Xavier Emmanuelli
Xavier Emmanuelli
Comment concilier tradition islamique et exigences modernes ? L’Islam et la modernité dans le droit de la famille au Maghreb explore les tensions et les compromis entre foi et évolution juridique en Algérie, Maroc et Tunisie.
Tout le monde connaît l'extraordinaire efficacité du Samu, mis en place dans les années 70, pour répondre à l'hécatombe due aux accidents de voiture, avec les techniques héritées de la médecine militaire. Sous l'égide de Pierre Huguenard, Xavier Emmanuelli en a été l'un des pionniers, et Suzanne Tartière fait partie de ces « médecins régulateurs » qui doivent prendre en quelques minutes, accrochés à leur téléphone, des mesures d'urgence pour répondre aux appels du « 15 ».Elle témoigne ici d'un quotidien fait de tragédies, de sauvetages à distance, d'émouvantes expériences de courage et de solidarité. Attentats, drames en tous genres et suicides évités de justesse (ou pas) alternent avec des situations de détresse qui relèvent autant du social que du sanitaire.À ces récits drôles ou poignants, mais toujours pleins d'humanité, Xavier Emmanuelli apporte des contrepoints historiques et éthiques. Avec Suzanne Tartière, il pointe les dangers d'une dérive technologique qui éliminerait le « colloque singulier » entre médecin et patient, et qui refuserait de répondre aux problèmes récurrents que posent les personnes âgées isolées, les SDF et les exclus de toutes sortes.Un témoignage captivant, qui nous interpelle tous sur des choix cruciaux de société.
L'évolution scientifique et technologique des deux derniers siècles a généré une société d'exclus n'ayant plus accès à la dignité. Pour Xavier Emmanuelli, l'exclusion engendre tout à la fois une rupture et un chemin d'espérance : l'homme abandonne un vieux monde sans comprendre encore le monde nouveau qui se cherche. Fort de cette réflexion, il nous invite à développer un "humanitaire" qui ne soit pas une solidarité technicienne, mais bien une véritable attention, une compassion. Tant il est vrai que, bien loin de la lutte sociale, les seules forces capables de restructurer l'homme et la société sont la fraternité et l'amour.
Sans détour ni complaisance, le Dr Xavier Emmanuelli nous avertit : nous vivons des temps apocalyptiques. Grâce aux multiples fonctions qu'il a exercées dans les milieux de la santé et de la politique, il est bien placé pour constater que l'exclusion, phénomène ancestral mais qui prend de nos jours des proportions proprement diaboliques, est en train de disloquer silencieusement notre civilisation. L'hôpital moderne refuse d'assumer le social ; la toxicomanie et le sida ravagent toujours la planète sans qu'aucune énergie sérieuse soit investie pour comprendre le sens de ces plaies dignes des récits bibliques ; des millions d'hommes et de femmes font déjà l'expérience de la "géhenne mécanique de l'abandon et de la solitude". Mais l'Apocalypse de Jean à laquelle se réfère Xavier Emmanuelli, c'est aussi, au sens propre, la révélation d'un combat crucial contre les forces des ténèbres. Ce combat, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire d'urgence, qui compte aussi parmi les fondateurs de Médecins sans Frontières et qui fut à l'origine du Samu social à Paris, s'y implique depuis longtemps. Ces mille expériences, ces analyses, ces mises en garde, ponctuées par l'aveu d'une foi chrétienne qui imprègne toute l'action de Xavier Emmanuelli, font de Dernier avis avant la fin du monde un livre engagé et prophétique.
Médecins sans frontières est devenu, en vingt ans, l'un des phares de l'action humanitaire. Ses membres se trouvaient aux côtés des réfugiés du Cambodge et de l'Ethiopie comme dans les montagnes kurdes après la guerre du Golfe, ou dans les ruines d'Arménie après le tremblement de terre. Ils ont inventé une médecine d'urgence à l'échelle de la planète, transposé les techniques des SAMU au niveau des catastrophes mondiales, qu'elles soient naturelles ou politiques. Le succès a inévitablement attiré des prédateurs : chaînes de télévision, hommes politiques, marquis de l'avant-scène et autres faiseurs d'opinion. Xavier Emmanuelli, l'un des fondateurs de Médecins sans frontières dont il est le président d'honneur, s'insurge contre ces déferlements, les mises en scène médiatiques et un pseudo-"droit d'ingérence" qui prétendent couvrir du pavillon de humanitaire des gesticulations politico-militaires. Dans un livre âpre, sans concessions, souvent poignant, Xavier Emmanuelli a le courage d'arracher les masques de la bonne conscience. Un exercice périlleux mais salutaire, mené à bien par un homme qui demeure convaincu que l'action humanitaire relève d'un choix individuel et doit rester subversive.
"Morituri" nous le sommes tous, mortels, condamnés à mort. Et, si la plupart du temps, notre démarche n'est pas aussi spectaculaire que celle du malade de ce récit, c'est que nous n'avons pas tous l'occasion de voir venir la mort comme il la voit lui. Il s'agit ici, sans littérature mais non sans lyrisme et appels à l'imaginaire, de la stricte relation d'une maladie et d'une mort. Un combat. D'un côté, la vie c'est-à-dire l'instinct vital du malade, sa résistance grâce à son adaptation au milieu hospitalier, grâce à ses phantasmes qui explorent l'originel ; c'est-à-dire aussi les moyens de la médecine moderne, le comportement du médecin, du chirurgien, de l'anesthésiste. De l'autre côté, la mort, c'est-à-dire la prostration du malade, sa méfiance, ses songeries et ses cauchemars prémonitoires, sa peur... Écrit par un médecin, ce livre d'où se dégage un sentiment d'angoisse et d'émotions très prenantes, est d'une sobriété et d'une précision technique remarquables.