Louise Chennevière
Louise Chennevière
Faire la peau, le quatrième livre de Louise Chennevière, est peut-être le plus intime mais aussi le plus abouti. C'est le récit d'une enfance sous l'emprise maternelle, du désir sauvage de s'émanciper. La narratrice, âgée de 30 ans, décide de rompre avec la lignée de femmes qui l'a engendrée, condamnées depuis toujours à la reproduction de la violence. Commence le récit d'une relation mère-fille, déconstruisant les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence. Elle parle et lutte : contre les fantasmes, les interdits, les lois, pour écrire le récit, sacrilège, tabou, du meurtre symbolique : tuer sa mère. Et contre elle-même aussi, la petite fille qu'elle est encore et qui voudrait préserver l'image idéale d'une mère qui ne l'a jamais été. Le livre lui permet d'aller au bout de ce geste, non seulement pour lui permettre d'advenir enfin comme subjectivité libre et puissante, mais aussi pour pouvoir aimer. C'est un récit de deuil et de désir, troué de multiples souvenirs et hanté par des questions qui ne trouveront jamais de réponses. C'est aussi, par la littérature, une déclaration de liberté - celle que l'on peut conquérir en osant enfin regarder les choses telles qu'elles sont, dépouillées des mythes et des histoires.
Ce que je vois quand je regarde la photo de cette petite fille à l'aube de ce siècle nouveau, c'est qu'elle ne sait rien encore de ce que le monde va lui apprendre, et qu'être une petite fille est pour elle une joie parce que ça veut dire pouvoir devenir Britney Spears et que Britney Spears pour elle alors, c'est chanter et danser, c'est être dans son corps, sans crainte et sans distance, se sentir très vivante, c'est se tenir, très loin de la peur mais.
Ce que je vois quand je regarde la photo de cette petite fille à l'aube de ce siècle nouveau, c'est qu'elle ne sait rien encore de ce que le monde va lui apprendre, et qu'être une petite fille est pour elle une joie parce que ça veut dire pouvoir devenir Britney Spears et que Britney Spears pour elle alors, c'est chanter et danser, c'est être dans son corps, sans crainte et sans distance, se sentir très vivante, c'est se tenir, très loin de la peur mais.
"Tu te tais. Depuis trop longtemps tu te tais. Dans la cohue des villes, dans le bruissement des siècles, dans ta petite chambre, tu te tiens en silence. Alors que tu voudrais simplement : avoir le courage de dire les choses, telles."
Ce mausolée aurait dû être le tien, fragile monument que je m'étais efforcée de bâtir, non pas à ta gloire, mais pour te détruire, saccager pour toujours ton image et cet immense amour que j'avais eu, de toi.