André Green
André Green
André Green, figure majeure de la psychanalyse, revisite Hamlet sous un angle inédit : une plongée dans les méandres de l'inconscient shakespearien.
Le jour de ses 18 ans, Alice Bonham voit ses vacances australiennes basculer après un meurtre inexpliqué. Entre doutes et remises en question, elle devra affronter ses choix les plus lourds de conséquences.
Le regain d'intérêt pour le narcissisme dans la théorie psychanalytique justifie la publication de ce recueil d'articles, tous centrés sur cette question, l'une des plus énigmatiques de la psychanalyse. Freud, après avoir introduit le narcissisme en 1914, devait se désintéresser de ce concept qu'il avait brillamment développé quand il eut procédé aux remaniements théoriques amorcés autour de 1920 qui donnèrent naissance notamment à la dernière théorie des pulsions (opposition des pulsions de vie et des pulsions de mort), à la deuxième topique de l'appareil psychique (Ça-Moi-Surmoi), à sa nouvelle conception de l'angoisse, etc. Après une période d'oubli, ce concept en déshérence fut remis en honneur en France depuis déjà un certain nombre d'années, tandis que l'Amérique sembla redécouvrir récemment son existence. André Green, qui n'a cessé de s'intéresser à ce problème depuis 1963, est cependant un des rares auteurs - sinon le seul - à avoir tenté d'articuler la théorie du narcissisme avec celle de la dernière théorie des pulsions. Alors que le narcissisme n'est généralement envisagé que sous ses aspects positifs, par lesquels on le rattache aux pulsions sexuelles de vie, il montre la nécessité de postuler l'existence d'un narcissisme de mort, qu'il appelle le narcissisme négatif. À la différence du premier, qui vise l'accomplissement de l'unité du Moi, le second tend au contraire à son abolition dans l'aspiration au zéro. Cet ouvrage est paru en 1983.
Créé par Hegel, introduit en psychanalyse par Lacan réinterprétant Freud, puis oublié par lui, le travail du négatif a refait surface ces dernières années. André Green met en évidence le travail du négatif chez Freud sous des aspects auxquels on ne le rattache pas d'ordinaire : travail du rêve ou du deuil, identification, etc. Du point de vue clinique, on peut soutenir que le parcours freudien s'étend de la névrose comme « négatif de la perversion », à ses débuts, au masochisme sous-jacent à la « réaction thérapeutique négative » qui témoigne du pessimisme des dernières années mais dont le mystère s'éclaire un peu quand on y reconnaît le style propre aux structures non névrotiques - les cas limites. Le travail du négatif, tel qu'il est envisagé ici, regroupe les formes hétérogènes du refoulement, de la forclusion, du désaveu et de la négation. Il permet à la fois de saisir l'unité qui les rassemble et de reconnaître la marque de leur intervention en distinguant leurs effets, car ceux-ci sont les meilleurs repères de la structure du sujet et déterminent le sort de l'analyse. Mais il faut se garder d'attribuer au travail du négatif un sens exclusivement pathologique. Le négatif, à travers le refoulement et la sublimation, marque la condition la plus générale : il est nécessaire de dire « non » à la pulsion en excès pour faire partie de la communauté des hommes. D'où vient que ce « non » devienne, chez certains, refus de vivre humainement sous l'empire d'une négativité destructrice ? Cet ouvrage est paru en 1993.
Trois essais psychanalytiques sur la face négative du complexe d'OEdipe dans la tragédie antique, élisabéthaine, classique. Le meurtre de la mère par le fils, tel que le mettent en scène Eschyle dans l'Orestie. Sophocle et Euripide dans Électre, offre l'occasion d'une confrontation entre les trois tragiques traitant le même thème du matricide et de sa sanction. Le meurtre de la femme par l'époux est vu à travers la folie jalouse d'Othello, où Shakespeare dévoile, par la structure de la tragédie, le procès de la paranoïa. Le meurtre de la fille par le père est celui du sacrifice d'Iphigénie en Aulide, où Racine fait, par rapport à Euripide - celui de l'Iphigénie à Aulis et celui des Bacchantes -, l'économie du sacrifice. Un prologue sur la lecture psychanalytique des tragiques, fixant la ligne de cette contribution à la critique littéraire, et un épilogue où sont examinées les relations entre le mythe d'OEdipe et la vérité qui s'y fait jour à travers les déformations qu'elle subit, encadrent ces trois essais.
