Hervé Le Bras
Hervé Le Bras
L'introduction éventuelle de statistiques ethniques en France donne lieu à d'âpres débats. Leurs partisans pensent qu'elles renforceront l'unité nationale en facilitant la lutte contre les discriminations. Leurs adversaires craignent qu'elles n'accroissent les divisions en favorisant le repli communautaire. Pour que la discussion progresse, les auteurs de l'ouvrage ont organisé des rencontres entre partisans et adversaires des statistiques ethniques dans trois grands pays aux pratiques très différentes : les États-Unis avec leurs comptages ethno-raciaux, la Russie avec ses dizaines de nationalités et le Brésil qui classe la population selon la couleur de la peau. L'ouvrage souligne la diversité des solutions retenues, de leurs fondements historiques et des problèmes qu'elles soulèvent. Il ouvre paradoxalement la voie à une pacification du débat français.
Pendant des décennies, l'humanité a redouté l'explosion démographique. Aujourd'hui, c'est l'inverse qui se dessine. De la Chine à la Corée du Sud, du Chili à l'Europe, la fécondité s'effondre à des niveaux historiquement inédits, y compris dans les pays qui avaient longtemps résisté à cette tendance. Pourquoi les naissances diminuent-elles partout, malgré les politiques de soutien à la natalité?? Et si ce phénomène relevait moins de l'économie que d'une profonde transformation de nos modes de vie, de nos valeurs et de notre rapport à l'avenir?? À travers une enquête mondiale nourrie de données et d'exemples concrets, Hervé Le?Bras explore les conséquences économiques, sociales et politiques du grand basculement démographique en cours. Jusqu'à poser une question vertigineuse?: l'humanité est-elle entrée dans l'ère de la dénatalité??Hervé Le?Brasest historien et démographe. Il a notamment publié, chez le même éditeur, Se sentir mal dans une France qui va bien (prix spécial du livre d'économie 2020). Hervé Le Bras historien, démographe, polytechnicien, est sans doute aujourd'hui le démographe français le plus connu, présent dans l'édition et les médias.
Bonne année à tous ! Pour moi, elle débute avec un petit moment de gêne. En ce jour de Nouvel An, Nagi est venu visiter le sanctuaire avec les filles. C'est la première fois qu'on se recroise depuis notre rupture... #malaise Sachi a tout intérêt à faire un voeu : elle n'a plus que quelques semaines pour préparer l'examen d'entrée au lycée. Entre deux séances de révisions, elle se ménage des pauses avec Erika, autour d'un bol de ramens ou pour une séance de sauna. #objectiflycée Nagi veille au grain ! Il est déterminé à aider sa petite soeur à atteindre son objectif même si cela signifie qu'en cas de réussite il devra répondre à sa question... #confusion
Toute société élabore des critères ethnocentriques pour justifier sa supériorité, voire sa perfection, comparée aux autres sociétés qu'elle dévalorise. Les esquimaux appelaient « poux de la terre » les autres peuples, les Grecs et les Romains les désignaient du terme de "barbares". Au dix-huitième siècle, les sociétés européennes ont été profondément transformées par les conséquences de la révolution scientifique, tant concrètement qu'idéologiquement. Elles n'ont plus été en mesure de faire appel aux moeurs ou à la religion pour revendiquer leur supériorité. Elles se sont tournées vers la science. Naturalistes, médecins, philosophes ont alors rivalisé de classifications raciales destinées à porter au pinacle une race qualifiée de « blanche », la leur, en raison d'une prétendue supériorité biologique (ou naturelle dans le langage de l'époque). On sait maintenant que l'entreprise était vouée à l'échec car contraire aux règles mêmes de la recherche scientifique. Pour autant cette idée continue de hanter le débat public et la société Française. Depuis les années 80, l'extrême-droite fait d'un prétendu racisme envers les Blancs la pierre angulaire de sa croisade pour la préférence nationale. En 2023, Marion-Maréchal Le Pen parlait encore du « tabou médiatique, judiciaire et politique... à l'égard du racisme anti-blanc ». Tout se passe comme si les théories raciales qu'on pensaient enterrées à jamais avec les horreurs de la Seconde Guerre mondiale trouvaient un nouveau souffle. L'enjeu de cet essai est de comprendre pourquoi et comment le terme de « Blanc » s'est-il imposé ? De retracer l'histoire de ce signifiant, depuis son invention au XVIIIème siècle jusqu'à sa résurgence actuelle, où l'influence des mouvements radicaux noirs venus des États-Unis, d'une part, et le piège de la statistique ethnique ont cristallisé les tensions et les débats.
