Frédéric Spinhirny
Frédéric Spinhirny
Et si notre société valorisait bien plus qu’on ne le pense ceux qui correspondent aux canons de la beauté ?
Depuis novembre 2022, la Terre compte 8 milliards d'êtres humains. Et forcément, au moment où les Nations unies ont publié ce chiffre, le débat traditionnel a ressurgi pour faire le lien entre démographie et ressources naturelles. Frédéric Spinhirny et Nathanaël Wallenhorst y prennent part au travers de ce manifeste joyeux, destiné en particulier aux jeunes. À contre-courant du récit pessimiste ambiant, mais loin de tout discours nataliste, ils remettent en cause l'assertion selon laquelle notre salut dépendrait d'une réduction drastique du nombre des naissances. Ne quittons pas le combat en nous retirant du monde, disent-ils, car ce n'est qu'en relation avec ceux qui feront celui de demain que nous pourrons refonder nos relations au vivant.
Naître et donner naissance ne vont plus de soi. Nombreux sont ceux et celles qui remettent en question leur désir de reproduction. Sans compter le désir parfois contrarié d'enfant (infertilité, âge trop avancé, etc.). Autrefois considéré comme miraculeux et spontané, cet acte est de plus en plus soumis à une logique de contrôle. D'un côté, il est de plus en plus déterminé, mécanisé et médicalisé : PMA, clonage, manipulations génétiques. De l'autre, la fatalité climatique assombrit tout projet tourné vers l'avenir. Sommes-nous déjà trop nombreux ? Peut-on vraiment donner naissance à un être dans un monde en ruine ? Impensé par la philosophie, il est urgent d'interroger et de dessiner les contours de l'acte qu'est naître et s'engager au monde afin de répondre aux défis de l'anthropocène. Pour que la naissance contribue à sauvegarder la permanence d'un monde habitable.
Notre caractère est la matière avec laquelle nous répondons au monde. Notre système de défense pour résister à certaines situations. Certains sont dominants ou plus manifestes selon les situations. Comme les espèces, certains sont menacés. Petit à petit, des traits de caractères disparaissent quand d'autres sont préservés parce que plus adaptés aux nécessités du temps. Quels sont-ils aujourd'hui ? Assistons-nous à l'avènement de l'« homme sans caractère » ? Face au péril de l'Anthropocène, quels types de personnalité sont porteurs d'espoir ?