Tout au long de son parcours psychanalytique, André Green n'a cessé de s'interroger sur la question de la diachronie. Mise au centre des débats à l'époque du structuralisme, elle a ouvert une série d'interrogations pour la psychanalyse. Celles-ci ont rencontré la question de l'originaire (fantasmes et signifiants-clés, Lacan), celle de la répétition, tardivement découverte par Freud, mais promise à un rôle capital. La remémoration, thème central des débuts de la psychanalyse, est désormais vue de son rapport à la compulsion de répétition. Les souvenirs à retrouver dans la cure importent moins que les signes de la temporalité à l'oeuvre. L'illusion d'une levée complète de l'amnésie infantile cède la place aux constructions dans l'analyse. La vérité historique, vérité selon les croyances qui organisent le psychisme, s'oppose à la vérité matérielle dépouillée de tout ornement. Les essais inclus dans ce volume complètent les idées soutenues dans le livre avec lequel il forme un attelage : Le Temps éclaté.
Cet ouvrage reprend des conférences prononcées à la Squiggle Foundation de Londres. Les thèmes traitent entre autres, des rapports entre l'expérience et la pensée, du négatif dans la pensée de Winnicott et de la tiercéité. Plus qu'une introduction à l'oeuvre de Winnicott, ces textes constituent aussi un pont entre la psychanalyse anglaise et la pensée psychanalytique française.
Proposant de nouvelles lectures des tragiques grecs et de Shakespeare ainsi que de Proust, Conrad, James ou Borges, André Green explore, avec le concours de la théorie freudienne et de ses propres travaux, le travail souterrain de la création littéraire et ses rapports avec l'inconscient. À la recherche de toutes sortes de «liens non apparents dans le texte», de trésors cachés, il s'interroge sur la signification inattendue de la présence de deux phrases identiques dans Le Temps retrouvé, ou sur les raisons pour lesquelles Henry James ne put achever l'une de ses nouvelles, ou encore sur les mystères entourant la filiation de Hamlet et le sort d'Ophélie.Une promenade dans la littérature mondiale en compagnie d'un lecteur à nul autre pareil doublé d'un grand théoricien de la psychanalyse. Et une occasion de naviguer entre fiction littéraire et roman familial, écriture et vie psychique, texte et inconscient. À proximité du désir et de la mort.
Colloque international de psychanalyse des 24 et 25 novembre 2002, UNESCO - Paris, supervisé et animé par André Green. A l'occasion de ce colloque, ce livre résume les réflexions de André Green sur la psychanalyse et la pratique telle qu'il la conçoit. "La psychanalyse traverse une crise qui doit être elle-même analysée. Il y a une discordance entre d'une part l'intérêt pour la littérature psychanalytique et les idées qui se dégagent de la psychanalyse contemporaine et d'autre part la baisse du nombre de patients qui songent à recourir à cette méthode. En effet la psychanalyse a besoin d'un sérieux aggiornamento en ce qui concerne aussi bien ses concepts que les techniques utilisées par le psychanalyste aujourd'hui."Aujourd'hui le psychanalyste partage son activité entre cure psychanalytique dite classique (ou avec quelques variantes) et psychothérapie psychanalytique dont le statut est encore flou. Il importe donc de dégager un noyau commun à toute activité exercée par un psychanalyste et d'essayer d'envisager les variations possibles hors de la cure classique. L'exercice psychanalytique contemporain doit entraîner de nouvelles réflexions sur la prise de conscience, la fin de l'analyse et la post-analyse. Pour conclure l'auteur propose quelques réflexions sur la place de la psychanalyse dans l'épistémologie contemporaine.
Les procès du cardinal de Richelieu: droit, grâce et politique sous Louis le Juste Chalais, décapité à Nantes en 1626; le duc de Montmorency exécuté à Toulouse en 1632; de Thou et Cinq Mars à Lyon en 1642... Au cours du règne de Louis XIII, les procès politiques nombreux, souvent spectaculaires et sanglants, ne cessent d'interpeller l'opinion: «on dit qu'il n'a jamais pardonné à personne», écrit Pierre Vacherie, un greffier de Limoges, à propos du cardinal de Richelieu qu'il rend responsable de tous les malheurs d'un «règne de sang, de fer et de cruauté».Rassemblés, commentés, combattus dès le moment de leur déroulement, ces procès nous permettent d'observer et de comprendre les pratiques d'un pouvoir politique alors en pleine mutation, un pouvoir qui a fait de la puissance exécutive du prince et de la raison d'État le principal mode de gouvernement. Ces pratiques, qui paraissent scandaleusement nouvelles à bien des contemporains, s'inscrivent pourtant dans l'histoire longue de la monarchie depuis le Moyen Âge.À partir de sources nombreuses, diverses, souvent inédites, Hélène Fernandez-Lacôte éclaire pour la première fois cette impressionnante série judiciaire qui a marqué la construction de l'État absolu.Dans ce livre consacré aux grands et aux moins grands procès organisés par «l'homme rouge», la monarchie d'Ancien Régime, qui fut avant tout un État de justice, est observée sous la lumière crue des châtiments du roi.