Les inégalités sont nombreuses et cet atlas dresse un état des inégalités en France, à toutes les échelles : entre régions, entre zones urbaines et zones rurales, dans les villes elles-mêmes. o Densité démographique, mortalité, fécondité : le portrait de la population française. o Les territoires de l'inégalité : chômage, éducation, revenus. o Les facteurs déterminants de l'exclusion et les solidarités qui se mettent en place. o La géographie du vote : l'expression politique d'un désarroi et les enjeux des élections de 2022. Les plus de 120 cartes, entièrement mises à jour, soulignent les différences de patrimoine, d'éducation, de réseau de relations, de sexe ou de mentalité qui révèlent l'inégalité des chances et des revenus. En replaçant la situation actuelle dans son contexte historique, cet atlas est essentiel pour comprendre la France contemporaine.
Les inégalités sont nombreuses et cet atlas dresse un état des inégalités en France, à toutes les échelles : entre régions, entre zones urbaines et zones rurales, dans les villes elles-mêmes. o Densité démographique, mortalité, fécondité : le portrait de la population française. o Les territoires de l'inégalité : chômage, éducation, revenus. o Les facteurs déterminants de l'exclusion et les solidarités qui se mettent en place. o La géographie du vote : l'expression politique d'un désarroi et les enjeux des élections de 2022. Les plus de 120 cartes, entièrement mises à jour, soulignent les différences de patrimoine, d'éducation, de réseau de relations, de sexe ou de mentalité qui révèlent l'inégalité des chances et des revenus. En replaçant la situation actuelle dans son contexte historique, cet atlas est essentiel pour comprendre la France contemporaine.
"Depuis plus d'un siècle, l'extrême-droite agite la peur de l'invasion : celle des Italiens et des Allemands avant 1914, des Polonais et des Yougoslaves avant 1939, des Maghrébins puis de tous les Africains, récemment. Cette panique a pris depuis peu la forme d'une « théorie » du « grand remplacement ». On verra ici que de « théorie », il n'y en a guère, ni de « grand remplacement » d'ailleurs. Mais une fable efficace, fausse, imagée, travaillant la peur, et dont il faut comprendre la cause. A l'approche de l'élection présidentielle, ce fatras idéologique sert de justification à d'inquiétantes menaces politiques : remigration, dénaturalisation, musellement des médias, interdiction de prénoms non catholiques, suppression des corps intermédiaires accusés d'encourager ce prétendu « remplacement ». On montrera ici, point par point, thème par thème, que tout cela constitue un dangereux mensonge, qui masque et déforme les problèmes parfois graves posés par l'immigration au détriment de réponses sérieuses. Faits et données à l'appui, on verra ainsi que l'immigration et l'étranger occupent en France une place plus modeste que dans la plupart des pays occidentaux."H.L.BDans cet essai insicif, l'auteur analyse, raconte, compare. Restez libre, ne vous laissez pas manipuler par les semeurs de haine, lisez ces pages..
"Tout a commencé dans un bureau de l'Élysée, où un conseiller d'Emmanuel Macron m'avait demandé de passer pour une explication. D'entrée de jeu, il me reprocha d'avoir écrit dans le journal Le Monde que le gouvernement manifestait un certain mépris pour les données et plus largement pour la science dans la conduite de la réforme des retraites. À court d'arguments car ma remarque était assez évidente, il en vint au fait : trente milliards de déficit actuellement, n'est-ce pas une donnée dont votre science ne parle jamais ? Ces trente milliards de déficit sont bel et bien réels. Le conseiller venait de me fournir la clé pour comprendre le déroulement étrange des opérations depuis la proposition de loi sur le système à points en 2020 jusqu'à l'usage brutal de l'article 49-3 lors de la réforme de 2023. La séquence chaotique des trois dernières années prenait soudain sens. Les pages qui suivent montrent la cohérence des événements qui se sont précipités dans un mélange de machiavélisme amateur, d'incompétence arrogante, de calcul et de faiblesse." Dans ce livre bref et lumineux, Hervé Le Bras dresse le constat sans complaisance des errements qui ont conduit à une réforme inefficace et injuste.
