Genres littéraires & littérature comparée
Genres littéraires & littérature comparée
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Et si Christophe Colomb n'avait jamais découvert l'Amérique ? Et si les nazis avaient remporté la Seconde Guerre mondiale ? L'uchronie joue avec l'histoire pour créer des réalités différentes, explorant des possibilités infinies. Est-ce là l'expression d'une simple nostalgie rêveuse d'un passé jamais advenu ou une arme de réflexion philosophique ? Karine Gobled et Bertrand Campeis, membres du prix ActuSF de l'uchronie, vous proposent d'arpenter avec eux les sentiers où réalité historique et fiction s'entremêlent. À travers des conseils de lecture, des interviews d'auteurs, des escapades dans le cinéma, la bande dessinée ou le jeu vidéo, ces deux spécialistes offrent un panorama d'un genre qui séduit de plus en plus. Devenu le livre référence sur l'uchronie, ce guide est enfin réédité et entièrement remis à jour après plusieurs éditions. Et si vous vous laissiez tenter par ce voyage dans les méandres du temps ?
Du Recueil des dix mille feuilles aux romans de Murakami, ce guide éclaire la richesse et la singularité d’une littérature qui a marqué l’histoire mondiale.
Qui unit l'herboriste séchant des pétales et le porc qui détruit la flore ? C'est la dévote folle de la messe de Rabelais, dont ils sont tous deux héritiers. Magie de la contrepèterie : permuter les lettres révèle un sens caché fort éloigné du propos initial et déclenche une explosion d'allégresse chez ceux qui ouïssent en cogitant. Contrepéter, seul ou en groupe, est un jeu de méninges que magnifient les propriétés thérapeutiques et sociologiques du rire. Mais c'est aussi tirer la langue aux censeurs. Clown des mots, le contrepéteur a la liberté de parole du fou du roi. La contrepèterie défoule. Elle réjouit. Elle est catharsis. Riche de plus d'un millier d'exemples, la plupart inédits et certains innocents, ce livre, que hantent les mânes de Freud et de Bergson, décortique les mécanismes et les vertus de l'art de décaler les sons.
L'écrivain britannique C.S. Lewis a bâti avec Narnia un monde fantastique surprenant, peuplé de faunes, de chevaux ailés, de sorcières... qui reflète, de manière poétique et imaginative, plusieurs aspects du message chrétien autour du mythe dont le lion Aslan est le coeur.Philippe Maxence nous propose ici une exploration fascinante de cet univers, en trois parties qui peuvent être lues indépendamment. La première retrace la genèse de l'oeuvre et permet de mieux connaître son auteur et ses conceptions ; la seconde développe les reflets de la foi chrétienne dans Les Chroniques de Narnia ; la troisième propose un Dictionnaire détaillé des différentes créatures qui peuplent Narnia.Un décryptage accessible à tous de la richesse spirituelle de ce classique de la littérature enfantine. Journaliste etécrivain, Philippe Maxence a consacré plusieurs ouvrages à l'oeuvre deG.K Chesterton et plus largement à l'univers anglo-saxon. Il est notammentl'auteur d'une biographie de Baden-Powell,fondateur du scoutisme (Perrin) et d'Olave Baden-Powell, l'aventure scoute au féminin (Artège).
Le poème respire. Il bouge. Tout en se nourrissant de la vie de son auteur, il a son existence propre. C'est un petit être sauvage - mais où naît-il? Qu'est-ce qui le fait grandir? Pourquoi traverse-t-il une crise violente? Comment le rencontrer, se laisser féconder par lui? Va-t-il mourir un jour? En racontant la vie du poème, Pierre Vinclair offre à lire, comme par la bande, celle d'un écrivain occupé depuis plus de vingt ans par la composition poétique, à Paris, puis au Japon, en Chine, à Singapour, en Angleterre et aujourd'hui à Genève. À mi-chemin d'une autobiographie (pudique, amusée, mais résolument engagée) et d'une «lettre à un jeune poète», Vie du poème propose une extraordinaire visite de son atelier.
