Rhône-Alpes
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Les rues font partie de ces paysages du quotidien tellement banals qu'ils ont peu intéressé la recherche historique. Cet ouvrage propose une histoire de la rue aux XIXe et XXe siècles, à travers ses réalités matérielles : du lampadaire à l'abribus, en passant par le pavé et le bitume des chaussées, chaque élément de la rue a sa propre histoire. Ces divers éléments, combinés de manière plus ou moins intentionnelle par les techniciens et urbanistes, forment des paysages de rues identifiables à des idéaux-types qui peuvent renvoyer à des époques bien identifiées (le grand boulevard dit « haussmannien ») ou être vus comme intemporels (la petite rue résidentielle de quartier périphérique).Fondé principalement sur des observations de rues de Lyon mais destiné à toute personne intéressée par les villes et leur aménagement, cet ouvrage propose d'éclairer le fonctionnement de l'aménagement des rues : domaine technique en apparence, politique dans les faits, avec des usagers qui s'affirment de plus en plus, obligeant les pouvoirs publics à mettre très tôt en place des espaces de concertation. Chaque rue a une histoire, souvent différente de celle d'à côté, par la diversité de ceux qui la gèrent et s'en préoccupent : l'histoire des rues est aussi une histoire sociale, faite de débats entre techniciens, de mobilisations habitantes et de choix politiques variables selon les territoires et les époques.En remontant le temps à la recherche des rues, le lecteur pourra trouver des clés de lecture de la ville d'aujourd'hui, à travers ses paysages et certaines problématiques d'aménagement : l'adaptation de la ville aux évolutions des déplacements, l'aménagement des espaces publics ou la protection face aux nuisances des transports sont plus que jamais d'actualité.
La figure symbolique du commerçant nord-africain est largement dominée par celle de l'épicier arabe. Ils sont aussi vendeurs ambulants de textile, cafetiers, restaurateurs, tenanciers de garnis ou plus récemment bouchers. Cette large gamme de produits et de services s'inscrit dans les profondes mutations qu'a connues le secteur commercial entre 1945 et 1985. Dans cet ouvrage, Dalila Berbagui s'intéresse à l'évolution de leurs statuts dans un contexte colonial puis postcolonial. Elle analyse les différents réseaux à l'oeuvre dans l'accès au monde du petit commerce, la diversité des trajectoires socioprofessionnelles ou encore leur implantation spatiale. Quels rôles jouent-ils au sein de leur communauté d'origine et dans la société d'accueil ? Existe-t-il une identité spécifique aux commerçants nord-africains ?
Lyon, fin du XIXe siècle : un architecte et philologue passionné vous ouvre les portes d’un monde disparu.
BIEN sûr qu'il y a encore des canuts vieux, mais y a-t-il encore de vieux canuts ? A savoir. Ce canut, qui était déjà bien âgé quand j'étais tout jeune, il avait quelque chose de particulièrement bonhomme, naïf, et, par dessus tout, patriarcal. L'atelier : compagnon, compagnonne, apprenti, apprentisse, c'était sa famille. On me dit qu'aujourd'hui l'on ne forme plus d'apprentis ; la profession ne se perpétue pas, elle émigre à la campagne, ou bien l'atelier disparaît et l'usine le remplace.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Historien, critique de cinéma, et surtout grand marcheur, Antoine de Baecque a traversé le Vercors pour raconter une région qui le touche au coeur. Empreinte de souvenirs d'enfance, elle est marquée de hauts faits historiques et tellement belle. Le Vercors, pour Antoine de Baecque, c'est le souvenir des randonnées de jeunesse, sous les falaises du Grand Veymont, dont il retrouva, ému, les journaux à la mort de son père. Un lieu où il retourne aujourd'hui, quatre décennies plus tard, pour fouler les sentiers, trébucher sur ses souvenirs, ramasser et conserver feuilles, fleurs ou cailloux glissés dans la chaussure ; autant de moments qu'il savoure et partage, à l'orée de la vieillesse, en amoureux passionné de la marche. Cette forteresse naturelle est aussi un refuge, où l'on croise la grande Histoire, celle des chemins ardus empruntés par les maquisards et des grottes où s'abritaient les figures de toutes les résistances. En alternant chronique intime, historique et carnet de voyage, les mots de l'auteur marcheur retournent aisément au passé, pour se confronter à sa présence in situ, révélant des scènes de fiction troublantes et envoûtantes.
« Crétin des Alpes ! » Avant d'être l'une des insultes préférées du capitaine Haddock, l'expression désigne un état prononcé de dégénérescence physique et mentale, éradiqué depuis les années 1920. Le crétinisme est l'objet d'un débat de santé publique essentiel au XIXe siècle, suscitant une « science de l'Alpe » qui pose exemplairement la question du « grand renfermement des corps » hantant le travail de Michel Foucault. Le crétin est aussi une victime, dont le sacrifice est un scandale silencieux. Il devient le cobaye de toute sorte d'expériences, pédagogiques et chirurgicales, généralement inutiles, et a été longtemps laissé dans un état débile et difforme. Sa revanche - une forme étonnante de fierté crétine - advient peu à peu par le travail de l'imaginaire collectif, qui en fait désormais l'un des emblèmes paradoxaux de l'identité alpine. C'est ainsi que les crétins ont, de multiples façons, tendu un miroir à la bien-pensance, ce que dévoile ce brillant essai d'histoire sur le pathétique ordinaire des « anormaux ». Antoine de Baecque, professeur à l'École normale supérieure, a publié récemment La Traversée des Alpes (Gallimard), Les Godillots (Anamosa, Prix Lucien Febvre 2017) ou En d'atroces souffrances. Pour une histoire de la douleur (Alma).