"Tout a commencé dans un bureau de l'Élysée, où un conseiller d'Emmanuel Macron m'avait demandé de passer pour une explication. D'entrée de jeu, il me reprocha d'avoir écrit dans le journal Le Monde que le gouvernement manifestait un certain mépris pour les données et plus largement pour la science dans la conduite de la réforme des retraites. À court d'arguments car ma remarque était assez évidente, il en vint au fait : trente milliards de déficit actuellement, n'est-ce pas une donnée dont votre science ne parle jamais ? Ces trente milliards de déficit sont bel et bien réels. Le conseiller venait de me fournir la clé pour comprendre le déroulement étrange des opérations depuis la proposition de loi sur le système à points en 2020 jusqu'à l'usage brutal de l'article 49-3 lors de la réforme de 2023. La séquence chaotique des trois dernières années prenait soudain sens. Les pages qui suivent montrent la cohérence des événements qui se sont précipités dans un mélange de machiavélisme amateur, d'incompétence arrogante, de calcul et de faiblesse." Dans ce livre bref et lumineux, Hervé Le Bras dresse le constat sans complaisance des errements qui ont conduit à une réforme inefficace et injuste.
Même si les partis populistes d'extrême droite ont connu un développement différent dans les pays étudiés dans cet ouvrage (Autriche, Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie, Suisse), ils ont en commun de nombreux caractères. Parmi ceux-ci, l'un des plus inquiétants touche à l'évolution de leur ligne idéologique. La notion de grand remplacement prolongeant celle du rejet de l'immigration en est un indice, mais plus généralement, après s'être dégagés des groupuscules nostalgiques du nazisme, du franquisme ou du fascisme et avoir tenté de présenter une façade respectable, force est de constater que les partis populistes de ces pays évoluent vers une vision identitaire. Un livre admirablement construit et documenté. Hervé Le Bras est démographe et historien, auteur de plusieurs ouvrages dont récemment, chez le même éditeur, Se sentir bien dans une France qui va mal et Serons-nous submergés ?
Hervé Le Bras nous propose dans cet ouvrage une analyse des inégalités en France et en comparaison avec les autres pays européens, sur une vaste gamme de critères et de services. Son constat est sans appel : notre pays est dans une bonne situation par comparaison avec nos voisins, et les inégalités ont très peu augmenté. Dans le contexte actuel, le propos du démographe dénote... C'est pourquoi il est d'autant plus nécessaire de le lire ! Hervé Le Bras est démographe, chercheur émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED), et auteur de plusieurs ouvrages dont, chez le même éditeur, L'invention de l'immigré et Crise des liens, crise des lieux.
Cet ouvrage tente de mieux saisir ce que signifie l'identité de la France, en reprenant les critères qu'Ernest Renan avait passés en revue : race, moeurs, religion, langue. Mais il explique surtout que c'est un dernier critère, celui de la culture, qui ouvre l'identité sur le monde.
Le démographe Hervé Le Bras analyse brillamment le contexte migratoire que connaît actuellement notre pays. À la question, abondamment commentée, de l'immigration, l'auteur intègre celle de l'émigration, de Français d'une part et d'étrangers d'autre part. Il propose également une réflexion sur le lien entre immigration et croissance économique, sur le vieillissement des populations européennes, ainsi qu'une proposition prospective quant à l'avenir des migrations. Enfin, il répond aux tenants de la théorie du "grand remplacement"... Hervé Le Bras est démographe et historien, auteur de plusieurs ouvrages dont récemment, chez le même éditeur, Se sentir bien dans une France qui va mal.
Pour saisir l'évolution politique de la France, les résultats locaux des élections sont essentiels. Leur extrême variabilité géographique semble un défi à leur compréhension. Grâce à des cartes précises qui resituent l'électeur dans son proche milieu plutôt que seulement dans une classe sociale, cet ouvrage ambitieux montre que les variations locales de l'opinion obéissent souvent à une logique historique de longue durée qui se déroule généralement en trois stades : apparition d'une nouvelle opinion à cause d'un évènement singulier, propagation sur un terrain préexistant, limitation par les territoires des opinions rivales. Au fil des pages, Bonnets rouges, Gilets jaunes, partisans de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT), mais aussi du Rassemblement national, du Parti communiste, de la droite et de la gauche se mettent en place dans l'espace français. Alors s'éclaire l'épuisement actuel de l'opposition de la droite et de la gauche, comme les tentatives de remplacer cette opposition, qui puisent dans un passé plus ancien, structuré par des régularités géographiques. Ce qui est souvent présenté comme une histoire progressive est ainsi doublé par une histoire à l'envers, par la réapparition de clivages passés souvent très anciens Hervé Le Bras est historien et démographe, directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié Marianne et les lapins : l'obsession démographique (Hachette, 1992) et Naissance de la mortalité (Gallimard/Seuil, 2000). Avec Emmanuel Todd, il est l'auteur du best-seller Le Mystère français (Seuil, 2013). En 2016, il a également publié Le Nouvel Ordre électoral aux Éditions du Seuil.