Un panorama de la littérature russe des origines à nos jours. Reprend un ancien titre paru précédemment sous une autre signature. « Copyright Electre »
Et si Jules Verne, chantre du progrès, avait aussi pressenti les dangers de l’industrialisation ? La question environnementale chez Jules Verne révèle comment l’auteur des Voyages extraordinaires a, dès le XIXe siècle.
Au cours du XXIe siècle, on a régulièrement insisté sur l'urgence de penser la littérature depuis l'Afrique et la nécessité d'adapter les principes et les méthodes de l'exercice critique aux particularités de sa littérature - qui, selon certains, n'existerait même pas en tant que telle. Étant soumise à un double statut social et culturel et à des affiliations culturelles multiples, la littérature africaine d'expression française mérite pourtant un traitement critique différencié qui parachève ses possibilités de réalisation. Écrit avec érudition et élégance, cet ouvrage propose une réflexion sur la validité scientifique et sociale d'une philosophie de la rupture, indispensable au développement d'une certaine critique. Par ailleurs, des entretiens avec quatre écrivains permettent de répondre à des questions qui servent de jalons tout au long du livre : la littérature africaine existe-t-elle ? Que valent ses écrivains et leurs éditeurs ? Où sont ses lecteurs et son public ? Qu'en disent ses critiques, les collections qui l'accueillent, et les prix littéraires qu'elle reçoit ? De quelle couleur sont ses agents et ses traducteurs ? En en quel français s'écrit-elle ?
Quelle relation la littérature du Moyen Âge entretient-elle avec le temps et la mémoire ? Quelle est la place de la religion et de la spiritualité dans cette littérature ? Peut-on concevoir la poésie comme un récit ? Michel Zink, dans sa leçon de clôture au Collège de France, jette un regard rétrospectif sur ses vingt-deux années d'enseignement. Les grands thèmes ayant servi de fil conducteur à ses cours y sont analysés, et en tout premier lieu le temps : le regard que porte la littérature médiévale sur son propre passé, l'imbrication du temps subjectif et du temps de l'histoire, la réception moderne de ces textes anciens. Des questions de poétique ensuite : poésie et récit, anonymat et sujet poétique, poésie et nature. Enfin, la constante imprégnation religieuse des lettres médiévales, qui brouille la notion même d'une littérature profane.
Précis et indécis, voilà ce qui forme l'objet de notre questionnement sur la labilité de l'oeuvre littéraire et inscrit la quête scripturale dans les lieux de l'équivoque. C'est essentiellement autour de cette dualité problématique que se déploie le travail de l'écriture dans les textes en prose de Samuel Beckett, Maurice Blanchot et Robert Pinget. Il s'agit d'étudier les spécificités d'une écriture en gestation, qui prend forme et consistance dans ses paradoxes mêmes. L'enjeu de cet ouvrage consiste à cerner le rapport qui se noue entre ces trois auteurs en matière d'écriture, ce qui mène à réfléchir aux notions de précis et d'indécis et à leur déploiement dans leurs textes. Il s'agit d'interroger ce qui délimite ces deux notions et permet de repenser « la vérité », non comme le lieu de l'univoque et du transparent, mais comme le foyer d'une clarté douteuse, révélatrice des tensions internes de l'écriture.
Le volume collectif se propose d'explorer la thématique du double dans ses reflets et réverbérations francophones, dans ses expressions culturelles, littéraires ou langagières. Les articles sont regroupés dans trois sections. La première, « Figures du double : perspectives philosophiques et littéraires », envisage le double sous l'angle de l'identité, de la construction du texte, des personnages. La deuxième section, « Adaptations, réécritures, doubles spectaculaires », a pour objet des oeuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques se donnant comme des doubles d'une oeuvre antérieure ou bien reprenant des figures à valeur mythique. La troisième section, « Dualités linguistiques, textuelles et discursives », vise les traductions interlinguales, la double nature (spécialisée et/ou générale) de certains termes, la question du genre grammatical des anglicismes, les diverses formes sous lesquelles circulent textes, éditions, corpus, l'entretien sur le bien-être.
