André Malraux
André Malraux
Les réalités et les comédies du monde, entretien réalisé par O. Germain-Thomas, et paru en Janvier 1975, est, sans doute, le dernier texte ou Malraux expose, aussi largement, sa philosophie de l'Histoire, par rapport aux grands événements qui ont secoué le 20e siècle. En mars de la même année, dans un entretien paru dans Le Point : Elle a des ailes, il expose clairement ses conceptions de l'amour, et ses relations avec l'univers féminin. La question des conquérants présente le point de vue de Malraux sur son roman, à l'occasion du débat public organisé, en 1929, par l'Union pour la Vérité, à la suite de la parution de cette oeuvre, qui suscita de nombreuses réactions passionnées parmi les intellectuels de l'époque. Enfin, nous republions la réponse de Malraux à une enquête menée en 1933, parmi la revue Avant-Poste : Sur le fascisme en France.
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"Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac ; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable en cet instant que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même - de la chair d'homme." "Une véritable méditation sur le tragique de l'action." Pascal Bruckner, Le Figaro. "Un roman d'action, un roman politique et un roman métaphysique." François Busnel, La P'tite Librairie. "Une magistrale réflexion sur l'humanité." Coup de coeur de la librairie Vivement Dimanche (Lyon)
Plongez dans La condition humaine, chef-d'œuvre d'André Malraux, Prix Goncourt 1933. Ce roman puissant explore la révolte, la liberté et l'engagement à travers l'insurrection communiste de Shanghai en 1927.
L'homme, par le seul fait qu'il existe et qu'il se pense en tant qu'homme, dément la fatalité de sa condition. Ce pouvoir, l'artiste l'affirme avec force, qui non seulement développe sa propre vision du monde, mais sait la faire partager à d'autres ; le grand homme l'affirme également, qui perpétue par l'Histoire ses actes exemplaires. Dans cette tension qui sans cesse oppose l'homme à la mort apparaît l'unité profonde de la démarche de Malraux : l'action est l'une des formes que revêt cette tension, l'art en est une autre, sans doute plus efficace et plus fondamentale. Armes contre la mort, la politique et la culture sont indissociables - c'est ce que disent les discours, articles et entretiens ici réunis.
Le ' démon de l'absolu ', c'est ce qui, toute sa vie, tourmenta Lawrence d'Arabie (1888-1935), dont Malraux entreprend ici d'écrire la biographie. Mais en revenant sur cette existence hors du commun, Malraux ne se contente pas de raconter les événements troubles qui agitèrent la péninsule Arabique durant la Première Guerre mondiale : il prolonge volontiers le fait en métaphore, il élève le récit au rang de mythe. Chez lui, la biographie se double d'une méditation poétique. D'où sans doute le statut du texte : insatisfait d'être ' bridé par le réel ', Malraux le laissa inachevé. Réédité ici pour la première fois depuis sa publication posthume en 1996 dans la ' Bibliothèque de la Pléiade ', Le Démon de l'absolu n'en est pas moins un exercice d'admiration fascinant, où le biographe rejoint son sujet. C'est dans ces pages que l'auteur de L'Espoir a tenté de cerner l'archétype de l'' Aventurier ', ' qui semble d'abord un mythe de l'énergie ', mais ' qui est sans doute un mythe infiniment plus complexe, où la liberté joue le premier rôle '.
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Le livre de Malraux reflète fidèlement le désarroi, les promiscuités et les atrocités d'une révolution ; mais il en exprime aussi la conscience, le sens, le mouvement souterrain. Et c'est parce qu'il ne cache rien des horreurs et des niaiseries de la guerre civile, qu'il charge son titre d'une valeur singulière. Voici les fautes, voici les sots, les mercenaires, les guerriers, voici le doute qui prend le plus résolu quand, à l'instant de mourir, il sent que son corps était beau ; mais voici cette attente, cet appel, cette recherche, on ne sait au juste de quoi, de quelque chose qui efface le passé, d'une communion plus intime dans le danger, la lutte, la souffrance, d'une patrie, d'une gestation, d'une justification par le sacrifice ; - l'espoir.
"Le poète et le fayseur de dyables complètent le monde." André Malraux, Les Voix du silence. Poétiques, précis et précieux, ces centaines de "dyables", dessins qu'André Malraux a offerts à sa femme Madeleine, révèlent de lui une facette méconnue : farfelue, familiale et joueuse.
De l’enfance brisée à la réussite entrepreneuriale, Le Jour où j’ai arrêté de subir raconte le combat d’un homme pour transformer sa souffrance en force.
