Yannick Ripa
Yannick Ripa
Découvrez le destin méconnu des femmes internées au XIXe siècle : pourquoi Adèle, Camille ou Mlle L. ont-elles été déclarées folles ? La ronde des folles révèle comment l’asile servait à punir celles qui défiaient l’ordre masculin.
Belle des belles, disait d'elle Cocteau, la danseuse Cléo de Mérode (1875-1966) illumina la Belle Époque, incarnant la Parisienne et la capitale du luxe. Popularisée par des milliers de cartes-photographiques, elle a été idolâtrée des rois et des puissants, fantasmée par tous, copiée par toutes qui adoptèrent sa coiffure à bandeaux. En ce mois de février 1950, retirée depuis seize ans de la scène, la première star française se berce de ces souvenirs, les revers de son exceptionnelle gloire oubliés : sa réputation de cocotte, séductrice, impudique, manipulatrice et scandaleuse ! Elle pense n'être dans les mémoires que l'icône de 1900. Elle se trompe. Dans Le Deuxième Sexe, tout juste publié, Simone de Beauvoir la traite de prostituée ! Offensée d'être assimilée aux grandes horizontales du demi-monde, elle décide d'intenter un procès à la philosophe, de répondre à l'injure par le récit de sa vie. À partir de sources inexploitées, Yannick Ripa déconstruit la légende pour redonner vie à cette femme, à son entourage célèbre et aux figures de ce temps-là. Cette première biographie est aussi la radiographie d'une époque, devenue un mythe après les horreurs des conflits mondiaux, éclairée ici sous un jour nouveau.
Près de deux siècles et demi séparent les emblématiques Olympe de Gouges, guillotinée pour s'être prise pour un homme d'Etat et Ségolène Royal, première candidate présidentiable. Dans ce long temps, les femmes se sont peu à peu dégagées des rôles et statuts que leur assignait le genre, au nom de leur nature. En suivant cette marche vers une égalité des sexes, jamais atteinte, ce livre rend aux femmes leur mémoire et aux hommes le passé féminin. Il s'attache à décrire la réalité quotidienne, qui a évolué sous l'effet conjugué des révolutions politiques et économiques, des guerres mais aussi des combats féministes. En retraçant la présence des femmes ou leur absence sur le devant de la scène, de la Révolution française à nos jours, il dessine une chronologie spécifique aux rapports des sexes. Il découvre ainsi les femmes, actrices de l'Histoire et confirme qu'une histoire sans les femmes n'est plus possible.
Illustres en leur temps, nombre de femmes sont tombées dans l'oubli sans raison apparente. Comprendre les causes et les modalités de cette invisibilisation qui n'atteint jamais la notoriété masculine, telle est l'ambition de ce livre. À travers vingt portraits de femmes d'exception qu'il ramène à la vie, il questionne cette stratégie, toujours à l'oeuvre, et sa fonction dans la perpétuation des assignations de genre. Ainsi se révèle le détournement de la notion même d'exception, dès lors qu'elle est attribuée à « la femme » postulée des siècles durant faible, fragile, inapte à créer et à agir dans la sphère publique. L'ouvrage décèle trois modes d'évitement : l'exceptionnalité féminine pathologisée ; l'amputation mémorielle ; et enfin l'instrumentalisation pour renforcer la règle du genre. La raison première de cet oubli mémoriel reste assurément le refus de l'égalité entre les sexes.
Ce matin du 8 septembre 1854, trois hommes frappent à la porte d'Hersilie Rouy. Sans ménagement, ils la conduisent à la maison de santé de Charenton, à la demande de son demi-frère ; puis prétendument indigente, elle est placée à La Salpêtrière, sous le nom de Chevalier ! Erreur administrative ou malveillance...Voilà cette femme, professeur de piano et concertiste de 40 ans, qui n'a rien d'une « folle », perdue dans le labyrinthe asilaire, au milieu des hystériques et autres « agitées ». Or, Hersilie est une indocile : dès qu'elle proteste, c'est la camisole, et son quotidien se résume aux brimades des infirmières et aux traitements musclés des médecins qui, tout au long de son internement, diagnostiquent une folie lucide. Alors qu'elle n'a de cesse d'alerter les autorités de sa situation, elle n'est libérée qu'en 1868. Elle réclame aussitôt sa réhabilitation et une réforme des asiles, mobilisant la presse qui s'empare de « l'Affaire Rouy » ; elle transforme ce fait divers en une affaire nationale, politisée par les républicains de gauche, en lutte contre ces nouvelles Bastilles. Yannick Ripa suit pas à pas cette femme hors du commun et la fait revivre sous nos yeux ; parus après la mort d'Hersilie, les Mémoires d'une aliénée, dans lesquels la réalité dépasse souvent la fiction, sont un plaidoyer à charge contre l'asile et sa fonction politico-sociale au XIXe siècle.
Conseillère, mère, éducatrice, épouse, travailleuse, soignante, tricoteuse, féministe, pétroleuse, suffragette, pacifiste, résistante... les femmes ont endossé bien des rôles que l'histoire, plutôt attentive à l'événementiel et aux grands hommes, a longtemps passés sous silence ou caricaturés. Ce livre rend aux femmes leur mémoire et aux hommes le passé féminin. Il s'attache à décrire la réalité quotidienne. Tout en retraçant leur présence, leur figuration ou leur absence sur le devant de la scène de la Révolution française à la Seconde Guerre mondiale, il dessine une chronologie qui leur est propre et analyse les rapports de sexe. Il découvre ainsi les femmes, actrices de l'Histoire, et confirme qu'une histoire sans les femmes n'est plus possible.