Cet ouvrage étudie les avatars contemporains des imaginaires modernes de la langue classique et documente les conditions et les modalités de leurs manifestations langagières. Il postule, à la suite de Roland Barthes, l'apparition d'un rapport renouvelé à l'Âge classique et à sa langue dans la production littéraire des années 1980-2020. Il se demande s'il est pertinent de faire décoïncider, en régime littéraire contemporain, ces deux éléments : d'une part les ressources de la langue classique, au sens de « langue du Grand siècle », que mobilisent de nombreux auteurs et autrices ; d'autre part les ressources de son avatar moderne, le « bien écrire », pensé comme modèle stylistique à imiter ou transgresser.
Découvrez comment Henry Bauchau, souvent réduit à l’image du sage, s’est en réalité (re)construit à travers des engagements contradictoires, des obsessions et des retours en arrière.
La fin du monde, la fin de soi, la fin de l’histoire : Et ce fut tout explore comment la littérature donne forme à nos angoisses contemporaines. Un essai percutant pour comprendre comment l’art transforme l’idée de la fin en acte de création.
Face aux crises écologiques qui secouent l’Afrique, les écrivains du continent répondent par des récits engagés et visionnaires.
Face au dérèglement climatique et environnemental qui menace notre quotidien, les études littéraires peuvent contribuer au basculement de perspective invoqué de toutes parts. Bien avant la crise contemporaine qui invite à repenser la place de l'anthropos au sein du vivant, trois romanciers et une romancière se sont montrés sensibles aux liens qui se tissent entre l'humain et les règnes du vivant : Louis Pergaud, Colette, Maurice Genevoix et Jean Giono. Ils surent, dans leurs récits, intégrer l'altérité animale au sein de l'une des plus hautes activités de l'esprit humain : l'invention littéraire.Fondé sur une définition de l'empathie fournie par la psychologie, les neurosciences et les sciences humaines, inspiré par l'écopoétique et la zoopoétique, cet essai analyse les modes de représentation stylistiques d'une conscience non-humaine, notamment animale, chez quatre auteurs dont l'habileté poïétique nous reconnecte avec la vie et son élan.
Au cœur du Siècle d’or espagnol, Apariencia ou l’instant du dévoilement explore l’art du dévoilement comme spectacle et rituel.
13 000 titres de polars vendus chaque année. Comment choisir les meilleurs auteurs parmi des milliers ? Comment aller droit au but et trouver la fine fleur du polar ?Vous trouverez donc dans ce guide 300 auteurs issus d'une quarantaine de pays ainsi que 1000 titres de polars, avec mes préférences. J'ai sélectionné mes 100 auteurs préférés et 200 auteurs formidables parmi les 700 auteurs de ma bibliothèque. Les lieux du polar n'auront plus de secret pour vous : par exemple sélectionnez les 42 polars qui mettent en scène New York. Retrouvez les héros, les romans cultes, les adaptations cinématographiques et les polars primés.
Dans le contexte de déchristianisation croissante et de l'avancée du républicanisme au cours du xixe siècle français, la figure du saint catholique est destinée à connaître de profondes mutations dans la littérature. En se sécularisant, il s'approprie de nouvelles fonctions d'éducation et d'exemplarité, adaptées à une société elle aussi nouvelle que les auteurs appellent de leurs voeux. Aux saints thaumaturges, pieux ou moralement surplombants, se substitue un éventail de formes novatrices de bienheureux à proprement parler profanes : saints artistes, industrieux ou scientifiques ; martyrs des religions émergentes que sont République et Révolution ; laissés-pour-compte populaires, charitables ou persécutés. C'est l'analyse détaillée de l'évolution et des vicissitudes de ce personnage dans la littérature au long du siècle que propose ce livre. Du romantisme au naturalisme, dans les ouvrages didactiques, les légendes et histoire de Jules Michelet, Alphonse de Lamartine ou Alfred Dumesnil, ou dans les romans et feuilletons de Victor Hugo, Alexandre Dumas, Eugène Sue, George Sand ou Émile Zola, l'icône littéraire et culturelle fondamentale qu'est le saint connaît un réinvestissement fidèle à l'image d'une société transformée par la modernité.
