Michel Cornaton
Michel Cornaton
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
En préconisant une "sociologie du combat" Bourdieu a donné de lui et de la sociologie en général une image partisane et dominatrice, à laquelle l'auteur oppose une sociologie partagée, apaisée, de la main ouverte. Cet ouvrage présente une véritable analyse psycho-sociale comparée qui démonte, in vivo, la mécanique bourdieusienne de la prédestinée. L'auteur veut nous faire entendre aussi le combat intérieur douloureux de Pierre Bourdieu pour conjurer la schize qui, sa vie durant, l'a coupé en deux.
Ce livre a pour origine une conférence de Nelly Forget consacrée à la création, par Germaine Tillion, du Service des centres sociaux en Algérie, pendant la guerre d'indépendance. Michel Cornaton a proposé d'inscrire le sujet dans le contexte plus large de l'engagement des autres ethnologues français confrontés à la guerre d'Algérie (Lacoste-Dujardin, Servier, Bourdieu, Berque, Favret-Saada). Enfin, la décapitation d'Hervé Gourdel en septembre 2014 a conduit François Marquis à faire le rapprochement avec une tuerie commise en 1956 par l'armée française dans la région de Collo.
Plus qu'une interrogation sur le travail l'ouvrage propose des analyses et des réponses nouvelles aux problèmes majeurs du travail et de l'emploi. Outre un renouvellement des représentations que nous avons du travail et de sa valeur, 30 ans après les lois Auroux, victimes de rapports de force contradictoires, il nous faut revoir nos idées sur l'entreprise, afin que celle-ci devienne enfin espace de création sociale et de solidarité politique.
"Je le rencontrai, je sus que nous aurions à faire un chemin ensemble", écrit René Char dans La Postérité au soleil, après son premier rendez-vous avec Albert Camus. En lui laissant le plus possible la parole, Michel Cornaton nous propose de parcourir avec Camus ce chemin qui fait de lui un écrivain majeur de l'exil. Loin de l'Algérie et de son ciel, écrivait-il, "je me sens toujours un peu seul". Après avoir franchi les douze cercles de l'exil camusien, l'auteur nous emmène du côté de la philosophie concrète de Cornelius Castoriadis et de la poésie politique de Pablu Neruda.