fois des parents et des étrangers d'une immense altérité. Baptiste Morizot approfondit ici une série d'enquêtes philosophiques fondées sur la pratique du pistage. Il s'agit de pister à la fois les vivants sur le terrain et les idées que nous nous faisons d'eux dans la forêt des livres et des savoirs... Ce livre approche les animaux, humains compris, comme autant de "manières d'être vivant".