Depuis les soulèvements du Printemps arabe en 2011, les changements politiques au Maroc et le Hirak en Algérie, le Maghreb redevient un territoire géopolitique animé par plusieurs défis. Dans des sociétés encore tiraillées entre un conservatisme tourné vers la sauvegarde des valeurs traditionnelles et une logique progressiste, les questions relatives aux droits des femmes refont surface pour devenir un enjeu politique et social important. Inquiètes pour leurs fragiles acquis, les femmes, parfaitement émancipées par le travail et les études, s'activent pour installer des rapports plus égalitaires entre le féminin et le masculin en matière de droits. Au coeur de ce combat pour l'égalité, la création littéraire des autrices du xxie semble à même de rendre compte de ce bouillonnement. Résolument tournés vers la modernité et en rupture avec un système patriarcal discriminant, les nouveaux personnages féminins dans la fiction maghrébine contemporaine, par leurs discours et à travers leurs manières d'agir, ébranlent les stéréotypes. Les romans d'Emna Belhaj Yahia, Sonia Chamkhi, Bahaa Trabelsi, Maïssa Bey, Malika Mokeddem et Halima Hamdane décrivent un monde en convulsion qui annonce une possible et durable révolution pour des femmes debout contre la fatalité.
Et si les médias façonnaient nos émotions depuis bien plus longtemps qu’on ne le croit ? Virtuallités révèle comment, dès 1862, Jules Vallès pressentait l’emprise des récits et des personnages sur nos vies.
Relire Voyage au bout de la nuit en 2022 demeure une entreprise périlleuse, mais exaltante. Afin d'éviter de tomber dans le piège de la condamnation ou de la réhabilitation de l'auteur, les treize analyses qui composent cet ouvrage adoptent un parti pris littéraire et se demandent ce que le premier roman de Céline continue d'avoir d'actualité et de portée critique. Les études génétiques, qui ont joué un rôle capital dans la réévaluation de l'oeuvre à partir des années 1970, restent ici essentielles compte tenu de la réapparition récente d'un ensemble considérable de manuscrits céliniens. Les deux autres parties de l'ouvrage approfondissent l'étude de thèmes et de figures, ou bien contextualisent des aspects du roman en mettant à contribution des savoirs historiques, médicaux ou économiques liés à son époque. Une dernière partie comprend quelques textes rédigés par des écrivains. Ils esquissent, sur un ton plus personnel, une étude des filiations littéraires de Céline, et plus particulièrement des résonances de Voyage au bout de la nuitchez les écrivains québécois.
L'écriture de Marguerite Duras est foncièrement mythique ; son imaginaire puise dans les schémas fondamentaux de la psyché humaine et les redispose dans l'athanor intérieur, engendrant des oeuvres protéiformes, nourries d'images archaïques fidèlement reprises ou déformées, voire renversées. Si la quête de Marguerite Duras peut être assimilée à une tentative désespérée d'unir les contraires et résorber tout antagonisme, le style et l'univers se tournent progressivement vers un appel radical à la destruction, qui modifie profondément la vision interne et la forme de l'écrit. Par l'analyse des images dans un double corpus (le cycle indien puis la trilogie du refus), nous souhaitons laisser remonter ces images fondatrices, observer leur signification tout en repérant leurs modifications essentielles au long de la production littéraire, théâtrale et cinématographique de l'artiste.
À un moment où la politique des marges semble avoir été effacée par la configuration néolibérale et les dispositifs technologiques des Gafam, le dossier coordonné par Guillaume Le Blanc pose la question : comment refaire institution depuis les marges ? La pensée de Certeau permet d'y répondre, car elle est d'abord l'affirmation d'un marginalisme théorique et pratique. À lire aussi dans ce numéro : La société française s'est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l'internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, tombeau de Proust et donner du temps à Fontainhas.