"Si toute condition humaine n'est pas renfermée dans ces pages, du moins est-il certain qu'elle ne cesse pas d'y être en question, et si tragiquement, si profondément que le livre se trouve encore accordé par ses accents aux peines les plus lourdes et aux plus grandes souffrances. C'est un sûr gage de son exceptionnelle valeur. [...] La plus grande beauté du livre - et je ne dis rien de l'intensité de certaines descriptions ou de certaines scènes qui appellent l'image de reproduction cinématographique - est dans quelques conversations terriblement lucides au cours desquelles les personnages, haussés au-dessus d'eux-mêmes par l'événement, livrent tout leur secret. C'est là qu'il faut chercher l'esprit de l'oeuvre, la définition qu'on peut tirer de notre condition. Nous sommes seuls, d'une solitude que rien ne peut guérir, contre laquelle nous ne cessons pas de lutter." Jean Guéhenno Prix Goncourt
Plongez dans La condition humaine, chef-d'œuvre d'André Malraux, lauréat du prix Goncourt 1933. Ce roman captivant explore la quête de sens et l'engagement à travers la révolution chinoise de 1927.
Lorsqu'on croit tout connaître d'un auteur, il manque encore sa vie intime, dont les lettres apportent la trace. On trouvera ici un autre Malraux, simple, drôle, ami fidèle, tantôt lyrique, tantôt farfelu. Et puis un réseau d'amis qui s'appelaient André Gide, Roger Martin du Gard, Raymond Aron, Max Jacob, Louis Guilloux. Et la présence de l'histoire, quand il s'agit du général de Gaulle et d'Indira Gandhi. On entre ainsi, à travers ces lettres pour la première fois livrées aux lecteurs, à l'intérieur d'un des plus grands cerveaux de notre époque et on lit une oeuvre dans l'oeuvre, où il est de nouveau question du roman, de l'art et de la vie.
Lorsqu'on croit tout connaître d'un auteur, il manque encore sa vie intime, dont les lettres apportent la trace. On trouvera ici un autre Malraux, simple, drôle, ami fidèle, tantôt lyrique, tantôt farfelu. Et puis un réseau d'amis qui s'appelaient André Gide, Roger Martin du Gard, Raymond Aron, Max Jacob, Louis Guilloux. Et la présence de l'histoire, quand il s'agit du général de Gaulle et d'Indira Gandhi. On entre ainsi, à travers ces lettres pour la première fois livrées aux lecteurs, à l'intérieur d'un des plus grands cerveaux de notre époque et on lit une oeuvre dans l'oeuvre, où il est de nouveau question du roman, de l'art et de la vie.
Découvrez L'Homme précaire et la Littérature, où André Malraux révolutionne notre regard sur l'art et la fiction. Une plongée captivante dans l'histoire de la création littéraire, de l'ère sacrée à l'avènement de la modernité.
L'Homme précaire est à la littérature ce que La Métamorphose des dieux est aux beaux-arts. Malraux propose d'appliquer à la littérature la périodisation de l'histoire de l'art qu'il avait dégagée pour renouveler notre expérience des oeuvres : une première période de figuration d'un surnaturel invisible, objet de prière et de dévotion ; une deuxième, à partir de la Renaissance, au cours de laquelle l'art visait à représenter le monde réel, pour s'approcher toujours plus de l'illusion ; mais plus cette illusion était poussée, plus elle occultait l'acte créateur, qui, dans un troisième temps et grâce à la rupture initiée par Manet, devint désormais l'essentiel. Appliquée à la littérature, cette tripartition en bouleverse notre conception. La fiction est la notion pivot qui permet de distinguer respectivement les trois moments. Elle est, pour chacun d'entre nous, une expérience majeure : parce qu'elle nous fait vivre par procuration une vie, c'est-à-dire un temps autre que le nôtre, elle porte plus loin qu'un simple divertissement.
Énigme des Noyers de l'Altenburg : c'est un dernier roman. Quand le livre paraît, André Malraux a quarante et un ans ; dans le tiers de siècle qui lui reste à vivre, il publiera la longue suite des écrits sur l'art et ces oeuvres dont le titre, Antimémoires, résume l'ambition. Si le cas des Noyers est singulier, c'est qu'il y a abandon non seulement d'un projet, mais du genre même où Malraux avait affirmé sa maîtrise : le roman. Dans ce livre, nombreux sont les souvenirs personnels : l'Alsace entrevue en 1922, le premier retour en Europe, à Marseille, la découverte de la Perse et de l'Afghanistan, les décades de Pontigny, l'expérience militaire de 1939-1940. Tout ce qu'a vécu Malraux, il l'a "transformé en fiction", prêtant tantôt au narrateur, tantôt à son père, ses propres aventures et sentiments. Parfois l'auteur transpose simplement les lieux ou les dates : ainsi la cathédrale de Sens est transportée à Chartres. Pour l'écrivain, tout devient métamorphose : la vie, les lectures, les souvenirs, les passions...
