Ango SAKAGUCHI
Ango SAKAGUCHI
« Quelle farce ! Ben quoi ? Un meurtre, c'est bien une farce, non ? Cette maison, d'abord, c'est cette maison qui est une vaste farce ! Est-ce qu'on peut vraiment avoir l'air sérieux ici ? Je croyais que c'était un lupanar, mais tu parles ! C'est pire que ça ! » Un écrivain à la mode est assassiné dans la vaste demeure d'un homme politique puissant et fortuné. Ainsi commence Meurtres sans série, roman policier farcesque et décalé, écrit en 1947, dans l'effervescence de l'après-guerre. L'oeuvre se développe sur fond de sexe, d'argent... et de littérature.
La déchéance ? Un acte de provocation, de révolte, de rupture avec le monde établi et bien-pensant du Japon de l'après-guerre. C'est le défi de L'Idiote qui s'enfuit de chez elle, qui fuit la colère et la haine, celui du fou, son mari, qui a rompu tout lien avec le reste du monde et sa mesquinerie pour préserver ainsi l'intégrité de sa vie privée, et celui de la femme frigide du second récit : Je voudrais étreindre la mer, qui enfourche sa bicyclette pour obéir à son destin. L'oeuvre du romancier Sakaguchi Ango (1906-1955) est marquée par la déchéance et la provocation, contre les valeurs établies et la morale conformiste. Ses personnages sont des antihéros, incarnant le sentiment d'une irrémédiable solitude de l'être.