François Marquis
François Marquis
Ce livre a pour origine une conférence de Nelly Forget consacrée à la création, par Germaine Tillion, du Service des centres sociaux en Algérie, pendant la guerre d'indépendance. Michel Cornaton a proposé d'inscrire le sujet dans le contexte plus large de l'engagement des autres ethnologues français confrontés à la guerre d'Algérie (Lacoste-Dujardin, Servier, Bourdieu, Berque, Favret-Saada). Enfin, la décapitation d'Hervé Gourdel en septembre 2014 a conduit François Marquis à faire le rapprochement avec une tuerie commise en 1956 par l'armée française dans la région de Collo.
François Marquis a vécu la pandémie de la COVID-19 différemment de la plupart d'entre nous. À l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, il était au coeur de la tempête. Ses carnets écrits au « je » nous plongent dans le quotidien d'une unité de soins intensifs, avec ses victoires, ses défaites. Ce récit d'une grande humilité, à la fois franc et nuancé, nous permet de mieux mesurer l'envergure des enjeux de société soulevés par l'épreuve que nous traversons collectivement depuis mars 2020. Il nous pousse à réfléchir à la place de la solidarité en temps de crise, ainsi qu'aux conséquences des choix que nous faisons en tant que citoyens. La peur est une chose sournoise. Elle s'immisce en nous au moment où on s'y attend le moins... En voyant [de jeunes travailleurs de la santé hospitalisés], j'ai eu peur pour ma peau. Une angoisse profonde et irrationnelle. J'ai rarement ressenti une telle chose. Je me suis imaginé intubé dans mes propres soins intensifs. Ce n'était pas un beau tableau.