« Qui sait qu'il y a d'un côté la vie des hommes, c'est-à-dire l'Histoire ; et d'un autre côté la vie des papillons, par leur propre voie, dans une ignorance complète des hommes, et qui continue depuis deux cent soixante millions d'années ? » En 1971, Claude Santelli et Françoise Verny recueillent la parole d'André Malraux. Sous les arbres de Verrières-le-Buisson, où l'accueillit Louise de Vilmorin et où il séjourna jusqu'à sa mort, en 1976, ces « Antimémoires télévisées » prennent la forme d'une quête métaphysique : chercher dans l'Histoire la mythologie qui imprime des traces dans les esprits et les coeurs. L'écrivain qui fut combattant en Espagne, résistant et ministre, ne discourt pas, il conte. Lorsqu'il parle d'héroïsme, se bousculent à son esprit les figures d'Alexandre, de Robespierre, de Mao ou de De Gaulle. Tandis qu'il évoque Jean Moulin, apparaît le peuple de la nuit avec son cortège d'ombres torturées. Face au Christ qu'il admire, André Malraux célèbre la capacité des hommes à se dépasser. Accompagnée d'extraits de ses plus grandes oeuvres, cette adaptation textuelle de La Légende du siècle donne à entendre la voix d'André Malraux dans toute son inimitable profondeur. « Visionnaire, André Malraux a le génie des chocs et des détours. De tous ces éclairs, jaillit la lumière. » Françoise Verny
- Pourquoi faut-il attendre l'âge de quarante ans pour être écouté? André Malraux - Avec votre question m'apparaît ceci : en réalité ce qu'on a à dire d'important, on le dit toujours à des jeunes gens. L'Europe et sa construction, le communisme, les héroïnes romanesques, Dieu, la révolution et les barricades... Questionné par des étudiants quelques mois avant Mai 68, puis en conférence de presse peu après les événements, André Malraux se prononce.
- Pourquoi faut-il attendre l'âge de quarante ans pour être écouté? André Malraux - Avec votre question m'apparaît ceci : en réalité ce qu'on a à dire d'important, on le dit toujours à des jeunes gens. L'Europe et sa construction, le communisme, les héroïnes romanesques, Dieu, la révolution et les barricades... Questionné par des étudiants quelques mois avant Mai 68, puis en conférence de presse peu après les événements, André Malraux se prononce.
Cet essai légendaire (1926) se présente comme une correspondance entre deux jeunes gens: le Français voyage en Extrême-Orient, le Chinois visite l'Europe. A.D. est tenté par le confort de la pensée orientale, Ling rebuté par la sécheresse intellectuelle de l'Occident. Un plaidoyer pour l'harmonie asiatique, une introduction à la vie et à la pensée de Malraux
"On lit ce livre avec un plaisir assez unique. Il peut tour à tour réjouir et indigner n'importe qui. Les étrangetés y sont convaincantes, les textes connus y paraissent neufs. La durée y est non pas fiévreuse, mais infatigable. À tout instant, sans un temps mort, on change de lieu, de sujet, d'interlocuteur. Malraux fait revivre la célèbre vivacité napoléonienne, Napoléon se prête merveilleusement à un film malrucien. Alors paraissent au grand jour toutes nos contradictions innées. Le rassembleur est un individualiste. Une révolution qu'on sauve est tuée et une révolution qui se suicide se propage. Napoléon a des modesties provocantes et des hauteurs ubuesques. Sa lucidité surprend et ses inconsciences n'étonnent pas moins. Sa promptitude légendaire n'est pas exempte de bévues. Il touche à tout avec un bonheur déconcertant et de sinistres lacunes. Une réussite de rêve aboutit à une chute qui fait songer mais qui nimbera l'épreuve. Malraux a cru n'avoir qu'ausculté son héros à travers les textes qui en émanent, au point de n'avoir ni signé ni présenté son montage. Mais le découpage des phrases, leur isolement ou leur regroupement, leur transposition, leur distribution selon l'irréversible chronologie d'une vie, et aussi, bien sûr, les omissions font un Napoléon plus vrai que nature." Jean Grosjean.