Germaine Tillon, Jean-Paul Sartre, Marc Bloch, Charlotte Delbo, Bruno Bettelheim ou Roland Barthes : voici quelques-uns des intellectuels que l'on croisera dans ce livre. Ils ont en commun d'avoir éprouvé, plus ou moins longtemps et durement, des moments où ils ont été empêchés de lire, d'écrire, d'enseigner, de peindre, etc. Tous ont témoigné de ces épisodes de mise à l'épreuve dont parfois on ne se remet jamais. Certains ont été internés en prison ou en camp. D'autres ont connu l'enfermement du sanatorium. D'autres encore ont choisi de rompre avec le monde intellectuel en s'établissant en usine ou en partant vers un ailleurs lointain. L'ouvrage prend ces situations d'empêchement, subies ou choisies, comme autant de terrains d'enquête : que disent-elles de la condition intellectuelle ? Que mobilisent ces hommes et femmes pour faire face aux privations dont ils et elles sont l'objet ? Leurs réactions nous révèlent combien la condition intellectuelle ordinaire tient à des apprentissages lettrés, mais aussi à des équipements matériels (le bureau, le livre), à des publics (les lecteurs, les élèves) et à des solidarités (les pairs), autrement dit à des mondes qui soutiennent l'identité. Au fond, ce que nous donnent à voir ces récits de captivité, ces carnets de guerre ou ces correspondances d'exil, ce sont les tentatives pour reconstruire ces mondes. Dans l'épreuve et malgré elle.
Depuis son invention par Serge Doubrovsky en 1977, le concept d'autofiction n'a cessé d'évoluer et de stimuler la réflexion sur la production romanesque. Depuis quelques années, le phénomène littéraire semble gagner le monde arabe. Certains écrivains s'en réclament, d'autres s'en accommodent et d'autres encore préfèrent employer divers concepts pour définir leur pratique romanesque. Cette nouvelle terminologie peut-elle attester l'émergence d'un « nouveau genre » dans la littérature arabe ? Dans cette première étude consacrée à l'autofiction dans la littérature de langue arabe, Darouèche Hilali Bacar se propose de reconstruire une histoire du roman et de l'autobiographie qui montre la pertinence et la fécondité de l'hybridation générique. Du récit de voyage (rihla) aux autobiographies romancées, en passant par la néo-maqâma, le roman de formation et l'autobiographie altérisée ou déguisée, on suit, pas à pas, la genèse de l'écriture autofictionnelle en langue arabe. L'analyse des textes de Mohamed Choukri, Sonallah Ibrahim et Rachid El-Daïf permet au lecteur d'observer au plus près la pratique autofictionnelle, d'en comprendre les mécanismes et les motivations. À partir de ces trois exemples, Darouèche Hilali Bacar propose d'établir un modèle d'autofiction arabe et de définir les thèmes qui pourraient s'appliquer à de nombreux textes modernes et contemporains.
Si Stendhal n'avait pas confié à Mérimée dans une lettre que le héros d'Armance était un impuissant, comment lirait-on le roman ? Depuis plus d'un siècle cette confidence écrase littéralement amateurs et spécialistes. Voici une tentative pour considérer le texte comme si l'indiscrétion n'avait jamais eu lieu. Cela découvre de nouvelles richesses, des cohérences cachées. L'histoire forme deux boucles qui se superposent. Le récit épouse de façon curieuse le schéma de la mélancolie tel que Freud l'a reconstitué... En ignorant à dessein ce que l'écrivain croyait écrire et ce qui inconsciemment l'animait, la lecture textanalytique fait travailler autrement la fiction. Au risque de faire surgir une dimension supplémentaire de secret et de laisser entrevoir un critique à son tour « encombrant ». Mais ne vaut-il pas mieux regarder les choses en face ?
Jean Potocki s'est suicidé le 23 décembre 1815 dans son domaine d'Uladówka en Ukraine. L'année 2015 a donné lieu à plusieurs manifestations commémoratives : à La´ncut, qui fut le château de la famille Potocki jusqu'en 1944, à Paris, à la Bibliothèque polonaise, à Francfort-sur-l'Oder. Ce fut l'occasion de faire le point sur les découvertes les plus récentes concernant l'écrivain et son oeuvre, en particulier un magnifique cahier de dessins réalisés sur les routes espagnoles ; ce fut aussi l'occasion, de l'Espagne à la Russie, de voir apparaître de jeunes chercheurs. La plupart des vingt contributions réunies dans cet ouvrage ont été présentées lors des manifestations de l'année 2015 ; elles ont été réparties en quatre chapitres par les éditeurs : L'homme, L'oeuvre, Le Manuscrit trouvé à Saragosse, Documents inédits. Depuis 1958, année de l'apparition de Jean Potocki dans la littérature française, les travaux, les éditions se sont succédé. Le bicentenaire permit à la fois un bilan et une projection : si les progrès ont été considérables depuis la découverte de Roger Caillois, ces progrès laissent aussi deviner les lacunes encore nombreuses dans notre connaissance de l'homme et de son oeuvre. Assurément, les bibliothèques et les archives européennes recèlent encore des documents que les futurs chercheurs mettront au jour et qui enrichiront, peut-être redessineront l'oeuvre et l'approche critique : c'est précisément le travail du temps.
