Paul Lafargue
Paul Lafargue
En ces temps de « valeur travail » érigée en devise capitaliste, il nous semble salvateur de (nous) rappeler une valeur opposée, trop souvent l'objet de mépris et de dénigrement. Il s'agit pourtant d'un besoin vital et d'un droit qu'il est urgent de revendiquer, pour contrer les effets néfastes du productivisme : la paresse. Paul Lafargue est né en 1842. Journaliste, écrivain, économiste, homme politique socialiste, il a milité pour les droits des travailleurs et été l'une des rares voix en France à s'élever contre le colonialisme. Il fréquentait régulièrement Karl Marx dont il épousera la fille, Laura. Il a participé à la Commune de Paris et tenté d'organiser un soutien pour le mouvement parisien en province. En fuite en Espagne après la semaine sanglante, il a fondé à Madrid une section marxiste de la Première Internationale. Le Droit à la paresse - réfutation du « Droit au travail » de 1848 de Louis Blanc - est paru d'abord en 1880 dans le journal L'Égalité de Jules Guesde, puis réédité de la prison Sainte-Pélagie où Lafargue est incarcéré en 1883 pour propagande révolutionnaire.
Et si la vraie révolution était de cesser de travailler ? Dans Le droit à la paresse, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, dénonce avec verve l’aliénation du travail industriel et propose un manifeste audacieux : trois heures de labeur par jour.
« Le déterminisme économique est un nouvel outil, mis par Marx à la disposition des socialistes pour établir un peu d'ordre dans le désordre des faits historiques que les historiens et les philosophes ont été incapables de classer et d'expliquer. » Paul Lafargue
« Tous nos produits sont adultérés pour en faciliter l'écoulement et en abréger l'existence. Notre époque sera appelée l'âge de la falsification, comme les premières époques de l'humanité ont reçu les noms d'âge de pierre, d'âge de bronze, du caractère de leur production. Des ignorants accusent de fraude nos pieux industriels, tandis qu'en réalité la pensée qui les anime est de fournir du travail aux ouvriers, qui ne peuvent se résigner à vivre les bras croisés. Ces falsifications, qui ont pour unique mobile un sentiment humanitaire, mais qui rapportent de superbes profits aux fabricants qui les pratiquent, si elles sont désastreuses pour la qualité des marchandises, si elles sont une source intarissable de gaspillage du travail humain, prouvent la philanthropique ingéniosité des bourgeois et l'horrible perversion des ouvriers qui, pour assouvir leur vice de travail, obligent les industriels à étouffer les cris de leur conscience et à violer même les lois de l'honnêteté commerciale. »
Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, est un oublié de l'histoire du mouvement ouvrier français. On ne connaît de lui que son "Droit à la paresse", de la même manière que l'on connaît Sieyès par son "Qu'est-ce que le Tiers état ?" Pourtant Paul Lafargue a été le fondateur, avec Jules Guesde et l'approbation de Marx, du Parti Ouvrier Français qui a été longtemps le seul parti ouvrier organisé en France. Les oeuvres de Paul Lafargue sont peu connues et peu publiées. Aucun éditeur n'a voulu de son essai sur Victor Hugo. C'est donc dans l'Empire des Hohenzollern qu'il a été publié dans la Neue Zeit. Au pays de la déclaration des droits de l'homme, on ne touche pas aux gloires de la République.
Et si la libération des femmes passait par la remise en cause radicale de leur rôle traditionnel ? Dans ce texte visionnaire écrit en 1904, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx et militant socialiste.
Pourquoi devons-nous travailler ? Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste ». Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.
Pas plus que trois heures par jour ! Voilà tout le temps qui devrait être consacré au travail, pour Paul Lafargue. Dans son brûlot de 1880, "Le Droit à la paresse", il nous rappelle que le temps libre est le bien le plus inégalement réparti : quand les riches se prélassent, les plus pauvres se tuent à l'ouvrage. Dès lors, il nous exhorte à ne plus considérer la paresse comme un vilain défaut mais comme un projet de vie politiquement subversif. À renverser la question du rapport entre l'activité salariée et le temps libre. La paresse n'est toutefois pas synonyme d'inactivité, mais d'activités libérées de l'emprise marchande. Ne pas travailler ne veut pas forcément dire ne rien faire. Paresser, c'est aussi créer, réparer, tisser des liens : vivre dignement.