Je travaillais, beaucoup. Je compulsais les chiffres de l'avenir devant un ordinateur cubique et ronronnant, dans un bureau de vingt personnes à ma semblance, et par les fenêtres immenses nous aurions pu voir des tours. Je ne regardais pas par la fenêtre. Le soir, lorsque j'arpentais les parvis dans la même direction que tous les autres, je levais parfois la tête et je trouvais cela beau. La beauté des quartiers d'affaires. J'étais très aimable. On m'appréciait, beaucoup. Nous partions parfois en week-end à plusieurs, nous n'étions jamais fatigués. Et nous trouvions qu'il était important que les minorités soient reconnues. Les minorités, c'est à peu près tout, sauf les pauvres, qui sont la majorité. Mais nous ne les connaissions pas. Comme tous, j'étais contre le racisme, contre l'homophobie, pour l'extension du réseau TGV. Je ne voulais de mal à personne. Quand j'avais vingt ans, personne n'aurait dit de moi que j'étais un monstre, et pourtant j'étais monstrueux. Portrait de Fanny Taillandier par Léa Crespi © Flammarion
"Un sous-officier me fit signe de sortir ; la cour était pleine de soldats. Je pouvais faire quelques pas. Il me tourna vers le mur, les mains appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête. J'entendis un commandement : Achtung, je me retournai : j'étais en face d'un peloton d'exécution."
'Ce qui me fascine dans mon aventure, c'est la marche sur le mur entre la vie et les grandes profondeurs annonciatrices de la mort. C'est aussi le souvenir de ces profondeurs. Les réanimés ne se souviennent de rien (de rien, mais de conversations entre les médecins !). La rencontre avec la part de l'homme qui marche, geint ou hurle quand la conscience n'est pas là. J'ai été conscient de ne plus savoir où j'étais -, d'avoir perdu la terre. Pas d'autre douleur que celle des autres, qui bat confusément cette chambre blanche où veille la petite lampe de la nuit comme, dans ma chambre de Bombay, la rumeur de l'Océan battait la grève. Je suis lucide, d'une lucidité limitée au ressassement d'une terre de nulle part, à la stupéfaction devant cet état ignoré. Ce qui s'est passé n'a rien de commun avec ce que j'appelais mourir.' En 1972, André Malraux, 'atteint d'une maladie du sommeil', est hospitalisé à la Salpêtrière. De cette expérience va naître Lazare, un de ses plus beaux livres, celui qu'il choisit pour clore le cycle du Miroir des limbes.
Quand ce livre paraît, en 1928, on s'interroge : est-ce un roman ? un reportage ? un document historique ? Un livre important, qui d'emblée, après La Tentation de l'Occident, place le jeune Malraux parmi les plus grands. 1925 : nous sommes en pleine révolution chinoise ; Garine et Borodine, exaltés, rongés par l'Asie, réalisent l'oeuvre qu'avaient rêvé les grands empereurs. Leurs énergies s'affrontent, se renforcent, et parviennent à galvaniser une masse amorphe, à briser enfin l'étreinte de l'Europe. Entourés d'espions, usant tour à tour de la terreur et de la ruse, ils modèlent l'argile jaune pour la révolution, impitoyables et farouches, sans scrupules : conquérants. Dans une atmosphère de roman policier et de drame classique, la révolution chinoise répand ses cendres et la liberté...
« ... entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé; avec tous les rayés et les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle nos frères dans l 'ordre de la Nuit... » Discours du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon. hommage aux maquisards et aux résistantes déportées : Malraux prononce trois discours magistraux sur la Résistance.
En 1959, Frédéric Grover, historien de la li érature, part sur les traces de Drieu la Rochelle et, chemin faisant, fait la rencontre d'André Malraux. Rue de Valois, le ministre des Affaires culturelles accepte en effet de le recevoir pour parler du lien qui l'unissait à l'auteur du Feu follet, dont il avait fait, en 1943, le parrain de son fils Vincent. Malraux en profite pour saluer l'aîné, l'ami, l'admirateur admiré qui reste, malgré l'opposition idéologique, l'un des hommes « les plus nobles » qu'il ait rencontrés. Frédéric Grover, ébloui par les fulgurances du ministre, mais non moins touché par sa simplicité, sa modestie et sa gentillesse, décide de renouveler l'expérience et, jusqu'en 1975 - de la rue de Valois au château de Verrières-le-Buisson -, revoit l'écrivain pour l'entendre parler des autres écrivains. À Barrès, Malraux rend un hommage paradoxal en forme de règlement de comptes. À Paulhan, le grand découvreur auquel il doit tant, il voue au contraire une admiration sans réserve. Quant à Céline, il apparaît vite comme l'anti-Malraux... Au fil de ces conversations, que Frédéric Grover restitue aussi fidèlement que possible, défi lent de nombreuses autres figures : Bernanos, Nietzsche, Dostoïevski, mais aussi Camus et Sartre. L'auteur de La Condition humaine apparaît ici parmi ses pairs, lui qui n'espérait qu'une épitaphe : «André Malraux, écrivain».