Los trabajos aquí reunidos abordan las intervenciones de la literatura en los procesos históricos de transición del siglo XX al siglo XXI, en el momento en que la democracia está por construir o consolidar. En el contexto actual, en el que tanto la discursividad como la representación democrática atraviesan una profunda crisis, escribir la democracia pasa a ser una tarea política, cultural y estética central. El presente libro propone un estudio comparativo inédito de la literatura en régimen democrático, desde el final de la Guerra Fría hasta las Primaveras Árabes. A través de estudios de casos que abordan la justicia literaria y la democracia en España, América latina, la India o el Maghreb, y mediante un diálogo final con cuatro novelistas españoles, esta aproximación transnacional cuestiona la pérdida de centralidad del modelo español de «transición consensual» y sus líneas de fractura recientes que revelan la emergencia de nuevas relaciones entre literatura y democracia.
Cet ouvrage représente le second volet des travaux du CRID (Centre de Recherche sur Idéologie et Discours) sur les Avant-Gardes esthétiques espagnoles. Il s'intéresse plus spécialement à la poésie qui a, plus intensément que les autres arts, joué un rôle dynamique dans l'Avant-Garde espagnole des années 20. L'originalité des études réunies ici réside dans la volonté d'aborder, en priorité, des oeuvres appartenant à des auteurs et des courants représentatifs de cette Avant- Garde ; l'Ultraïsme, le Créationnisme et le Surréalisme, trois «ismes» décisifs de l'histoire littéraire espagnole entre 1918 et 1930. Le but de cette recherche n'est pas de revenir sur les aspects théoriques, doctrinaux ou extérieurs de ces mouvements, mais d'analyser les «pratiques textuelles» représentatives de ces Avant-gardes, pour en apprécier véritablement les éléments de rupture ou de continuité.
c'est traditionnellement au VIIIe siècle que l'on place le véritable début de la littérature allemande ; c'est alors que se sont mises en place deux des bases sur lesquelles elle s'est édifiée. Par un processus très lent, que les linguistes appellent la deuxième mutation consonantique, dont ils situent le début vers la fin du VIIe siècle et qu'ils voient se prolonger jusqu'au XIIe, le haut allemand s'est séparé des autres langues germaniques et s'est imposé d'autant plus rapidement que la mutation s'est opérée dans le sud de l'Allemagne, là où se trouvaient les grandes abbayes bénédictines, dépositaires de la vie intellectuelle (Reichenau, Saint-Gall, Fulda) et que, en 768, un Franc, parlant un dialecte haut-allemand, est devenu empereur sous le nom de Charlemagne.
Tout lecteur de Franz Kafka, (et grâce au film d'Orson Welles beaucoup de ceux qui ne l'ont jamais lu), connaît le récit intitulé « Devant la porte de la loi » qui figure dans l'avant-dernier chapitre du Procès. Cet essai se propose de montrer que cette célèbre porte est l'arbre qui cache une forêt aux essences très variées, des « petites portes » pour lesquelles Kafka semble avoir eu une tendresse particulière jusqu'à cette porte ultime, inatteignable, du récit « Un message impérial » qui fait partie du cycle de la Muraille de Chine, passant par les « premières portes », les « portes du destin », les « portes toujours ouvertes », etc. Prenant en compte l'ensemble de l'oeuvre de Kafka, y compris sa correspondance, les trois premières parties de l'essai sont consacrées à l'étude détaillée de ces groupes de portes. La quatrième, à travers le testament de Kafka et sa demande expresse à son ami Max Brod que soit brûlé après sa mort l'ensemble de ses manuscrits et sa correspondance, explore le concept de crime parfait en littérature, autrement dit de crime sans traces permettant de remonter jusqu'à l'auteur.