Nathalie Herschdorfer
Nathalie Herschdorfer
À l'approche de la cinquantaine, Julie Vingert a tout d'une femme que la vie a installée dans ses certitudes. Un emploi stable dans une entreprise d'événementiel, une vie familiale bien réglée, des habitudes rassurantes... Rien ne semble devoir bouleverser cet équilibre. Et pourtant... Du jour au lendemain, Julie décide de franchir une ligne qu'elle n'aurait jamais imaginé dépasser. Sans véritablement mesurer ce qui l'attend, elle se lance dans une expérience qui va l'entraîner bien plus loin qu'elle ne l'avait prévu. Au fil d'un parcours qui sera source de satisfactions et de rencontres, une nouvelle Julie apparaît. Une femme qui goûte enfin à une liberté dont elle ignorait avoir envie, une nouvelle version d'elle-même, sinon la meilleure. Mais certains choix ne s'effacent pas.
Audacieuse, libre et visionnaire, la Suissesse Monique Jacot (1934-2024) a marqué l'histoire de la photographie mondiale. A travers ses clichés empreints d'humanité, cette Neuchâteloise d'origine, installée par la suite dans le canton de Vaud, a immortalisé des instants de vérité, révélant la puissance des luttes féminines, l'intensité des relations humaines et la beauté des récits de vie qu'elle photographiait. Pionnière dans un univers dominé par les hommes, elle a transcendé les conventions et vécu au gré de ses projets. «Ma carrière a été faite d'envies, non d'arrangements. Je n'ai d'ailleurs jamais eu d'agence. Je n'ai pas avancé selon des schémas», confiait cette femme d'exception à Nathalie Herschdorfer, directrice de Photo Elysée à Lausanne, dans un rare et passionnant entretien que nous publions. Décédée peu avant son 90e anniversaire le 6 août 2024, Monique Jacot laisse derrière elle une oeuvre profonde et singulière, comme le souligne Peter Pfrunder, ancien directeur de la Fondation suisse pour la photographie, à laquelle Monique Jacot a légué une partie de ses archives. Car cette humaniste ne se contentait pas de photographier le monde: elle en capturait l'essence, nous invitant à voir au-delà des apparences. Outre une sélection exceptionnelle d'une centaine de photographies de Monique Jacot ainsi qu'un de ses textes inédits, notre hommage réunit des témoignages touchants et personnels de l'ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss, de l'écrivain Christophe Gallaz ainsi que de Stéphane Lévy et Jean-Benoit Lévy, ses enfants. À PROPOS DES AUTEURS? Monique Jacot (née le 19 août 1934 à Neuchâtel et morte le 6 août 2024 (à 89 ans)) est une photographe et reporter-photographe indépendante suisse, connue notamment pour son travail sur la condition féminine en Suisse. Peter Pfrunder, né à Singapour en 1959, a grandi en Suisse. 1995 à 1998 Co-directeur du Forum de l'histoire suisse / Musée national suisse, Schwyz. De 1998 à 2024 directeur et conservateur de la Fondation Suisse Photo à Winterthour. Nathalie Herschdorfer est commissaire d'exposition et historienne de l'art et de la photographie. Elle a été nommée à la direction de Photo Elysée, musée cantonal pour la photographie (Lausanne, Suisse), en 2022. Ruth Dreifuss, née le 9 janvier 1940 à Saint-Gall (originaire d'Endingen), est une femme politique suisse, membre du Parti socialiste suisse et ancienne conseillère fédérale. Christophe Gallaz, né à Valeyres-sous-Rances le 31 octobre 1948, est un écrivain et journaliste suisse.
Quand ils écrivent la Vie d'un saint, les hagiographes racontent des événements passés, les situent dans un contexte nécessaire à leur récit, tout en les inscrivant dans un plan de Salut. L'hagiographie est donc un exercice d'écriture de l'histoire, mais d'une autre histoire que celle des chroniqueurs. Les hagiographes de l'Antiquité tardive voulaient qu'on les distinguât des historiens profanes ; mais quand leurs successeurs du premier Moyen Âge discutent de la chronologie et confrontent leurs sources, ils définissent des techniques savantes et une éthique adaptées à la connaissance du passé, qui ne sont pas très éloignées des pratiques attendues des historiens. Leurs Vies apportent ainsi un jour nouveau sur ce que le Moyen Âge appelait l'histoire. Elles dévoilent aussi la culture historique et les représentations du passé que l'Occident latin a façonnées à force de se raconter des histoires de saints.