Travailler plus de trois heures par jour devrait être interdit ! C'est la thèse que développe Paul Lafargue dans ce pamphlet incisif contre la valorisation du travail. Au lieu de profiter du progrès technique pour diminuer le temps de travail, les capitalistes ont fait le choix de la surproduction : et à qui vendre ces effroyables quantités de marchandises ? Ne serait-ce pas là l'un des prétextes du colonialisme ? Face à la misère et à la surexploitation, l'essayiste invite à choisir la paresse : c'est elle qui transformera la société. Défenseur de l'égalité sous toutes ses formes, Paul Lafargue s'est également intéressé à la condition des femmes. Dans La Question de la Femme (1904), il raille habilement ceux qui théorisent une infériorité féminine et met en lumière la difficile situation des travailleuses au XIX siècle.
La Religion du Capital, farce savoureuse de l'auteur du Droit à la paresse publiée pour la première fois en 1887, est le compte-rendu fictif d'un congrès international tenu à Londres, au cours duquel les représentants les plus éminents de la bourgeoisie rédigent les Actes d'une nouvelle religion pour ce Chaos qu'ils ont créé et ont décidé d'appeler «Monde civilisé». «Je crois au Capital qui gouverne la matière et l'esprit ; Je crois au Profit, son fils très légitime, et au Crédit, le Saint-Esprit, qui procède de lui et est adoré conjointement ; Je crois au Grand-Livre de la Dette publique, qui garantit le Capital des risques du commerce, de l'industrie et de l'usure ; Je crois à la Propriété individuelle, fruit du travail des autres, et à sa durée jusqu'à la fin des siècles ; Je crois à l'Éternité du Salariat qui débarrasse le travailleur des soucis de la propriété. Amen.»
La Religion du Capital, farce savoureuse de l'auteur du Droit à la paresse publiée pour la première fois en 1887, est le compte-rendu fictif d'un congrès international tenu à Londres, au cours duquel les représentants les plus éminents de la bourgeoisie rédigent les Actes d'une nouvelle religion pour ce Chaos qu'ils ont créé et ont décidé d'appeler «Monde civilisé». «Je crois au Capital qui gouverne la matière et l'esprit ; Je crois au Profit, son fils très légitime, et au Crédit, le Saint-Esprit, qui procède de lui et est adoré conjointement ; Je crois au Grand-Livre de la Dette publique, qui garantit le Capital des risques du commerce, de l'industrie et de l'usure ; Je crois à la Propriété individuelle, fruit du travail des autres, et à sa durée jusqu'à la fin des siècles ; Je crois à l'Éternité du Salariat qui débarrasse le travailleur des soucis de la propriété. Amen.»
Die kapitalistische Moral, eine jämmerliche Kopie der christlichen Moral, belegt das Fleisch des Arbeiters mit einem feierlichen Bannfluch: ihr Ideal besteht darin, die Bedürfnisse des Produzenten (d. h. des wirklich Produzirenden) auf das geringste Minimum zu reduziren, seine Genüsse und seine Leidenschaften zu ersticken und ihn zur Rolle einer Maschine zu verurtheilen, aus der man ohne Rast und ohne Dank Arbeit nach Belieben herausschindet. Die revolutionären Sozialisten sind somit vor die Aufgabe gestellt, den Kampf, den einst die Philosophen und Satiriker des Bürgerthums gekämpft, wieder aufzunehmen; sie haben wider die Moral und die Soziallehren des Kapitalismus Sturm zu laufen und in den Kpfen der zur Aktion berufenen Klasse die Vorurtheile auszurotten, welche die herrschende Klasse gesäet hat; sie haben allen Moralitätsheuchlern gegenüber zu verkünden, daß die Erde aufhren wird, das Thal der Thränen für die Arbeiter zu sein, daß in der kommunistischen Gesellschaft, die wir errichten werden wenn es geht, friedlich, wenn nicht, mit Gewalt , die menschlichen Leidenschaften freien Spielraum haben werden, da alle, wie bereits Descartes sagte, von Natur aus gut sind, wir nur ihren falschen und übermäßigen Gebrauch zu vermeiden haben.
Décryptez comment le mythe de l’Immaculée Conception a servi, à travers les siècles, à justifier la domination masculine et à effacer le rôle central des femmes dans la société.