Au coeur de nombre de déclarations et de débats, la question des migrations s'inscrit en tant que telle au rang des enjeux sociétaux majeurs. Au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires telles que celle observée aujourd'hui ne sont pas le propre de notre époque. Dans cet ouvrage collectif coédité par l'INRAP, l'évolution des mouvements de population et de leurs logiques se lit au fil des sources archéologiques, historiques, géographiques et démographiques les plus récentes.
Selon l'Ined, la population de la Terre a franchi le seuil des sept milliards d'habitants. Que signifie un tel chiffre ? Peut-on prévoir l'évolution démographique à long terme ? Comment expliquer que, malgré la stabilisation de la population et l'augmentation de la production agricole, on assiste à une forte hausse du prix des denrées et à une aggravation de la faim dans le monde ? à partir de quelles valeurs peut-on calculer la population maximale pouvant durablement vivre sur la planète ?
Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l'image qu'on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L'homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n'a jamais été aussi répandu qu'aujourd'hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. À rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l'«invasion» des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire.
Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l'image qu'on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L'homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n'a jamais été aussi répandu qu'aujourd'hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. À rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l'«invasion» des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire.
Le tripartisme bouscule le jeu politique français, la gauche et la droite étant désormais talonnées par un Front national à 28 %. On prédisait un effondrement de la gauche, mais – première surprise –, elle a fait jeu égal avec la droite au premier tour des départementales de 2015, puis l'a doublée aux régionales. Deuxième surprise : au second tour, le tripartisme provoque des duels d'une nature inédite. Grâce à une méthode statistique et cartographique nouvelle, Hervé Le Bras passe au crible les résultats électoraux des communes, des cantons et des régions. La formation de " fronts républicains " peut-elle perdurer dans ce nouveau contexte ? Quel est l'impact de la division de la gauche sur cette recomposition ? Quelle est la porosité entre la droite et l'extrême droite ? Répondre à toutes ces questions, c'est comprendre les bouleversements politiques français depuis vingt ans. C'est aussi définir les termes de la prochaine présidentielle et des législatives qui l'accompagneront. Hervé Le Bras est historien et démographe, directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié Marianne et les lapins : l'obsession démographique (Hachette, 1992) et Naissance de la mortalité (Gallimard, Seuil, 2000). Avec Emmanuel Todd, il est l'auteur du best-seller Le Mystère français (Seuil, 2013).
« C'est à une recherche de l'origine de nos idées présentes sur l'étranger que ce petit livre invite. Connaître ce qui nous attache à la nation, c'est se connaître, et donc mieux garder son sang-froid lorsque le monde change. » (H. L. B.) Comment naît la crainte récurrente de l'immigration perçue comme une invasion ? Comment intègre-t-on, ou plus exactement, comment assimile-t-on, des étrangers ? Et quels étrangers ? Pourquoi l'attitude vis-à-vis du sol et du sang, par conséquent la conception d'appartenance nationale, a-t-elle été modifiée ? Hervé Le Bras est démographe et l'un des plus grands spécialistes français en histoire sociale. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont, récemment, Le mystère français, avec Emmanuel Todd (Le Seuil, 2013).
Cet ouvrage examine la place, le rôle et les fonctions qu'occupent aujourd'hui les agriculteurs et l'agriculture dans les territoires ruraux français. Il fait le point sur les mutations qu'ont subies ces territoires au cours des dernières décennies, tant d'un point de vue démographique qu'économique. En s'appuyant sur un ensemble de données statistiques récentes, les auteurs proposent une analyse renouvelée des dynamiques rurales contemporaines.
Les enquêtes par sondage livrent une image morcelée des Français. Elles analysent les caractéristiques individuelles une par une : catégorie sociale, âge, sexe, niveau d'éducation, activité, origine, lieu de résidence... Mais une personne n'est pas successivement un ouvrier, un homme, un jeune, un titulaire du bac, un actif et un habitant de la capitale né en Bretagne. Elle est tout cela à la fois, et bien plus encore. Pour saisir le comportement de nos concitoyens, cet ouvrage recolle ces divers morceaux de leur personne et les réinsère dans leur environnement - couple, foyer, parentèle, lieu de résidence... - qui les définit autant sinon plus que leurs particularités individuelles. Cela est rendu possible par les big data du recensement national, qui décrivent la composition exacte de plus de dix millions de ménages.Cette enquête exceptionnelle, illustrée par une cartographie riche et inédite, révolutionne notre conception des comportements sociaux et économiques des Français.
