André Rollin
André Rollin
« ...Marc Dillon croise une jeune femme dans la rue. Il la suit. S'imagine une folle randonnée. Il (nous) révèle (apprenons) son nom : Chantal Méricourt. Il la voit disparaître dans le jardin du Luxembourg. Vision de sa chevelure au-dessus des marches. C'est la fin d'un samedi de février. Le lendemain - dimanche donc - alors qu'il se coupe les ongles, il apprend, par le petit écran, qu'une jeune inconnue a été trouvée assassinée au pied d'une statue du Luxembourg. Celle de Louise de Savoie, Régente (reine) de France. Dillon y va. Marche longtemps dans les allées ratissées. Rentre chez lui. On comprend son étonnement. Sa perplexité. Sa douleur ? Le lundi, comme chaque lundi, il regagne son bureau aux Archives Nationales. Son directeur est Armand Marcabrault. On parle de lui pour les palmes académiques. »
Plongez dans L'assassinat d'Elsa, un roman policier littéraire où André Rollin mêle fiction et réalité autour du couple mythique Aragon et Elsa Triolet.
Pourquoi le père Lacordaire quitte-t-il subitement Sorèze, dans le Tarn, à la fin du siècle dernier ? Il se rend à Paris, alors que la peste décime les chevaux du parc de son collège. Contre l'avis de son ami-serviteur Tancrède, il a rendez-vous avec la Femme Rousse, putain-pythie qui doit lui transmettre un message. Pourquoi le narrateur, François Fydal, à la fin du XXe siècle explore-t-il une caverne près de Sorèze... ? Pour retrouver la Femme Rousse... ? Pour écouter le même message que le père Lacordaire ? D'un siècle l'autre, la même prophétie ? Et quel est ce "contrat" qui lie Fydal à Marguery, son éditeur ? En vérité, il doit raconter une histoire avec personnages, intrigue, etc. Mais n'est-ce pas sa propre histoire et les événements de l'année 1995 qui s'imposent à lui ? Lacordaire-Fydal, télescopage du temps. "Tout se tient", dit Fydal. Ou encore : "Tout est faux.".
Au-dessus de la Seine, au dernier étage d'un immeuble baroque, une baie vitrée en demi-lune est, chaque nuit, illuminée. De la place de la Concorde, on l'aperçoit, elle intrigue. L'ordonnateur de cet éclairage nocturne est François Fydal. Dix ans après avoir fui Paris pour l'Amazonie, il est de retour. A-t-il rencontré ce calao - oiseau des forêts chaudes - symbole de jours heureux que le souvenir seul illumine ? André Rollin s'empare de la mémoire de François Fydal : enfant, cet homme disloqué rêvait de crever le ciel d'un jet de cailloux. Aujourd'hui, est-il revenu pour briser cette baie - en éteindre la lumière - afin de retrouver peut-être une femme, des femmes ? Le Calao, roman au nom d'oiseau des contrées lointaines, agit comme un cérémonial incantatoire, l'écriture précise et dense réveille la mémoire et, comme de la glace, très vite brûle.