Et si le capitalisme était une religion ? Découvrez cette satire mordante de Paul Lafargue, où la bourgeoisie invente un catéchisme absurde pour sacraliser profit, crédit et exploitation. Un texte visionnaire et toujours d’actualité !
Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique. « Pour qu'il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre penseuse ; il faut qu'il retourne à ses instincts naturels, qu'il proclame les Droits de la Paresse, mille et mille fois plus sacrés que les phtisiques Droits de l'Homme concoctés par les avocats métaphysiques de la révolution bourgeoise ; qu'il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit. » Ce manifeste social écrit en 1880 par Paul Lafargue est un texte classique proposant de démythifier le travail et son statut de valeur. L'auteur combattra toute sa vie en faveur de la réduction du temps de travail en jugeant que chacun a le droit d'employer librement son temps plutôt que d'en être l'esclave. Profondément d'actualité, cette oeuvre est à redécouvrir d'urgence pour se rappeler que notre liberté d'employer notre temps est une liberté fondamentale.
Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite les misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Paul Lafargue est un socialiste français né à Santiago de Cuba le 15 janvier 1842 et mort à Draveil le 25 novembre 1911. Il suit des études secondaires à Bordeaux puis des études de médecine à la Faculté
« Le bourgeois a pensé et pense encore que la femme doit rester à la maison et consacrer son activité à surveiller et diriger le ménage, à soigner le mari, à fabriquer et nourrir les enfants. [...] Mais si pendant des siècles, cet idéal a pu paraître raisonnable, parce qu'il correspondait à des conditions économiques florissantes, il n'est plus qu'une survivance idéologique, depuis que celles-ci ont cessé d'exister. » Paul Lafargue
« Le Capital ne connaît ni patrie, ni frontière, ni couleur, ni races, ni âges, ni sexes ; il est le Dieu international, le Dieu universel [...] Effaçons les religions du passé ; oublions nos haines nationales et nos querelles religieuses, unissons-nous de coeur et d'esprit pour formuler les dogmes de la foi nouvelle, de la Religion du Capital. » Paul Lafargue
« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie trame à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. » Paul Lafargue
Paul Lafargue, gendre de Karl Marx publie ce brulôt en 1880 qui remet en cause la sacro sainte vérité de la normalité du travail. Aujourd'hui encore, son essai - qui ouvre notre nouvelle collection de titres politiques - dans cette période économiquement difficile, apporte une vision moderne et résolument anticonformiste aux dogmes absolus du productivisme.
Nous sommes à un Congrès fictif du patronat. Les chefs de file de la bourgeoisie mondiale et leurs alliés cléricaux se sont réunis pour trouver une parade face à une menace : le mouvement ouvrier qui, bien que naissant, pourrait faire vaciller leur trône. Très vite s'impose la nécessité de doter le monde civilisé - pudique dénomination du capitalisme mondial - d'une nouvelle religion capable de rétablir l'ordre. Ce sera celle du Capital. Ce petit texte se lit comme une parodie de la financiarisation du monde et des licenciements de crise. Nous l'avons enrichi des Souvenirs personnels sur Karl Marx, du même Paul Lafargue.
Et si le capitalisme était devenu la nouvelle religion de l’humanité ? Dans ce pamphlet cinglant, Paul Lafargue imagine un congrès où les puissants inventent une foi nouvelle, avec ses dogmes, ses prières et ses saints : Capital.
Et si la paresse était une vertu cachée ? Le Droit à la Paresse - Éloge de la Paresse rassemble deux textes percutants de Paul Lafargue et Eugène Marsan, qui remettent en cause le dogme du travail comme valeur absolue.
Alors que la France est en deuil national, en mars 1885, et pleure la disparition de Victor Hugo, Paris est agité de l'une des plus bruyantes et des plus immenses cérémonies de la fin du siècle. Un seul fait entendre une voix discordante dans le concert de pleurs et des regrets louangeux que la presse entonne: Paul Lafargue, cet écrivain inclassable à qui l'on doit Le Droit à la paresse, s'attaque ainsi à la légende nationale que lui fabrique toute la presse. Alors que nous nous apprêtons à célébrer de nouveau le « géant politique », il est encore temps de ne pas succomber à l'hugolâtrie, très répandue.