« Comprendre Malraux, c'est d'abord l'écouter. Sa parole est une illumination. Un éclairage indispensable (...) Au commencement, donc, il y a sa voix. Cette voix, que nous avons voulu faire entendre ici, surgie des limbes, intacte, est un défi au temps qui nous broie et à l'intelligence qui nous manque. Une voix à l'affût des éternelles projections de l'âme humaine. La voix, chez Malraux, est le pendant du regard - ce regard unique qu'il sut porter sur la politique, l'histoire, l'art. C'est la voix de la France. » François BUSNEL
"Un sous-officier me fit signe de sortir ; la cour était pleine de soldats. Je pouvais faire quelques pas. Il me tourna vers le mur, les mains appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête. J'entendis un commandement : Achtung, je me retournai : j'étais en face d'un peloton d'exécution."
Plongez dans l'univers clandestin de la Cellule Delta, où cinq agents d'élite de la DGSE traquent les terroristes en Libye pendant le printemps arabe.
Enregistrement inédit de l'Assemblée nationale. « (...) une bande magnétique miraculeusement conservée au Palais Bourbon nous donne à entendre la voix inimitable, la verve et la force démonstrative du grand Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite « des libertés ». Evoquant tour à tour l'Etat, la démocratie, l'enseignement, l'ancien ministre de la Culture développe sa vision de la liberté et de l'action publique. Le premier, Malraux avait proposé d'enregistrer les cours des grands philosophes contemporains pour les diffuser dans le pays et par-delà le temps ; à son tour, six mois avant sa mort, c'est un testament politique et moral qu'il laisse aux générations à venir. J'ai voulu rendre accessible à tous cette archive sonore exceptionnelle, un enregistrement qui témoigne par ailleurs de ce que peut être le travail en commission, moins connu que la séance publique et pourtant si crucial. « Il y a un héritage de la noblesse du monde et il y a notamment un héritage de la nôtre », disait Malraux. Soyons à notre tour de dignes héritiers de son oeuvre et de son exemple. » Jean-Louis Debré - Président de l'Assemblée nationale « Qu'est-ce, en effet, que la liberté de ne rien faire si personne n'est là pour vous en empêcher ? Au cours de l'histoire, les sources de contraintes se sont succédées : pour le XVIIIe siècle, c'étaient les privilèges et la religion ; pour la Convention, c'étaient les rois ; pour Marx et Lénine, c'était le capital. » André Malraux - Introduction du Discours du 12 mai 1976. André Malraux, dont on ne rappelle plus l'importance dans la vie politique, littéraire et artistique du XXè siècle, fut également l'un des plus grands tribuns de son temps. Frémeaux & Associés remercie l'Assemblée nationale, qui vient d'exhumer cet enregistrement, ainsi que Florence Malraux, qui en a autorisé la diffusion auprès du public. Témoignage du patrimoine immatériel détenu par l'Assemblée nationale, cet enregistrement manifeste la richesse de la réflexion élaborée dans les arcanes de nos institutions politiques. Patrick Frémeaux "Cet agnostique fut le dernier religieux dans un monde d'incrédules." Régis Debray - Le siècle ou sa légende 1976 - Site Assemblée nationale
La voie royale, c'est « la route qui reliait Angkor et les lacs au bassin de la Ménan. Aussi importante que la route du Rhône au Rhin, au Moyen-Âge ». Piste dans la jungle, voie de terre balisée par des temples khmers oubliés, que fit connaître Malraux en 1930, dans ce livre ardent. Perken est un aventurier qui n'a que sa vie à jouer, dans un pari contre la mort. Il guide le jeune Claude Vannec dans son initiation tragique, sur cette route sans espoir : lutte contre les pierres antiques, qu'ils dérobent pour les revendre, contre les Moïs, qui ont réduit en esclavage un Français, Grabot, attaché à une meule, lutte contre soi-même, et contre la mort, enfin, quand Perken est blessé par une flèche empoisonnée... Jours de marche dans la forêt étouffante, nuits d'attente, d'angoisse, et, au bout du chemin, la mort face à l'homme : voici la Voie royale.