Qui vote Front national et pourquoi ? Les protestataires, les racistes, les exclus, les antisémites ? Ce serait trop simple. Au-delà des discours même de l'extrême droite, au-delà des sondages toujours sujets à caution, observons la géographie des votes. Les cartes révèlent à une échelle très fine et précise le trouble ressenti par de nombreux Français : disparition des relations de voisinage, expulsion des métropoles, blocage de l'ascension sociale. Le Front national paraît dès lors l'unique moyen de changer la donne. Pari désespéré, pari perdant en probabilité, mais pari logique... et contagieux.
Qui vote Front national et pourquoi ? Les protestataires, les racistes, les exclus, les antisémites ? Ce serait trop simple. Au-delà des discours même de l'extrême droite, au-delà des sondages toujours sujets à caution, observons la géographie des votes. Les cartes révèlent à une échelle très fine et précise le trouble ressenti par de nombreux Français : disparition des relations de voisinage, expulsion des métropoles, blocage de l'ascension sociale. Le Front national paraît dès lors l'unique moyen de changer la donne. Pari désespéré, pari perdant en probabilité, mais pari logique... et contagieux.
Une conviction cheville cet atlas : la nation française n'est pas un peuple mais cent, et ils ont décidé de vivre ensemble. Du nord au sud, de l'est à l'ouest de l'Hexagone les moeurs varient aujourd'hui comme en 1850. Chacun des pays de France a sa façon de naître, de vivre et de mourir. L'invention de la France cartographie cette diversité en révélant le sens caché de l'histoire nationale : hétérogène, la France avait besoin pour exister de l'idée d'homme universel, qui nie les enracinements et les cloisonnements ethniques. Produit d'une cohabitation réussie, la Déclaration des droits de l'homme jaillit d'une conscience aiguë mais refoulée de la différence. La culture est mouvement, progrès, diffusion, homogénéisation bien sûr, mais de nouvelles différences apparaissent sans cesse - aujourd'hui maghrébines, africaines ou chinoises. Il ne saurait donc y avoir de retour à une homogénéité perdue, parce que cette homogénéité n'a jamais existé. Les défenseurs autoproclamés de l'identité nationale ne comprennent pas l'histoire de leur propre pays. Ils sont aveugles à la subtilité et à la vérité du génie national. L'effondrement du catholicisme puis celui du communisme ont engendré un vide religieux et idéologique qui a fini par couvrir tout l'Hexagone. Cette nouvelle homogénéité par le vide explique l'apparition, parmi bien d'autres choses, dans un pays où les Français classés comme musulmans ne pratiquent pas plus leur religion que ceux d'origine catholique, protestante ou juive, d'une islamophobie laïco-chrétienne, qui prétend que la seule bonne façon de ne pas croire en Dieu est d'origine catholique. L'abysse métaphysique de notre actuel moment politique trouve ici sa source.
Une conviction cheville cet atlas : la nation française n'est pas un peuple mais cent, et ils ont décidé de vivre ensemble. Du nord au sud, de l'est à l'ouest de l'Hexagone les moeurs varient aujourd'hui comme en 1850. Chacun des pays de France a sa façon de naître, de vivre et de mourir. L'invention de la France cartographie cette diversité en révélant le sens caché de l'histoire nationale : hétérogène, la France avait besoin pour exister de l'idée d'homme universel, qui nie les enracinements et les cloisonnements ethniques. Produit d'une cohabitation réussie, la Déclaration des droits de l'homme jaillit d'une conscience aiguë mais refoulée de la différence. La culture est mouvement, progrès, diffusion, homogénéisation bien sûr, mais de nouvelles différences apparaissent sans cesse - aujourd'hui maghrébines, africaines ou chinoises. Il ne saurait donc y avoir de retour à une homogénéité perdue, parce que cette homogénéité n'a jamais existé. Les défenseurs autoproclamés de l'identité nationale ne comprennent pas l'histoire de leur propre pays. Ils sont aveugles à la subtilité et à la vérité du génie national. L'effondrement du catholicisme puis celui du communisme ont engendré un vide religieux et idéologique qui a fini par couvrir tout l'Hexagone. Cette nouvelle homogénéité par le vide explique l'apparition, parmi bien d'autres choses, dans un pays où les Français classés comme musulmans ne pratiquent pas plus leur religion que ceux d'origine catholique, protestante ou juive, d'une islamophobie laïco-chrétienne, qui prétend que la seule bonne façon de ne pas croire en Dieu est d'origine catholique. L'abysse métaphysique de notre actuel moment politique trouve ici sa source.